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Economie

Les alternatives aux emballages plastiques sont plus gourmandes en eau


Achat en vrac, service à la coupe, consignes pour réemploi… ces alternatives aux emballages plastiques ne seraient pas 100% bénéfiques à l’environnement selon l’étude «Le plastique, ça n’emballe plus ?» réalisée par le groupe EY avec le soutien de WWF France, ONG de défense de l’environnement.

Basée sur un panier moyen de 9 produits ménagers, l’étude compare les impacts environnementaux d’un panier initial, qui contient principalement des emballages plastiques, à ceux d’un panier alternatif, composé d’emballages ré-employables. Au total, pour la population française sur un an, le panier alternatif produit 49 millions de mètres cubes d’eau de plus que le panier initial, soit la quantité d’eau consommée par 1 million de foyers français chaque année.

Eric Mugnier, responsable du pôle Études environnement et développement durable d’EY, explique d’où vient cette augmentation massive de consommation d’eau: «la consigne pour le réemploi, utilisée pour deux produits du panier, nécessite un nettoyage régulier. Or, il faut en moyenne un litre d’eau pour nettoyer un contenant d’un litre. Dans le cadre de l’étude, nous sommes allés plus loin en prenant en compte tout le processus du traitement de l’eau, portant à 20 litres la quantité d’eau puisée dans le milieu naturel nécessaire au nettoyage du même contenant.»

-96% de plastique grâce aux alternatives

Les alternatives au plastique restent très intéressantes pour limiter les impacts des emballages sur l’environnement, selon l’étude. Elles permettraient de réduire de 3 millions de tonnes les émissions de gaz à effet de serre et de supprimer 96% de plastique du panier initial chaque année et à l’échelle nationale. «La suppression du transport et du processus de fabrication des emballages plastique explique ces réductions colossales», détaille Eric Mugnier. Il indique tout de même qu’il faudrait pousser cette étude à un plus grand nombre de produits pour plus de précision.

Il faut également prendre en compte que «toutes les alternatives ne se valent pas, et dépendent du produit emballé». Les pâtes, gâteaux ou surgelés achetés en vrac n’augmentent pas la consommation d’eau, car ils sont contenus dans des sachets qui n’ont pas besoin d’être lavés. «L’alternative qui pose problème, c’est la consigne pour réemploi, dont le nettoyage n’est pas optimisé», affirme le responsable d’EY.

Une optimisation qui passerait par un nettoyage à l’échelle industrielle selon lui, contrairement au nettoyage à l’échelle individuelle qui consomme beaucoup plus d’eau. «Or, pour développer le nettoyage à l’échelle industrielle, il faut aller vers une homogénéisation des emballages», explique Eric Mugnier. «Si à chaque produit, peu importe sa marque, est associé un emballage standard, il sera plus simple pour les usines de nettoyage de contenants de laver un grand nombre de consignes en même temps.»

Fin du plastique jetable en 2040

L’étude EY-WWF s’inscrit dans un mouvement «politique et sociétale contre le plastique à usage unique», raconte le responsable EY, concrétisé par l’entrée en vigueur de la loi antigaspillage pour une économie circulaire (AGEC) le 10 février dernier. Elle prévoit entre autres le déploiement de dispositifs de vrac en 2021, et la fin de tous les emballages plastiques à usage unique d’ici 2040. «Trouver des alternatives au plastique réellement respectueuses de l’environnement est essentiel pour assurer cette transition

De son côté, la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) a lancé le 23 septembre un outil qui permet de trouver l’emballage le plus adapté au produit et le plus respectueux de l’environnement. Baptisé SPICE Tool («Sustainable Packaging Initiative for Cosmetics», ou «Initiative pour des Packagings Durables en Cosmétique» en français), «ce dispositif prend en compte 16 critères environnementaux sur lesquels se base la comparaison entre plusieurs emballages pour un même produit», explique Patrick O’Quin, président de la FEBEA.

Cet outil, pour l’heure seulement accessible aux entreprises de cosmétiques, «a vocation d’être déployé sur tous les secteurs». Patrick O’Quin anticipe: «on espère qu’un jour, si Ikea se demande ce qui est le mieux entre le carton et le plastique réutilisable pour emballer son kit, il utilise cet outil.»



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