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Economie

l’équivalent de 255 millions d’emplois à temps plein détruits en 2020


Cette proportion est quatre fois plus élevée que pendant la crise de 2009, souligne l’OIT.

La crise sanitaire du Covid provoque des dommages économiques et sociaux conséquents. La mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie, les mesures de restriction imposées dans de nombreux pays, ont eu un «impact massif» sur l’emploi, a commenté, lundi, Guy Ryder, directeur général de l’Organisation internationale du travail. Les derniers chiffres de l’OIT montrent que sur l’année 2020, 8,8% des heures de travail dans le monde ont été perdues, ce qui équivaut à 255 millions d’emplois à temps plein. Un nombre quatre fois plus élevé que pendant la crise financière de 2009.

Ces heures de travail perdues concernent pour moitié des personnes occupant un emploi, qui ont été mises au chômage partiel. L’autre moitié recouvre des pertes d’emplois sèches, totalisant 114 millions par rapport à 2019, un «niveau sans précédent», alerte l’OIT. La différence atteint même 144 millions en comparant avec la trajectoire d’avant pandémie.

L’impact diffère selon les régions. C’est en Amérique latine que le nombre d’heures perdues a été le plus important (16,2%), en particulier au Brésil et au Mexique, ainsi qu’en Europe du Sud (12,3%), surtout en Italie et Espagne.

Une évolution «très préoccupante», a insisté Guy Ryder, 71% de ces pertes d’emplois (total de 81 millions) relèvent de l’inactivité plutôt que du chômage, ce qui signifie que ces personnes ont quitté le marché du travail souvent par découragement. Résultat, le taux de participation à la force de travail a reculé de 2,2% à 58,4%. Quant au nombre de chômeurs, il a grossi de 33 millions, provoquant une hausse de 1,1% du chômage qui atteint 6,5% à l’échelle mondiale.

Les femmes et les jeunes très touchés

En termes de secteurs, c’est dans la restauration et l’hébergement que l’impact est le plus fort avec une baisse de 20% de l’emploi, suivi du commerce, de la construction… Alors que d’autres secteurs, typiquement dans les services hautement qualifiés – l’OIT mentionne information, communication, finance, assurance – ont connu des hausses d’emploi. Ce qui risque encore d’accroître les inégalités entre les pays et entre les personnes.

La crise du Covid frappe davantage les femmes, les jeunes, les personnes peu qualifiées et les travailleurs indépendants. Les pertes d’emplois s’élèvent à 5% pour les femmes contre 3,9% pour les hommes, avec un risque plus important de se retrouver inactives. La proportion est aussi plus importante pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans – 8,7% contre 3,7% pour les adultes – qui rencontrent plus de difficultés à entrer sur le marché du travail ou quittent la vie active. «Cela met en évidence le risque plus que jamais réel d’une génération perdue», alerte l’institution basée à Genève.

Ces pertes d’emploi ont entraîné une baisse globale de 8,3% des revenus du travail, avant la prise en compte des mesures de soutien, ce qui représente 4,4% du PIB mondial, soit 3700 milliards de dollars. C’est en Amérique que le recul est le plus fort, à 10,3%, à l’inverse de l’Asie et du Pacifique, régions les moins touchés (6,6%).

Encore 90 millions d’équivalent temps plein perdus en 2021

Quelles sont les perspectives pour 2021? L’OIT note qu’en ce début d’année, 93% des travailleurs dans le monde vivent dans des pays qui appliquent encore des restrictions. Preuve que le virus est encore très actif. Les perspectives d’une reprise économique vigoureuse au deuxième semestre restent très incertaines, sous-tendues à l’évolution sanitaire. Elle risque aussi d’être très inégale entre les pays, ce qui va se ressentir sur l’emploi. Dans son scénario central, l’OIT anticipe encore une perte des heures travaillées, de 3%, équivalent à 90 millions d’emplois à temps plein. La vision plus pessimiste prévoit 4,6% – 130 millions – contre 1,3% en cas de reprise plus vigoureuse – 36 millions.

Alertant sur les conséquences sociales, le creusement des inégalités, Guy Ryder a lancé un appel aux gouvernements, sur le maintien des politiques macroéconomiques: stimulus budgétaire, soutien des revenus, et de la protection sociale. En ciblant les populations les plus exposées: les femmes, les jeunes, les moins qualifiés. «Il faut aussi une approche sectorielle», a-t-il précisé.



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