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Economie

le régulateur américain de nouveau sur la sellette


Le gendarme de l’aviation a promis mardi d’agir rapidement pour déterminer les causes de l’avarie qui pourrait être due à la «fatigue du métal» des pales du moteur.

Après l’incident spectaculaire survenu sur un Boeing 777 de la compagnie United Airlines, le gendarme américain de l’aviation, la FAA, se retrouve, à nouveau, sur la sellette. Ce mardi, il a promis d’agir rapidement pour déterminer les causes de l’avarie qui pourrait être due à la «fatigue du métal» des pales du moteur. «Nous voulons comprendre ce qui s’est passé, puis prendre les mesures nécessaires afin d’éviter qu’un événement similaire se reproduise à l’avenir», a affirmé le patron de l’agence fédérale, Steve Dickson, lors d’une conférence en ligne. «Nous y travaillons non-stop depuis samedi après-midi et je suis convaincu que nous y parviendrons» a-t-il ajouté.

Le régulateur avait fait savoir lundi en fin de journée qu’il avait envisagé d’imposer des inspections plus strictes sur les moteurs Pratt & Withney équipant le 777 après un incident sur un vol Japan Airlines fin 2020. Cette révélation a été faite peu de temps seulement avant l’annonce des premières conclusions sur l’avarie spectaculaire d’un Boeing 777 opéré par United Airlines samedi dans le Colorado, à l’ouest des États-Unis. Après l’analyse d’éléments liés à cet événement, la FAA «était en train d’évaluer la nécessité d’ajuster les inspections» des pales des soufflantes des moteurs, selon un message transmis à l’AFP. Le régulateur avait aussi demandé que ces mêmes moteurs soient régulièrement inspectés après un autre incident le 13 février 2018 sur un vol de United entre San Francisco et Honolulu. La FAA publiera une nouvelle consigne de navigabilité pour ces appareils une fois que ses experts en sécurité auront terminé d’examiner les données disponibles sur le vol.

Malgré ces annonces, le gendarme américain de l’aviation est au centre des attentions après plusieurs incidents du Boeing 777 qui présentent des similitudes. Le bureau américain en charge de la sécurité des transports, le NTSB, a prévenu qu’il allait examiner de près les mesures prises par la FAA après l’accroc de 2020 et un autre survenu en 2018. «Une partie de notre enquête sera certainement de déterminer qui savait quoi et quand», a déclaré Robert Sumwalt, le président du NTSB, lors d’une conférence de presse lundi soir. «On regardera ce qui aurait pu être fait, ce qui aurait dû être fait, si quelque chose devait être fait», a-t-il ajouté.

L’incident aurait-il pu être évité ?

La NTSB a confirmé que deux des pales de la soufflante avaient été endommagées. Le réacteur droit a pris feu et a perdu son carénage tandis que de multiples débris sont tombés dans une zone résidentielle de la banlieue de Denver. En filigrane, la question est de savoir si l’incident de samedi aurait pu être évité si la FAA avait ordonné une inspection approfondie des moteurs Pratt & Whitney. Il faut attendre les conclusions définitives de l’enquête, avertissent plusieurs experts aéronautiques interrogés par l’AFP. Mais «il est possible qu’il y ait eu un problème commun» aux trois incidents, remarque Scott Hamilton du site spécialisé Leeham News.

Ce n’est pas la première fois que les actions ou manque d’actions de la FAA sont examinés de près dans une affaire concernant Boeing. L’agence avait été vivement critiquée pour ne pas avoir agi plus énergiquement après le crash en octobre 2018 du 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air qui avait fait 189 morts. Quatre mois plus tard, un avion de même type de la compagnie Ethiopian Airlines s’écrasait pour des raisons similaires, faisant 157 morts. Une commission des Transports du Congrès américain avait conclu en septembre, à l’issue d’une enquête de 18 mois, que le manque de supervision de la FAA était en cause. Les parlementaires ont aussi reproché au régulateur une trop forte proximité avec Boeing.

Améliorer ou repenser les inspections

Dans le cas des pales endommagées du Boeing 777, «soit il y a un problème au niveau du moulage de la fabrication des pales en titane», soit il s’agit d’un «problème de maintenance» avec des pièces que l’on n’a «pas changées suffisamment tôt», estime Pascal Roche, professeur de propulsion à l’Ecole nationale de l’aviation civile à Toulouse (ENAC). Dans tous les cas, le signalement de deux précédents incidents en trois ans «signifie que le régulateur, la compagnie et le motoriste surveillaient de près le moteur», remarque John Cox du cabinet spécialisé dans la sécurité aéronautique Safety Operating.

Si le problème vient bien des pales, il va falloir déterminer si les techniciens ont raté une possible faille ou si la faille n’était tout simplement pas détectable, estime-t-il. La réponse à cette question permettra de déterminer s’il faut améliorer la qualité des inspections ou repenser la façon dont elles sont effectuées, éventuellement exiger que les pales soient remplacées plus souvent, dit-il à l’AFP.

L’action de la FAA, qui avait déjà augmenté la fréquence des inspections, est toutefois «défendable», estime John Cox. «Vu ce qu’on sait aujourd’hui, il aurait peut-être été souhaitable d’améliorer les inspections mais (le régulateur) n’avait pas toutes ces données à sa disposition». La FAA doit publier une nouvelle consigne de navigabilité une fois que ses experts en sécurité auront terminé d’examiner les données disponibles sur le vol de United Airlines.



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