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Finance

Le Royaume-Uni se prépare à émettre à son tour des green bonds



Publié le 11 nov. 2020 à 8:26

Les obligations de l’Etat britannique vont enfin se mettre au vert. Le Royaume-Uni émettra pour la première fois des « green gilts » l’an prochain, a annoncé lundi le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, à l’occasion d’une allocution sur l’avenir des services financiers devant la Chambre des Communes. « Ce sera la première d’une série de nouvelles émissions », a-t-il indiqué, précisant que ces opérations serviront à financer des projets visant à lutter contre le changement climatique, et notamment « des investissements dans les infrastructures. » 

L’annonce doit permettre au pays de se présenter comme un champion de la finance verte au moment où il s’apprête à accueillir à Glasgow l’an prochain la COP 26, la conférence internationale sur le climat. Les futurs « green gilts » sont aussi censés l’aider à atteindre l’objectif de neutralité carbone qu’il s’est fixé à l’horizon 2050.

Mobilisation de la City

Il était temps. Alors que l’ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, avait été à la pointe de l’action des banques centrales pour le climat – il a depuis été nommé envoyé spécial de l’ONU pour le climat -, le Trésor britannique est à la traîne. Seize pays, au premier rang desquels la France avec 27 milliards d’euros d’encours, ont déjà émis des green bonds souverains. Paris devrait d’ailleurs lancer une nouvelle souche d’OAT (les obligations d’Etat françaises) vertes en 2021. L’Allemagne, qui a fait ses premiers pas sur le marché vert avec succès en septembre dernier, a réitéré l’opération avec une émission de titres à 5 ans la semaine dernière.

Face à l’immobilisme de Londres, un groupe de 32 acteurs majeurs de la City, allant de Schroders à Columbia Threadneedle en passant par NatWest, ont même lancé un appel officiel pour la création de « Green + Gilts ». Face à la montée en puissance des exigences environnementales, l’univers de la gestion d’actifs est en effet à la recherche de nouveaux titres pour garnir ses portefeuilles. Et l’absence de titres de référence libellés dans la devise britannique se fait cruellement sentir.

Travail de préparation

Ils ont fini par être entendus. « Il y avait un travail à faire pour définir les modalités de ces produits, arrêter ce qu’ils permettront de financer et examiner les essais déjà réalisés par la Suède ou encore l’Allemagne, justifie-t-on dans l’entourage du ministre britannique des Finances. Tout ce travail est terminé. Nous émettrons l’an prochain, car nous annonçons d’abord au marché ce que nous comptons faire. Nous aurions sans doute émis plus tôt si le Covid n’avait pas créé, ces derniers mois, un environnement hors normes en termes de levées de fonds ». Un climat qui n’a pas empêché l’Union européenne, sur le marché des social bonds très proche de celui des obligations vertes, de lever 17 milliards d’euros le 20 octobre , puis 14 milliards ce mardi, attirant à chaque fois une demande record.

En choisissant de se lancer l’an prochain, le Royaume-Uni aura de la concurrence. Outre la France, et probablement l’Allemagne, d’autres pays ont d’ores et déjà annoncé qu’ils solliciteraient les investisseurs verts. L’Italie, par exemple, devrait arriver sur le marché au plus tard début 2021. Le Danemark, le Portugal, l’Autriche et l’Espagne sont également sur les rangs.

Mais c’est un autre nouvel entrant, l’Union européenne, qui devrait se hisser en haut du palmarès. Dans le cadre de son plan de relance EU Next Generation de 750 milliards d’euros, elle devrait émettre pour 100 à 150 milliards d’euros d’obligations l’an prochain, dont au moins un tiers aura la forme de green bonds. De quoi se tailler un vrai costume de leader de la finance verte en Europe.

Le Royaume-Uni veut contraindre les entreprises et les banques à publier leurs risques climatiques à partir de 2025

Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a annoncé lundi vouloir contraindre les entreprises mais aussi les banques, assureurs, gérants d’actifs et fonds de pension à révéler leur exposition aux risques climatiques à compter de 2025, « ce qui va au-delà des recommandations de la Taskforce on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) » et fait du Royaume-Uni le pays du G20 le plus avancé, s’est-il félicité. La Financial Conduct Authority (FCA) avait indiqué plus tôt dans la journée que les grandes entreprises cotées sur le segment « premium » de la Bourse de Londres devront publier leur exposition dès le 1er janvier 2021, en accord avec les prescriptions de la TCFD, mais dans un premier temps sans que ce soit obligatoire : elles devront, à défaut, se justifier (« comply or explain »). La Banque d’Angleterre a par ailleurs annoncé que les banques devront se soumettre à ses tests de résistance climatique à compter de juin 2021, après des retards liés à la pandémie.



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