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Economie

le président de Suez met en garde contre la «menace de pertes d’emplois»


Le duel entre deux géants industriels français continue. Dans les colonnes du Journal du dimanche, le président de Suez, Philippe Varin, dénonce l’offre de Veolia et la stratégie de l’entreprise pour prendre la main sur ses activités. L’offre dite «amicale […] est en réalité très hostile», juge-t-il, pointant des risques considérables pesant sur l’emploi au sein de son groupe.

La volonté de son homologue de Veolia de récupérer les parts de Suez qu’Engie détient est connue de longue date, explique l’homme d’affaires. Toutefois, la proposition du groupe – 15,5 euros l’action, «soit bien en dessous de la valeur intrinsèque de la société» est clairement insuffisante et «pose de réels et sérieux problèmes», dénonce Philippe Varin. Le dirigeant critique la volonté de Veolia de créer un «super champion français mondial», y voyant un «mirage industriel» : «le processus qui se dessine prendrait au moins dix-huit mois. Il va affaiblir notre force commerciale, déstabiliser les clients, le management, tous les salariés. L’accouchement de ce prétendu champion se ferait dans la douleur, ce qui ne serait pas un gage de succès», s’inquiète-t-il.

L’homme fort de Suez plaide pour le maintien de «deux champions mondiaux français» distincts, citant l’exemple du secteur de la communication, où Havas et Publicis cohabitent. Il souligne également les risques importants que représente le projet de Veolia et se dit préoccupé par «la pertinence du modèle industriel et stratégique» avancé par l’entreprise. Plus précisément, Philippe Varin voit dans ce rapprochement une menace clair pour l’emploi «pour nos 90.000 collaborateurs, dont 30.000 en France» : «Veolia ne peut pas annoncer 500 millions de synergies et dire qu’il n’y aura pas d’impact. Je ne l’ai jamais vu de ma vie, s’emporte-t-il. Si on regarde Alcatel-Lucent, LafargeHolcim, GE-Alstom, chaque fois, des promesses ont été faites. Chaque fois, il y a eu des plans sociaux après», rappelle le patron.

Je compte bien convaincre le Premier ministre que, sur le fond, ce projet a des failles.

Philippe Varin, président de Suez

Suez va donc défendre son indépendance. «Je compte bien convaincre le Premier ministre que, sur le fond, ce projet a des failles», déclare Philippe Varin, qui estime que le «rôle de l’État est de définir les règles du jeu en matière de gouvernance». Suez a les reins solides, ajoute-t-il, et une «solution alternative» est en cours de préparation par «Bernard Camus (le directeur général du groupe) et ses équipes».

L’opposition de Suez au projet de Veolia avait déjà été exprimée dans nos colonnes par le Bernard Camus la semaine dernière : «l’opération proposée par Veolia est aberrante pour Suez et funeste pour la France», avertissait-il. De son côté, l’exécutif garde une position prudente sur le sujet. «Nous regardons avec un souci d’équité l’offre de Veolia ou les autres offres qui pourraient venir (en posant) trois conditions impératives: l’emploi; l’empreinte industrielle française et l’actionnariat majoritairement français; et la valorisation patrimoniale», déclarait le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le week-end dernier. Fin août, le patron de Bercy prévenait que «l’État sera vigilant aux engagements que prendra Veolia en termes de maintien de l’emploi en France, et de conservation des actifs stratégiques pour la France».



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