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Finance

Le plan de la place financière pour soutenir la reprise



Après l’urgence, la relance. Alors que les Prêts garantis par l’Etat (PGE) – dont 85 milliards d’euros ont été accordés par les banques depuis fin mars – visent à aider les entreprises à survivre au coup d’arrêt de l’économie, la place financière et les autorités tirent un diagnostic commun : pour investir et se développer, les entreprises vont devoir renforcer leurs hauts de bilans.

D’où la recherche, pour y parvenir, d’un nouveau dispositif, une sorte de « PGE 2.0 » pour les PME et ETI. Cette étape est très attendue des entreprises. Le Medef a estimé, jeudi dernier, que leurs marges pourraient chuter jusqu’à 32 % cette année, et la dette bondir de plus de 150 milliards d’euros, portant sa charge de 4,3 fois à 7 fois l’excédent brut d’exploitation.

Plusieurs dispositifs de fonds propres ont été annoncés depuis l’éclatement de la crise, émanant d’assureurs ou de fonds d’investissement, mais pas encore à une échelle industrielle. Pour avancer, Bercy consulte et a missionné Jean Lemierre , le président de BNP Paribas (« Les Echos » du 7 mai) avec l’ensemble de la place bancaire. Les travaux se précisent.

Un rôle central pour les banques

Selon nos informations, le projet vise à créer un fonds de plus de 10 milliards d’euros de prêts participatifs ou équivalents (prêts à durée très longue, assimilés à des fonds propres), « voire de 15 à 20 milliards » selon les scénarios de reprise, expliquent plusieurs parties prenantes, afin de soutenir de 20.000 à 30.000 PME et ETI.

Il s’agirait de nouveaux financements et non de convertir en capital les PGE existant. De fait, ni les banques ni Bercy n’entendent se retrouver aux commandes directes de l’économie. « Nous pourrions certes ressortir dans quelques années en faisant la culbute financière, explique un banquier. Mais ce ne serait pas très juste et, surtout, difficile à accepter pour les entrepreneurs. »

Qui abonderait ce fonds de « prêts participatifs avec soutien de l’Etat », ou PPSE ? La puissance publique serait présente, via différents canaux, à hauteur potentiellement de 4 à 5 milliards d’euros, espère un banquier. Du côté privé, les assureurs, les fonds de retraite, et les sociétés de gestion d’actifs pourraient participer.

Charge aux banques, moyennant une commission, d’identifier les PME et de leur proposer ces quasi-fonds propres. « Avec les PGE, nous avons démontré que nous pouvions faire d’importants volumes tout en étant sélectifs », plaide un banquier.

Certains établissements seraient aussi tentés de faire eux-mêmes ces avances en prêts participatifs. Il est vrai que la rémunération associée attendue, de 3,5 % à 6 %, peut être attractive, alors que les PGE ont été accordés à prix coûtant .

Un dispositif à affiner cet été

Les banques estiment leur apport indispensable. « Les initiatives de filière des assureurs ou des fonds de capital-investissement ne suffiront pas. Certaines entreprises ne veulent pas non plus diluer leur actionnariat, avec ce type d’acteurs, à un coût associé autour de 13 % », explique un acteur.

Mais les institutions financières y trouvent aussi clairement leur intérêt. « On voit bien tout le point fort qu’y voient les banques en protégeant le bilan des entreprises, mais aussi leurs crédits antérieurs associés », souligne-t-on dans l’administration.

D’autant que l’engagement des banques ne s’arrêterait pas là. En effet, les entreprises, avec des bilans consolidés d’une dizaine de milliards d’euros, pourraient potentiellement emprunter dans les années suivantes jusqu’à une centaine de milliards d’euros, pour faciliter leur transformation verte, énergétique et numérique.

Pour Bercy cependant, il est urgent d’attendre. « La première priorité est de parvenir à un diagnostic précis et objectif sur la situation financière des entreprises en sortie de crise », précise le ministère, qui se donne jusqu’à la fin de l’été pour statuer.

L’avis de Bruxelles sera également décisif sur le soutien public, indispensable, qui serait apporté à ce fonds. Or celui-ci conditionne le traitement prudentiel favorable que pourront obtenir les assureurs avant de vouloir soutenir le projet.

Mais le point le plus sensible pour Bercy est certainement de s’assurer que l’épargne mobilisée (via les assureurs ou des OPCVM) ne soit pas investie dans des entreprises en trop grandes difficultés avec des risques de pertes associés. Les banques devront donc se montrer potentiellement plus sélectives qu’avec le PGE et les rendements offerts aux investisseurs en seraient de facto limités pour ne pas inciter à la prise de risque.



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