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Economie

L’économie française a détruit un demi-million d’emplois au premier trimestre 2020


La crise actuelle explose tous les records établis. Selon les données définitives publiées ce jeudi par l’Insee, l’économie française a détruit 502.400 emplois au premier trimestre, soit autant en trois mois – et, en réalité, au seul mois de mars – qu’en un an et demi au plus fort de la crise financière post-2008. Ce terrible résultat, supérieur de 10 % à la première estimation réalisée à la mi-mai, annule à peu de chose près le demi-million de postes qui a été créé en France depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017. Ce plongeon inédit de l’emploi salarié sur trois mois tranche également avec les niveaux de créations d’emplois enregistrés ces dernières années: 58.100 postes par trimestre en moyenne entre 2015 et 2020 ; et 33.200 sur toute la dernière décennie.

Ce repli de l’emploi au début de l’année a été principalement alimenté par l’effondrement de l’intérim: 318.100 postes détruits dans ce secteur sur trois mois, soit une chute inédite – là encore, en réalité, en quelques jours seulement – de 40,4 %.

Hors intérim, toutes les branches plongent: l’industrie, qui met ici fin à une série de onze trimestres d’affilée dans le vert, a détruit 11.300 postes, soit le tiers de la reconquête entamée en 2017 ; la construction, qui espérait dépasser les 100.000 emplois recréés en trois ans, en a effacé d’un trait 5600 ; et le tertiaire, qui n’avait pas connu un seul trimestre dans le rouge depuis 2013, a supprimé plus de 150.000 postes en quelques jours seulement.

Sur un an, les destructions dépassent déjà les 315.000, un niveau qui n’a été dépassé sur 12 mois glissants que deux fois depuis la création de la série statistique, fin 1971, lors de deux crises: une première fois début 1993, où le nombre de postes supprimés, lissés sur un an, a dépassé les 3 15.000 pendant trois trimestres consécutifs ; et une seconde fois début 2009, où la barre a été supérieure, pendant quelques mois, à 400.000 en rythme annuel. Reste que ce record d’emplois salariés détruits sur un an devrait être dépassé au moment de la publication des résultats pour le deuxième trimestre 2020, qui intégreront les mois d’avril et de mai de confinement total ou partiel.

Prévisions ambitieuses

Dans son troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020 présenté ce mercredi en Conseil des ministres, Bruno Le Maire table d’ailleurs sur un repli de l’emploi salarié de… 800.000 dans les prochains mois. Avec, en corollaire, un taux de chômage qui bondira au-delà des 10 % de la population active à la fin de cette année, alors qu’il avait atteint 7,8 % fin mars, son plus bas niveau depuis dix ans.

Des prévisions ambitieuses compte tenu de la violence de la crise, mais atteignables «si on se retrousse les manches, si nous nous remettons tous au travail, si nous accélérons la reprise économique», assure le ministre de l’Économie, qui table sur «un retour à la normale dès cet été». À confirmer. La Banque de France anticipe, quant à elle, un pic du taux de chômage aux alentours de 11,5 % mi-2021, soit 0,7 point de plus que le record absolu atteint mi-2014…

Un quart des emplois européens menacés

Un rapport, publié par McKinsey, chiffre à 26 % le nombre d’emplois européens menacés par la crise économique actuelle et craint un doublement du taux de chômage cette année, qui pourrait dépasser les 12 %, un record! D’après le cabinet de conseil américain, la pandémie va également accélérer la transformation de l’emploi en Europe, qui sera plus concentré géographiquement avec la moitié des postes qui seront captés par… 48 villes.

Une vague d’automatisation, déjà en cours, va en outre concerner un peu moins d’un quart des emplois existants, soit 53 millions, selon le pointage réalisé par le Français Éric Hazan, partner chez McKinsey. Sans surprise, les emplois les plus concernés par le déploiement de machines sont également ceux qui sont le plus exposés aujourd’hui à la crise, à commencer par ceux de la distribution.

Selon McKinsey, l’offre de main-d’œuvre va encore se réduire dans la décennie, de 4 % en raison du vieillissement de la population et de 2 % à cause de la baisse du temps travaillé par semaine. Enfin, 94 millions de personnes vont devoir suivre des formations spécifiques d’ici 2030 pour s’adapter à la nouvelle donne numérique de l’économie et ainsi conserver leur poste.



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