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Finance

Le pétrole plonge sous les 40 dollars



Publié le 8 sept. 2020 à 18:28

Après de longues semaines de calme plat , le marché pétrolier s’agite de nouveau. Ce mardi les deux principaux indices du brut ont brutalement décroché sur fond de demande morose et d’aversion au risque sur les marchés financiers . Le WTI, référence américaine, a perdu jusqu’à 9,15 % à 36,6 dollars le baril. Le brent, référence européenne, a lâché jusqu’à 6,43 % en séance, passant sous la barre des 40 dollars, son plus bas niveau depuis trois mois.

Les cours avaient rebondi après la crise sanitaire en raison de la solide demande chinoise, du retour des voitures américaines sur les routes et des mesures de baisse de la production par l’Opep. Les achats de Pékin, premier importateur de brut au monde, ralentissent toutefois depuis juillet ; la « driving season » américaine s’achève sur une note décevante ; et l’Opep et ses partenaires s’apprêtent à revoir à la hausse leur production dans un contexte où les stocks sont abondants.

L’Arabie saoudite casse les prix

« Les mouvements du pétrole de ce jour sont un signe clair que le marché s’inquiète sérieusement de l’avenir de la demande », explique Paola Rodriguez-Masiu, analyste chez Rystad. « La question clé sur le pétrole demeure la demande », insiste Warren Patterson chez ING qui cite notamment la baisse des importations chinoises de brut. Elles sont passées de 12,13 millions de barils par jour (mb/j) en juillet à 11,23 en août.

La demande est si faible que l’Arabie saoudite a dû abaisser le prix de vente officiel. « Cela suggère que le marché ne se rééquilibre pas aussi vite que prévu », commente l’expert de la banque néerlandaise. La situation n’est pas près de s’améliorer puisque du côté de l’offre, l’Opep et ses partenaires s’apprêtent à normaliser leur production . L’organisation avait réduit les volumes de production au pire de l’effondrement de la demande pour soutenir les prix.

3 ans pour revenir à la normale

Le confinement généralisé lié à la crise sanitaire a provoqué un choc sans précédent sur le marché pétrolier, la demande ayant du jour au lendemain chuté de près de 30 %. Le retour à la normale sera très lent : si la consommation de carburant pour le trafic routier a presque retrouvé ses niveaux d’avant-crise, la demande en kérosène pour les avions plafonne à 50 % de ses niveaux pré-covid. Au total, les analystes de Bank of America estiment qu’il faudra au moins 3 ans, pour que la demande en pétrole se normalise.

Les cours de l’or noir sont également entraînés par un regain d’aversion au risque sur les marchés d’actions : à Wall Street, le S & P500 et le Nasdaq enchaînent les séances de baisse, sur fond de chute des valeurs technologique et de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.



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