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Finance

Le travail forcé, nouvelle controverse qui éclabousse l’huile de palme



Publié le 8 janv. 2021 à 6:30

Soupçonnée d’être mauvaise pour la santé, décriée pour son rôle majeur dans la déforestation , l’huile de palme voit s’ouvrir un nouveau front contre elle. Ce sont désormais les conditions de travail dans les plantations de cette graisse végétale qui sont sous le feu des critiques : travail forcé, violences sexuelles ou physiques, entrave à la libre circulation, retenues sur salaires.

Les Etats-Unis commencent à hausser le ton contre les producteurs. L’agence américaine des douanes et de la protection des frontières a décidé le 30 décembre d’interdire toute importation de graisse issue des plantations du géant malaisien Sime Darby, deuxième producteur malaisien.

Graves abus

Concrètement, l’huile de palme issue de ses plantations, ou tout produit en contenant ne pourra plus entrer aux Etats-Unis jusqu’à nouvel ordre. L’agence dit être en possession d’informations permettant de penser « raisonnablement » que les employés de Sime Darby subissent de graves abus. En octobre, c’était Felda Global Ventures Holdings (FGV), une entreprise contrôlée par l’Etat malaisien, qui se voyait bannie du marché américain.

En Malaisie, près de 80 % de la main-d’oeuvre est étrangère. Le pays est le deuxième producteur au monde après l’Indonésie, les deux Etats pesant ensemble 85 % de la production mondiale d’huile de palme, qu’on trouve dans les produits alimentaires transformés, dans les cosmétiques, et dans les biodiesels.

Dormir à même le sol dans la jungle

Depuis quelques mois, les enquêtes mettant au jour la pénibilité du travail dans les plantations se multiplient. Selon le récit d’Associated Press (AP), le quotidien de nombreux travailleurs est à l’image de celui de Jum, un employé de Felda.

Le patron de cet ouvrier lui a confisqué son passeport puis l’a perdu, l’obligeant à rester dans la plantation et à se cacher des autorités en dormant à même le sol dans la jungle. Sa plus grande peur ? Les tigres. « Je ne suis plus un homme libre », confie-t-il à l’agence. « Je n’ai qu’une envie, c’est de partir et de revoir mon père et ma mère ». Les femmes sont, elles, victimes de viols . La Malaisie, tout comme Sime Darby contestent ces allégations, parlent de cas isolés, et assurent protéger les droits des ouvriers agricoles.

Les grandes marques se fournissent dans la région

La plupart des grandes marques, Nestlé, Unilever, Procter & Gamble, se fournissent en huile de palme dans la région. AP souligne également le rôle des institutions financières, Deutsche Bank, BNY Mellon, Citigroup ou HSBC qui soutiennent indirectement cette industrie. Très demandée par les industriels et grâce à des rendements importants, la production a explosé, passant de 5 millions de tonnes en 1999 à 72 millions aujourd’hui.

Après avoir plongé pendant la pandémie en raison de l’effondrement de la demande en carburant, les cours de l’huile de palme sont orientés à la hausse . A la Bourse de Kuala Lumpur, ils ont même atteint leur plus haut niveau en 10 ans à 4.000 ringgits soit 1.000 dollars. Cette remontée s’explique d’abord par la hausse des prix de l’huile de soja, les industriels se tournant alors vers l’huile de palme. Ensuite, la production en Malaisie s’annonce moins bonne que prévu en raison d’inondations.



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