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Economie

Le Plexiglas s’arrache à prix d’or à la faveur du déconfinement


Le masque chirurgical n’est pas le seul attribut à la mode en cette période de déconfinement. Partout dans le pays, des petits commerçants aux grandes enseignes et des bistrots aux aéroports, de grandes plaques de polyméthacrylate de méthyle (PMMA), plus connu sous le nom de la marque Plexiglas, sont en cours d’installation pour protéger salariés et clients des indésirables postillons. Résultat, le prix des plaques en PMMA s’est envolé, avec certains modèles qui valent aujourd’hui plus de deux fois leur valeur habituelle. Pire, certaines commandes passées cette semaine par les distributeurs n’arriveront pas avant l’automne, alors que le délai habituel est d’une à trois semaines.

«L’un de mes fournisseurs m’a proposé une plaque de 3 mètres par 2 à 497 euros au lieu de 150 euros normalement, s’agace d’emblée Philippe Schreiber, le fondateur de DKO Attitude, une entreprise de sérigraphie et décoration commerciale à Port-sur-Saône (Haute-Saône). Et en plus, la teinte était fumée parce qu’ils n’ont plus rien de transparent avant juillet !» José Da Cunha, le gérant du magasin Carton rouge à Reims (Marne), explique avoir «réussi à payer une plaque à 120 euros» en travaillant avec un fournisseur qu’il connaît bien, alors que d’autres lui proposaient «les mêmes plaques pour 300 euros.»

S’il est difficile de donner un ordre de grandeur de l’augmentation des prix du PMMA au niveau national, les acteurs interrogés l’estiment entre 30 et 100 %. «Le prix a flambé, explique Yannick Eck, technico-commercial pour le distributeur alsacien Sepib. Si l’on reste fidèle à nos fabricants habituels c’est environ 30 % d’augmentation selon les enseignes. Mais la facture peut doubler quand on passe par des nouveaux distributeurs qui nous dépannent quelques plaques avec des délais plus courts.»

Une demande multipliée par deux

Si les prix augmentent, c’est que la demande de plaques en PMMA a été multipliée par deux depuis le début du confinement selon les acteurs interrogés. «Les deux semaines avant le déconfinement, le téléphone sonnait toutes les minutes, du matin au soir», souffle Yanick Eck. Corollaires de l’explosion de la demande, les ruptures de stock se sont généralisées et les délais de livraison ont été multipliés par trois ou quatre.

« Il y a eu une rupture générale sur toute l’Europe à la suite de cette explosion de la demande de PMMA, poursuit Yanick Eck. Aujourd’hui les usines qui nous livrent ont des délais de 12 à 15 semaines, au lieu d’une à trois. Les livraisons qu’on passe maintenant n’arriveront pas avant septembre à novembre.» «On n’aura pas de PMMA avant fin juin, confirme-t-on chez TIM, un revendeur rémois. Alors on essaie de dépanner nos clients en cherchant d’autres matériaux qui remplacent un peu, comme le polypropylène.»

Nouveaux distributeurs

Pour tenter de comprendre à qui profite l’inflation, nous avons remonté le fil du PMMA en France. Le leader mondial du marché s’appelle Altuglas International et possède une usine dans le Grand Est, à Saint-Avold (Moselle). Le directeur Europe d’Altuglas, Jean-Luc Béal, confirme dans un premier temps au Figaro que la demande a été «multipliée par deux ou trois» depuis le début du confinement sur les parois de protection et que «les producteurs en Europe, dont Altuglas fait partie, n’ont pas eu la capacité de fournir cette demande à temps, d’où les délais qui peuvent aller jusqu’à trois mois».

Mais Jean-Luc Béal assure qu’Altuglas n’a «pas utilisé cette opportunité pour monter les prix». «Il y a pu y avoir de légers surcoûts dus aux difficultés logistiques ou opérationnelles pendant le confinement», concède-t-il, mais «très loin des chiffres que l’on peut voir de deux à trois fois le prix initial». Selon lui, cette envolée des prix n’est pas le fait des fabricants, mais «des très nombreux nouveaux distributeurs qu’on ne connaissait pas avant, et qui profitent de la pénurie pour récupérer des clients prêts à payer des prix très élevés pour réduire les délais.»

«Parlez dans l’hygiaphone»

Un autre nom a été associé à tort au PMMA depuis le début du confinement, celui du fameux Hygiaphone, cher au groupe de rock Téléphone. «Nous n’avons rien à voir avec le Plexiglas. L’Hygiaphone est fabriqué en métal et en verre et c’est une marque brevetée par la société Figet depuis 1946», explique-t-on chez Figet. Là aussi, les demandes ont augmenté depuis le début du confinement, mais de 40 % «seulement». Et pour l’instant, point de rupture de stock en vue.



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