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Finance

« Les actions européennes sont bien placées pour bénéficier de la reprise mondiale »



Publié le 6 avr. 2021 à 12:28Mis à jour le 6 avr. 2021 à 12:44

Le CAC 40 a dépassé son pic d’avant-crise. Il s’inscrit en hausse de près de 10 % cette année, alors même que la situation sanitaire se détériore. Comment expliquez-vous son dynamisme ?

Les marchés européens, dont le CAC 40, ont le profil idéal dans l’environnement macroéconomique actuel. Le contexte a changé du tout au tout depuis la crise. Avec leur orientation très industrielle et un poids encore significatif des valeurs financières, les Bourses européennes sont bien placées pour bénéficier du rebond de la croissance mondiale. A l’inverse, durant la décennie qui a suivi la crise financière, l’économie mondiale était caractérisée par une croissance molle et une inflation atone, un contexte plus favorable aux valeurs technologiques et de croissance, peu présentes dans les indices européens, au contraire du S & P 500 et du Nasdaq américains.

Le président américain Joe Biden a présenté un plan d’investissement dans les infrastructures de 2.250 milliards de dollars, quelques semaines après avoir passé un plan de relance de 1.900 milliards. L’Europe ne risque-t-elle pas d’être dépassée ?

Il y a clairement moins de moyens budgétaires mis en oeuvre en Europe pour redresser l’économie. Au total, les mesures prises par les Etats-Unis depuis le début de la crise s’élèvent à près de 25 % du PIB. Le gouvernement américain a décidé de tout faire pour amortir le choc de la crise et relancer au plus vite l’activité. Mais même si l’élan économique vient des Etats-Unis, les valeurs boursières européennes sont les plus à même d’en profiter. Les bénéfices devraient d’ailleurs rebondir très fortement sur le Vieux Continent cette année, davantage qu’outre-Atlantique. Par ailleurs, la remontée des taux d’intérêt américains, corollaire à l’importante relance budgétaire, pèse principalement sur les valeurs de croissance , au poids bien plus important à Wall Street qu’en Europe.

Le CAC pourrait-il revisiter ses plus hauts historiques ? Quels sont les principaux risques qui pèsent sur la Bourse de Paris ?

Tout est possible, nous évoluons dans un contexte totalement inédit. Les anticipations de croissance pourraient encore être revues à la hausse, ce qui serait naturellement favorable aux actions européennes. Mais l’environnement est également plus volatil. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle dégradation de la situation sanitaire ou de retards supplémentaires des campagnes de vaccination qui remettraient en cause le rythme de la reprise. A l’inverse, il y a un risque de dérapage des anticipations d’inflation si le plan d’investissement dans les infrastructures de Joe Biden était voté en l’état. Après tout, les chefs d’entreprise commencent déjà à se plaindre des hausses de prix des matières premières et des produits intermédiaires. Le risque serait de voir les marchés se mettre à douter de la capacité de la Fed à maintenir une politique monétaire très accommodante face à une accélération de l’inflation, quand bien même elle serait transitoire.



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