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Finance

Les banques européennes face aux risques croissants d’impayés



Publié le 28 juil. 2020 à 17h26Mis à jour le 28 juil. 2020 à 17h31

Les chiffres seront scrutés à la loupe. Ce mercredi, Deutsche Bank inaugure le bal des publications de résultats trimestriels pour les grandes banques de la zone euro.

La première banque allemande a d’ores et déjà prévenu qu’elle allait gonfler le montant des provisions financières, cet argent mis de côté pour faire face à la crise du coronavirus. Après avoir provisionné 500 millions d’euros au premier trimestre, Deutsche Bank a déjà averti que ce montant s’élèverait à 800 millions pour le deuxième trimestre, du jamais vu depuis dix ans du côté de Francfort.

C’est la tonalité générale qui se dessine pour le secteur en Europe. Les publications du deuxième trimestre permettront de mieux cerner l’impact de la crise et de la période de confinement généralisé sur l’activité des banques.

« Un trimestre compliqué »

Le montant des provisions financières pour faire face aux défauts de paiement des clients devrait ainsi à nouveau enfler, dans des proportions plus ou moins fortes selon la politique de risque de chaque établissement.

Selon les analystes de Citigroup, il s’élèvera à 23 milliards d’euros au deuxième trimestre (en incluant les banques britanniques et suisses), soit à peu près autant que pour les trois premiers mois (25 milliards).

Cela reste néanmoins inférieur aux 61 milliards de dollars (soit 52 milliards d’euros) provisionnés par les cinq plus grandes banques américaines , très inquiètes quant aux conséquences de la pandémie sur l’économie américaine.

« C’est un trimestre compliqué à nouveau pour les banques. Plusieurs établissements ont même prévenu que ce pourrait être le pire de l’année », commente Jon Peace, analyste chez Credit Suisse.

Le coût du risque devrait rester élevé, alors que « les prévisions macroéconomiques se sont dégradées depuis la fin mars », rappelle l’expert dans une note publiée début juillet. Le risque de défaut de clients et donc d’impayés va en effet croissant, même si les plans de soutien des différents gouvernements ont permis de maintenir à flot de nombreuses entreprises.

Prudente, la BCE a d’ailleurs recommandé ce mardi aux établissements de la zone euro de suspendre les versements de dividendes et les rachats d’actions d’ici à la fin de l’année, afin de « préserver la capacité des banques à absorber des pertes et de soutenir l’économie ».

Bonne tenue des marchés

La facture de la crise pourrait s’avérer très lourde pour les banques européennes. Selon une étude publiée par le cabinet d’études Oliver Wyman, elles pourraient subir entre 400 et 800 milliards d’euros de crédits impayés d’ici à trois ans, selon la vitesse de reprise de l’économie sur le Vieux Continent, et perdre jusqu’à 30 milliards d’euros de revenus.

La bonne nouvelle pourrait néanmoins venir ce trimestre des activités de banques d’investissement. Les analystes prévoient des revenus en hausse, grâce à la bonne tenue des marchés sur le trimestre, sans toutefois égaler les performances des banques de Wall Street , dont le chiffre d’affaires du trading a grimpé en moyenne de 70 %. De ce côté-ci de l’Atlantique, Deutsche Bank, Barclays, Credit Suisse et BNP Paribas pourraient faire partie des bons élèves de la banque d’investissement.

En revanche, les françaises Société Générale et Natixis devraient à nouveau publier des chiffres décevants, à cause de leurs activités de produits structurés. Les deux banques « semblent avoir été à nouveau sévèrement touchées par des coûts de couverture élevés et l’impact de l’annulation des dividendes », écrivaient les analystes d’UBS dans une récente note.



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