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Economie

Le Royaume-Uni préfère finalement la solution d’Apple et Google pour son application de traçage


Après des mois de tergiversations, le gouvernement britannique finit par renoncer à l’application de traçage des contacts développée par ses propres services sanitaires. Il devrait sortir avant 2021 une nouvelle application basée sur le modèle proposé par Apple et Google et mis à la disposition des autorités du monde entier.

Le ministère de la Santé a expliqué avoir comparé les deux systèmes, qui fonctionnent tous deux grâce à la technologie Bluetooth, le mois dernier auprès des 140 000 habitants de l’île de Wight. L’application britannique parvenait à reconnaître 75% des téléphones Android à proximité, mais seulement 4% des iPhones. En comparaison, la technologie des deux GAFA atteignait un taux de reconnaissance de 99%, quel que soit le modèle. «Le logiciel d’Apple empêche les iPhones d’être utilisés efficacement pour le suivi des contacts à moins que vous n’utilisiez la propre technologie d’Apple. Apple ne veut pas modifier son système», s’est plaint le ministre de la Santé Matt Hancock, avant d’ajouter: «Mais ce qui compte c’est ce qui marche. Parce ce que ce qui marche sauvera des vies».

Le gouvernement britannique prévoit désormais une nouvelle application qui utilisera le modèle d’Apple et Google, tout en conservant les «points forts» de la version qu’il avait initialement prévue. Il y a deux jours, un membre du gouvernement a néanmoins affirmé que l’application de traçage n’était plus «une priorité» et que son déploiement n’interviendrait pas avant l’automne, voire à la fin de l’année. Pour rappel, le Royaume-Uni est le pays qui compte le plus de victimes du Covid-19 en Europe, avec plus de 42.000 morts pour désormais plus de 300.000 cas confirmés officiellement.

Deux modèles s’opposent

Comme l’Allemagne, le Danemark ou l’Italie, le Royaume-Uni rejoint les pays qui ont adopté une approche «décentralisée» pour leur application de traçage. Dans cette architecture, les smartphones importent régulièrement la liste de tous les pseudonymes ayant croisé des personnes contaminées, et vérifient eux-mêmes si le pseudonyme de l’utilisateur figure sur ces listes ou non. Les données sont stockées dans les smartphones et le serveur est uniquement utilisé pour faire le rapprochement des identifiants anonymisés.

À l’inverse, avec une option «centralisée», le smartphone de l’utilisateur va vérifier sur un serveur central que son pseudonyme n’est pas dans la liste des pseudonymes croisés par une personne s’étant déclarée contaminée. Si ce modèle est réputé moins sécurisé, il permet aux épidémiologistes d’obtenir plus de données pour lutter contre l’épidémie. Avec l’abandon du Royaume-Uni, la France est désormais le seul pays d’Europe à avoir retenu cette configuration, ce qui devrait se révéler problématique par rapport à la réouverture progressive des frontières. StopCovid ne peut en effet pas dialoguer avec les applications qui utilisent le modèle Apple / Google, retenu par la majorité des pays européens.

De manière générale, de nombreux pays peinent à proposer une application de traçage efficace, respectueuse de la vie privée et largement adoptée par la population. Seuls 1,7 million de Français ont téléchargé StopCovid en deux semaines (soit un peu plus de 2% de la population), bien loin du chiffre de 60% souvent cité pour un résultat optimal. La Norvège a pour sa part été contrainte de suspendre son application, jugée trop intrusive. Quant à Singapour, au vu de son succès plus que mitigé, l’application mobile devrait peu à peu être remplacée par des bracelets connectés.



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