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Economie

L’éducation et la formation au cœur de la crise et de la reprise


Partout dans le monde, l’éducation a particulièrement souffert de la pandémie de Covid-19. Les écoles ont été fermées et beaucoup d’enfants coupés des enseignants, faute de matériel pour suivre les cours à distance ou de lieu propice au travail à la maison. Des familles à court d’argent ont parfois envoyé leurs enfants aux champs ou marié leurs adolescentes.

Une génération entière d’écoliers sera affectée, s’inquiète la Banque Mondiale, qui publiait mercredi une mise à jour de son Indice du capital humain (ICH). Celui-ci mesure la contribution de la santé et de l’éducation à la productivité de la prochaine génération d’un pays et tient compte de trois grands critères : la mortalité infantile, la qualité de l’éducation et la santé. Il avait progressé de 5% en dix ans. Mais la crise devrait annuler ces gains.

«Une question capitale aujourd’hui est : comment améliorer les connaissances ?», souligne Roberta Gatti, principal auteur du rapport. Même si l’épidémie ne dure qu’un an, ses conséquences seront durables et l’ensemble des enfants scolarisés aujourd’hui y perdront, s’inquiète-t-elle.

Formations mal ciblées

La formation est un point central de la reprise, complète Laurence Boone, cheffe économiste de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, qui publiait mercredi ses Perspectives économiques.

Globalement, moins les adultes sont qualifiés et moins ils bénéficient de formations, déplore l’économiste. Par ailleurs, dans de nombreux pays, les chômeurs y ont beaucoup moins accès que les salariés. La France est particulièrement peu efficace dans ce domaine : 60% des adultes parmi les mieux éduqués participent à des formations. Alors que cela concerne seulement 20% des travailleurs au faible niveau d’alphabétisation. Dans un groupe de dix pays parmi les plus avancés, la France arrive en queue de peloton, juste devant l’Italie et la Russie, et largement devancée par les États-Unis et la Grande-Bretagne qui arrivent en tête.

«L’action publique peut faire la différence. Les responsables doivent notamment aider les citoyens à trouver un nouvel emploi et cibler les mesures sur ceux qui ont le plus besoin d’aide». Ils doivent faire preuve de «créativité» pour développer la formation, exhorte Laurence Boone. Le document de l’OCDE propose ainsi «d’imposer une obligation de participation à une formation pour pouvoir bénéficier des subventions en cas de chômage partiel», en incitant financièrement les entreprises ou les travailleurs à le faire.

Outils en ligne

Il faudrait aussi organiser cette formation afin qu’elle soit conciliable «avec un travail à temps partiel ou avec des horaires de travail irréguliers», ce qui sera plus facile «si des sessions de formation individuelles plutôt que collectives sont dispensées, au moyen d’outils en ligne et sur une durée relativement courte«, propose le rapport . Quoi qu’il en soit, il faut «renforcer l’enseignement et la formation professionnelle pour offrir de nouvelles chances aux travailleurs licenciés, peu qualifiés ou ayant subi une réduction de leur temps de travail«, insiste le rapport.



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