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Economie

Le plan de relance n’est pas assez vert, selon le Haut Conseil pour le climat


L’organisme indépendant a passé au crible toutes les mesures du plan post-Covid pour évaluer leur contribution à la stratégie bas-carbone de la France.

Bon début, mais peut mieux faire. C’est en somme ce que conclut le Haut Conseil pour le Climat (HCC) dans un rapport publié mardi 15 décembre. L’organisme indépendant a passé au crible la centaine de mesures du plan de relance destiné à redresser l’économie après les ravages de la crise sanitaire, en posant cette question : quel sera leur impact sur la transition bas carbone du pays ?

Le HCC salue «l‘effort de verdissement du plan de relance français», qui est, selon lui, «parmi les mieux dotés à l’échelle mondiale». Autre point positif, ce plan – qui doit s’étaler sur deux ans – ne vient pas soutenir directement les industries des énergies fossiles (gaz, charbon). Ce n’est pas le cas partout ailleurs. Selon le projet Energy Policy Tracker, en effet, les pays du G20 ont annoncé au moins 234 milliards de dollars d’argent public en faveur des énergies fossiles, contre 151 milliards pour les énergies propres.

Le plan de relance français à 100 milliards d’euros (dont environ 30 milliards spécifiquement dédiés à la transition écologique) n’entraînera donc pas une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à la trajectoire actuelle. Mais il ne va pas assez loin pour les réduire, estime le HCC.

L’ambiguïté des mesures «neutres»

Pour rappel, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) définit les objectifs de réduction des GES à court et moyen termes du pays, avec des plafonds d’émissions à ne pas dépasser dans les secteurs clés du bâtiment, des transports, de l’agriculture, de l’énergie, de l’industrie ou des déchets. Et la France n’est pas dans les clous. Le premier bilan provisoire pour 2015-2018 indique que les émissions n’ont décru que de 1% par an en moyenne pendant cette période alors que la SNBC prévoyait une diminution d’au moins 2%.

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a déclaré que le plan de relance devait permettre de réduire les émissions de 0,6% par an et d’économiser «57 millions de tonnes de CO2». Ce qui n’est pas suffisant pour respecter la SNBC, rappelle le Haut Conseil pour le Climat.

Le gouvernement a réalisé sa propre évaluation de l’impact de chaque mesure du plan. Selon lui, 30% d’entre elles sont «favorables» à la trajectoire bas-carbone et 68,4% sont qualifiées de «neutres», soit par manque de données, soit parce que leur effet est supposé non significatif par rapport à ce qui existe aujourd’hui. Or, comme l’a souligné Corinne Le Quéré, présidente du HCC, lors d’un point presse lundi, ces mesures ne sont pas «neutres» dans la mesure où elles s’inscrivent «dans la continuité de la trajectoire des émissions actuelles trop élevées de la France». «Pour évaluer ce plan, il faut prendre comme référence la trajectoire définie par la SNBC», a-t-elle insisté. Sans quoi le plan fait «courir le risque d’un verrouillage dans des activités fortement émettrices à long terme», selon le rapport.

Comparaison entre l’évaluation des mesures du plan de relance par le gouvernement et par le Haut Conseil pour le Climat. HCC

Le HCC pointe notamment un manque d’ambition dans le secteur de l’agriculture. Il souligne aussi que les forêts, qui sont un puits de carbone crucial pour absorber nos émissions, sont très «insuffisamment considérées.» Le Haut conseil recommande donc de «renforcer la comptabilité du plan de relance avec l’objectif de neutralité carbone fixé par la loi» et de mettre en œuvre sans plus attendre des outils permettant un suivi précis de l’implémentation de ces mesures.

L’autre conclusion majeure du rapport est que le plan «France Relance», censé orienter les investissements des prochaines années, ne s’inscrit pas assez dans une stratégie à long terme de neutralité carbone que la France doit atteindre en 2050. «Il est insuffisant pour enclencher les ruptures nécessaires» et les changements structurels, estime même la présidente du HCC qui cite plusieurs exemples : «Pour la rénovation énergétique des bâtiments, il faut soutenir la filière sur dix ans et mettre en place les emplois de demain. (…) Dans le transport, l’électrification du parc automobile pourrait être soutenue plus amplement.» Car comme le rappelle le Haut Conseil pour le climat, la décennie à venir est cruciale pour réaliser les changements structurels compatibles avec les objectifs de l’accord de Paris.



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