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Finance

Le taux français à 10 ans de nouveau négatif



Publié le 16 juil. 2021 à 13:49Mis à jour le 16 juil. 2021 à 14:01

Depuis avril, on pensait que la période exceptionnelle où la France pouvait gagner de l’argent en s’endettant était bien finie. La reprise économique et la brusque poussée de l’inflation semblaient sonner le glas d’un rendement des obligations d’Etat françaises à 10 ans négatif. Le 18 mai, il avait même flirté avec les 0,30 %, un niveau pas vu depuis le pic de la crise du Covid, en mars 2020. Et pourtant, ce taux de marché de référence est de nouveau passé en fin de semaine en dessous de zéro.

Vendredi, vers midi, il évoluait autour de -0,014 %, encore très proche du seuil de 0 %. Mais la descente pourrait se poursuivre. « Le rallye obligataire a commencé il y a quelques semaines, entraînant une baisse importante des taux », témoigne Jean-Christophe Machado, chez Natixis. Cette hausse de la demande a fait grimper les prix des obligations. Et quand la valeur d’une obligation monte, son taux baisse. « Ce n’était pas notre scénario central, reconnaît le stratégiste. Nous nous attendions plutôt à une stabilisation des taux avant l’été, puis une reprise de la hausse à la rentrée. »

Inflation transitoire

Ce regain d’appétit récent pour la dette d’Etat s’explique en grande partie par une diminution des craintes sur l’inflation, notamment aux Etats-Unis. C’est en effet la peur d’une hausse des prix incontrôlée, conséquence combinée de la réouverture de l’économie, de la pénurie de certaines matières premières et des fortes mesures budgétaires, qui avait mis le feu aux poudres outre-Atlantique. Le taux à 10 ans américain avait bondi à 1,77 % fin mars contre 0,7 % six mois auparavant. Le mouvement s’était ensuite propagé à l’Europe .

Malgré les chiffres encore importants de l’inflation, « les marchés semblent avoir été convaincus par les déclarations des banques centrales, affirmant que cette hausse des prix n’est que transitoire », analyse Jean-Christophe Machado. Jerome Powell, le patron de la Réserve fédérale américaine, l’a encore répété mercredi et jeudi lors de son audition devant le Congrès.

Soutien des banques centrales

De plus, les messages encore très favorables à un large soutien de l’économie envoyés par les banques centrales, des deux côtés de l’Atlantique, ont favorisé les obligations. L’hypothèse d’un tapering – une fin programmée des dispositifs d’achat d’actifs – a été repoussée au moins à après l’été, notamment pour le programme d’urgence de la Banque centrale européenne (PEPP). La prochaine réunion de la BCE, jeudi, devrait confirmer ce ton accommodant.

Plus récemment, et malgré des données économiques plutôt solides, les craintes d’un ralentissement de l’économie lié à la forte diffusion du variant Delta ont entraîné une rotation dans les portefeuilles des investisseurs. Ces derniers ont un peu délaissé les actions, plus risquées, au profit des obligations.

Pénurie d’émissions

Certaines raisons techniques ont également joué. Alors que la baisse des taux semblait se confirmer, certains investisseurs – qui pour leur part pariaient sur une hausse – ont dû déboucler leurs positions pour ne pas perdre trop d’argent. Ce qui a mécaniquement contribué à la baisse. En outre, à l’approche de la trêve estivale, les investisseurs préfèrent renforcer leur portefeuille obligataire avec des titres d’Etats, jugés plus sûrs.

Or, « à partir de la semaine prochaine, l’activité d’émission d’obligations d’Etats européens va ralentir de manière significative », avertit UniCredit. Ce déséquilibre entre offre et demande devrait donc renforcer la baisse des taux. Le mouvement pourrait se stabiliser à la rentrée. Pour la France, une légère hausse pourrait toutefois être constatée en fin d’année, à l’approche de l’élection présidentielle.



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