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Finance

L’endettement des entreprises demeure le risque principal pour le système financier



Publié le 7 janv. 2021 à 17:18

Le risque est connu, mais il n’en reste pas moins important. La Banque de France a de nouveau alerté ce jeudi sur la dégradation de la situation financière des entreprises , ciblant l’endettement comme le principal risque pesant sur le système financier français en ce début d’année 2021.

Et ce risque pourrait encore augmenter dans les six prochains mois, selon le rapport semestriel publié par le superviseur. « L’endettement brut des sociétés non financières (SNF), qui s’est fortement accru au printemps, devrait rester élevé tant que durera la crise sanitaire », reconnaît la Banque de France.

Entre février et septembre 2020, le montant de la dette des entreprises avait augmenté de 174,5 milliards d’euros, dont 120,7 milliards pour les seuls prêts garantis par l’Etat (PGE). Depuis, il a encore progressé, alors que le PGE flirtait avec les 130 milliards fin 2020 .

Un «mur d’échéances»

Or, la Banque de France s’inquiète des effets de la deuxième vague épidémique et des mesures prises pour l’endiguer depuis cet automne, même si elles sont moins contraignantes sur l’activité économique que lors du premier confinement.

« En compliquant le remboursement des dettes contractées au printemps […], une reprise lente est de nature à dégrader fortement la situation financière des entreprises les plus fragiles (les plus endettées et/ou les plus affectées par le choc) ».

Une analyse partagée par la Confédération des PME, et l’un de ses représentants Germain Simoneau, qui prévient : « un mur d’échéances se dresse aujourd’hui devant les entreprises, et certaines auront du mal à y faire face ».

Ce risque de défaillances, qui grandit à mesure que la crise perdure et que la reprise s’annonce plus lente que prévu , est pris au sérieux par la Banque de France. « Une augmentation importante des défauts serait de nature à peser sur les résultats des banques, via une augmentation des pertes et des provisions associées au risque de crédit des entreprises », écrit-elle dans son rapport.

Bon nombre d’observateurs témoignent d’ailleurs d’un durcissement des conditions d’octroi des PGE par les banques, devenues plus regardantes depuis quelques semaines sur la situation des emprunteurs. Même si, à ce jour, la majorité de ces prêts ont été contractés par des entreprises désireuses de se constituer un matelas de trésorerie, à moindre coût.

Robustesse

Vigilante, la Banque de France n’est pas pour autant alarmiste sur la situation des établissements financiers . « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour les banques françaises : leur solvabilité reste élevée et solide », rappelle Sylvie Goulard, la sous-gouverneure de l’institution.

Le ratio CET 1 moyen des banques françaises, qui permet de mesurer la solidité financière, n’a cessé de progresser malgré la crise pour s’établir à 15 % au troisième trimestre 2020.

Pour autant, les établissements financiers devront continuer à gérer un autre risque, également identifié par la Banque de France : celui de la persistance des taux bas. « Sur le long terme, c’est une préoccupation qu’il faut garder en tête, car cela limite les revenus, érode la rentabilité et peut donc obérer les capacités à constituer des coussins de sécurité importants pour les banques », juge Jean Boissinot, conseiller des gouverneurs de l’institution. Malgré la nouvelle année, les défis sont loin d’avoir disparu pour les banques.



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