Image default
Economie

Le «Ségur de la santé» prolongé, faute d’accord


Une enveloppe de 7 milliards d’euros n’aura pas permis, pour le moment, de mettre fin aux négociations. Le «Ségur de la santé», qui devait présenter ses conclusions en cette fin de semaine, sera finalement prolongé faute d’accord. Une dernière ligne droite chaotique pour un bras de fer qui se durcit: après 24 heures de négociations marathon.

L’objectif est de «pouvoir poursuivre les échanges», a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère, en précisant que ce «léger report» – décidé à l’aune d’un probable remaniement gouvernemental – ne remettait pas en cause le calendrier initial de l’exécutif.

«Nous souhaitons respecter l’engagement qui avait été pris» lors du lancement du «Ségur de la santé», avec l’annonce d’un paquet de mesures pour l’hôpital et les soignants «avant la mi-juillet», a précisé ce porte-parole. Emmanuel Macron, qui avait promis durant l’épidémie de coronavirus un «plan massif», en a précisé l’ampleur jeudi soir dans un entretien à la presse quotidienne régionale: «Nous dégagerons au total entre 15 et 20 milliards d’euros». De quoi investir «dans les bâtiments, les équipements et le numérique», mais aussi augmenter «de plusieurs centaines d’euros les rémunérations à coup sûr», a-t-il ajouté.

Les discussions sur ce sujet, menées depuis le 25 mai sous l’égide de l’ex-responsable de la CFDT Nicole Notat, se sont accélérées ces dernières heures, avec l’annonce de nouvelles enveloppes pour les rémunérations du personnel hospitalier. Lors d’une réunion organisée avec les syndicats de la fonction publique hospitalière, le ministre Olivier Véran a en effet proposé une rallonge de 400 millions d’euros pour les salaires du personnel paramédical (infirmiers, aides-soignants) et non médical.

Cette somme, qui vient s’ajouter aux six milliards d’euros déjà annoncés par le gouvernement lors d’une réunion du «Ségur» organisée le 24 juin, porte à 6,4 milliards l’enveloppe prévue pour ces catégories de salariés. Une seconde enveloppe de 100 millions d’euros a été proposée aux médecins hospitaliers – qui font l’objet de discussions à part. De quoi porter à 600 millions le montant promis pour les médecins, internes et étudiants en médecine.

«Pas à la hauteur»

Olivier Véran a jugé jeudi «considérable» l’effort financier consenti par le gouvernement. «C’est 40 fois plus que les revalorisations annuelles des salaires à l’hôpital opérées par le précédent gouvernement», a-t-il souligné. «Bien sûr, on vient de loin», a reconnu le ministre de la Santé. Mais «c’est pour ça que cet effort est colossal: c’est le plus gros effort jamais réalisé pour le secteur de la santé», a-t-il poursuivi.

Un enthousiasme que les syndicats assurent ne pas partager. «Les différentes propositions du gouvernement sont pour la plupart inacceptables et ne sont pas à la hauteur des légitimes attentes des agents et salariés», a estimé la CGT. «Malgré l’annonce d’une enveloppe supplémentaire de 400 millions d’euros, la revendication de 300 euros pour tous n’est clairement pas envisageable en l’état», a estimé FO de son côté.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi plaidé pour une enveloppe plus importante: «Si on veut une vraie politique d’augmentation des rémunérations, pour rattraper tout le retard accumulé depuis des années, il faut 8 milliards».

De quoi permettre, selon lui, des hausses de salaires de 200 à 250 euros pour l’ensemble des salariés. «C’est ce qu’ils ont entendu comme promesse», a rappelé M. Berger. Le gouvernement, qui a prévu à ce stade de répartir son enveloppe entre revalorisation générale des salaires, hausses ciblées sur certaines professions et mesures d’intéressement, est-il disposé à un effort supplémentaire?

S’il souhaite se réconcilier avec l’hôpital, «un effort est indispensable», souligne une source syndicale, pour qui «des marges de manoeuvre existent» pour une rallonge budgétaire, mais se heurte à «l’hostilité de Matignon». A ce stade, «aucune des organisations de salariés» présentes aux négociations n’est disposée à «signer» les propositions du ministère, assure cette source. Mais la situation pourrait changer si «un socle» de revalorisation «à 250 euros net» était acté, ajoute-t-elle.

«La période politique que nous traversons actuellement, avec le flottement concernant un remaniement ministériel, complique la situation», mais «la balle» est malgré tout «à nouveau dans le camp de l’exécutif», résume FO.



Source link

Autres articles

plongeon historique du PIB au deuxième trimestre

administrateur

le Congrès américain adopte un nouveau plan d’aide de 483 milliards de dollars

administrateur

Saint-Malo lutte contre Airbnb pour ne pas devenir un parc d’attractions

administrateur

«La très grande majorité des entreprises a repris le travail»

administrateur

Les commerçants des stations balnéaires plutôt satisfaits de leur mois de juillet

administrateur

L’impact spectaculaire de la crise sur le marché du travail en 12 chiffres clés

administrateur