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Economie

Le Sénat s’interroge sur la vente du groupe M6


Nicolas de Tavernost, patron de M6, et Isabelle de Silva, présidente de l’autorité de la concurrence, ont été audités.

Ce matin, la commission culturelle du Sénat s’est penchée sur la vente du groupe M6-RTL qui agite le paysage audiovisuel français. La commission a auditionné successivement Nicolas de Tavernost, président du directoire du groupe M6 et Isabelle de Silva, la présidente de l’autorité de la concurrence qui devra avaliser l’opération.

Interrogé par les sénatrices et sénateurs, Nicolas de Tavernost a répété que son actionnaire l’allemand Bertelsmann était face à un dilemme complexe. Il a le choix entre deux solutions, l’une facile, l’autre plus difficile. La première consiste à vendre ses 48 % dans le groupe M6 à un autre groupe de média européen comme Mediaset ou Daniel Kretinsky, ce qui ne changerait au fond rien sur les grands équilibres du marché audiovisuel français.

La deuxième solution; vendre à un grand acteur français du secteur comme TF1 ou Vivendi serait, selon lui «la plus complexe à mener, mais serait gage d’une plus grande efficacité car elle apporterait plus de synergies». Nicolas de Tavernost a rappelé que Thomas Rabe, PDG de Bertelsmann avait estimé qu’une cession à TF1 serait l’option la plus en phase avec les orientations du groupe, bien qu’elle se heurte à des obstacles réglementaires. Le patron de Bertelsmann avait indiqué que l’opération serait effectuée d’ici à la fin du premier semestre. Mais, ce matin, devant le Sénat, Nicolas de Tavernost a été plus vague sur le calendrier en raison de la complexité de l’opération.

Enfin, le patron de M6 a tenu à préciser que «les antennes et les marques phares du groupe M6 ne disparaîtront pas s’il vient à être racheté».

Analyse des marchés pertinents

Quelle que soit la nature de l’acquéreur, cette opération devra passer sous les fourches caudines de l’autorité de la concurrence. Isabelle de Silva, sa présidente est donc au centre du jeu. C’est la première fois qu’elle s’exprime sur le sujet.

Elle a expliqué aux membres du Sénat que «selon la nature de l’entreprise acquéreuse, les effets sur le marché français seraient différents. De toute façon l’autorité analysera la transaction en définissant les marchés pertinents (marché de la télé gratuite, payante, des acteurs plus large comme les plateformes SVOD), des effets de l’opération sur ces marchés et devra définir des remèdes à y apporter.

L’autorité examinera les effets sur les acquisitions de droits cinématographiques et audiovisuels et sur le marché publicitaire traditionnel mais aussi sur la publicité en ligne.

Si elle est amenée à autoriser la transaction, l’autorité pourrait toutefois imposer des remèdes structurels comme le fait de revendre un certain nombre de chaînes de la TNT, ou comportementaux comme le fait d’imposer des structures juridiques séparées ou de mettre des murailles de chine entre les entités de l’acquéreur et celles de la cible.

Le ton est donné. À la fois Nicolas de Tavernost et Isabelle de Silva ont souligné la complexité de l’opération. Elle devrait donner lieu à un long combat.



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