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Finance

Le soja américain tourne la page de la guerre commerciale


Publié le 16 sept. 2020 à 7:02

Les fermiers américains commencent à voir le bout du tunnel: les cours du soja américain sont nettement orientés à la hausse depuis quelques semaines. Sur les marchés à terme de Chicago, le boisseau a même dépassé les 10 dollars en début de semaine, ce qu’il n’avait pas fait depuis 2018 au moment où Donald Trump a déclaré à grands fracas la guerre commerciale à la Chine . La légumineuse avait à l’époque dévissé de près de 20 % pour tomber à son plus bas niveau en 10 ans.

Demande soutenue

L’embellie récente s’explique d’abord par les conditions météorologiques. Sécheresse et tempêtes ont frappé les grandes terres de production outre-Atlantique. Sans être catastrophique, la récolte sera un peu moins bonne que prévu. Le ministère de l’agriculture (USDA) l’estime désormais à 117,4 millions de tonnes, c’est-à-dire 3 millions de tonnes de moins par rapport à sa précédente estimation.

Dans le même temps, les stocks reculent, car la demande reste soutenue, notamment celle de la Chine. L’empire du Milieu a accéléré ses achats de produits agricoles américains depuis le début de l’été ; en fin de semaine dernière, l’USDA a encore annoncé une commande de 262.000 tonnes de soja par la Chine.

Les Echos

Peu avant que l’humanité ne se confine pour lutter contre la propagation du coronavirus, la Chine et les Etats-Unis avaient signé un accord commercial dans lequel Pékin s’engageait à augmenter de plus de 36 milliards de dollars ses achats de produits agricoles américains.

Mais avec la crise, les importations n’ont pas été à la hauteur des engagements. Les deux belligérants ont organisé récemment une rencontre virtuelle au cours de laquelle toutes les autorités des deux côtés de l’océan Pacifique ont réitéré leurs engagements.

Enfin la demande chinoise en soja rebondit grâce au retour de l’élevage de porc. La peste porcine africaine avait divisé par deux le cheptel chinois en 2019. Les autorités avaient alors dû abattre des millions de bêtes pour contenir l’épidémie qui frappe désormais aux portes de l’Allemagne.

Reprise de l’élevage de porcs

En Chine, premier producteur et consommateur au monde avant la peste porcine, le nombre de porcs élevés augmente à grande vitesse, sous l’effet de la hausse fulgurante des prix . Au premier semestre, les autorités ont accordé leur autorisation à 20.000 fermes qui peuvent élever potentiellement 150 millions de porcs.

La reprise de l’élevage de porcs ne se fera pas du jour au lendemain. « C’est probablement en 2021 que la situation va se normaliser », prévient Darin Friedrichs, analystes chez StoneX, cité par Bloomberg. Malgré tout, les importations chinoises de maïs et de soja resteront fortes, car des intempéries ont endommagé les champs dans la région Nord-Est, où sont produits les grains pour nourrir les animaux.

La Niña : les matières premières agricoles en alerte

Un refroidissement de l’océan pacifique au large de l’Amérique latine, connu sous le nom de La Niña, est officiellement en cours de formation, prévient le centre de prédiction météorologique américain. Ce phénomène bouleverse le climat mondial, engendre des pluies diluviennes en Australie et des inondations dans le Sud-Est asiatique, il assèche les terres au sud des Etats-Unis et en Argentine. Le risque est que l’ensemble des matières premières agricoles soient touchées, du blé au soja en passant par le maïs et le riz, et que les cours subissent un regain de volatilité. En 2011, le dernier épisode La Niña significatif avait entraîné une forte hausse du prix des denrées alimentaires.



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