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Economie

L’économie va se rétracter de 11% en 2020


Alors que l’activité redémarre doucement en France, l’impact du choc infligé par le confinement sur l’économie se précise. Il est désormais clair que de nombreux secteurs ne se remettront pas de cette crise avant des années, voire jamais. À la suite des économistes, le gouvernement a donc revu à la baisse sa prévision de croissance. Dans le troisième projet de loi de finances rectificatif pour 2020, qui sera présenté par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin en Conseil des ministres mercredi 10 juin, l’hypothèse d’évolution du PIB a été fixée à – 11 %, du jamais vu en temps de paix.

«Cela veut dire tout simplement que le choc économique est extrêmement brutal, a expliqué le ministre de l’Économie ce mardi matin sur RTL. Cela veut dire également qu’il faut nous donner toutes les mesures pour relancer la croissance en 2021.»Parmi ces solutions figurent les plans sectoriels dédiés au tourisme, à la culture et à l’événementiel au sens large, mais aussi à l’automobile, l’aéronautique, le bâtiment et la tech, qui seront débattus dans le cadre de cette nouvelle loi de finances rectificative. Entre incitations à la consommation et aides aux entreprises, ces plans espèrent limiter l’hécatombe qui menace ces secteurs.

Bercy prépare aussi un plan de relance centré sur le soutien à l’investissement des entreprises, dont les modalités sont attendues pour fin août. «Cette relance devra refaire le lien avec notre politique économique pour l’offre, la compétitivité, l’innovation. Elle devra être coordonnée avec tous nos partenaires européens et elle devra être verte, a une nouvelle fois rappelé Bruno Le Maire, à l’Assemblée, ce mardi après-midi. Nous voulons transformer notre modèle économique. Faisons de cette crise la chance d’un rebond vert pour notre économie!»

Tous ces plans coûtent cher. Bercy ne communique pas encore les dernières estimations d’augmentation de déficit et de dette publics pour l’année. En avril, ils étaient fixés respectivement à 9 % et 115 % du PIB. Dans le sillage de la croissance, ces indicateurs seront eux aussi dégradés, la dette étant attendue autour de 120 %. Dans la loi de finances initiale votée en décembre dernier, l’exécutif tablait sur une croissance modeste de 1 %, après 1,5 % en 2019. En 2020, la croissance économique était en effet dès le départ handicapée par le mauvais dernier trimestre 2019, qui influe sur l’inclinaison de la «rampe de lancement», ou l’«acquis de croissance», de l’année suivante.

Prudence des ménages

L’estimation a ensuite été révisée, lors de la première loi de finances rectificative votée au début du confinement, fin mars, à – 1 %. À l’époque, le gouvernement espérait encore que l’activité se redresse nettement au second semestre. Puis, en avril, l’extrême violence de la crise est apparue inéluctable et l’hypothèse du rebond rapide, improbable. Le deuxième projet de loi rectificatif des finances tablait alors sur une contraction de l’activité de 8 %. La nouvelle estimation de – 11 % est plus conforme aux prévisions des économistes, qui s’inquiètent de la difficulté de la consommation à rebondir. «L’économie française a passé son point bas. Le déconfinement a engendré un regain de l’activité et de l’emploi, note Philippe Waechter, de Natixis Ostrum. Cependant, les niveaux constatés montrent encore une contraction de l’activité et une grande prudence des ménages.»



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