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Finance

Les banques françaises ont profité des prêts géants de la BCE en 2020



Publié le 17 févr. 2021 à 11:54Mis à jour le 17 févr. 2021 à 13:26

Un coup de projecteur inédit. Les banques françaises ont précisé, à l’occasion de leurs résultats annuels, les montants empruntés l’an dernier auprès de la Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre d’un programme de prêts géant («TLTRO3 »).

A fin 2020, BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE, les quatre qui ont à ce jour publié leurs résultats, ont ainsi emprunté 379 milliards d’euros dans le cadre de ce programme aux conditions très attractives : ces prêts étant accordés à taux négatifs, ils génèrent des revenus pour les banques.

BPCE indique ainsi dans ses comptes consolidés que « la dette liée au refinancement à long terme TLTRO3 auprès de la BCE » s’élève à 81,5 milliards d’euros à fin 2020, et « a donné lieu à la comptabilisation d’un produit d’intérêt dans le poste intérêts et produits assimilés».

Outre BPCE, le groupe Crédit Agricole est – à proportion de sa taille – le plus gros souscripteur de TLTRO3, avec 133 milliards d’euros d’encours à fin 2020. Suit BNP Paribas, avec 101,8 milliards d’euros, ainsi que Société Générale à hauteur de 62,6 milliards d’euros.

Les banques peuvent compter sur un taux négatif de -1 % en vertu des règles du jeu fixées par la BCE : ce taux préférentiel est accordé aux établissements ayant au moins maintenu leurs encours de prêts aux entreprises et aux ménages entre juin 2020 et juin 2021.

Un calcul très complexe

Les banques se montrent confiantes dans l’atteinte de ce critère. Elles devraient donc en théorie toucher plusieurs centaines de millions d’euros de produits d’intérêt complémentaires entre 2020 et 2021.

« C’est un apport non négligeable aux revenus des banques pour 2020, pointe un analyste. Cela ne fait pas toute l’histoire, mais dans un environnement de taux bas c’est quelque chose qui permet de protéger les marges ».

« Ce taux est accordé en échange d’une prise de risque consentie par les banques pour accorder des prêts, dans le cadre d’une politique monétaire plus large », relativise un expert, qui réfute l’idée qu’il s’agirait d’un « cadeau » au secteur.

Un tel débat avait eu lieu lors de la crise de la dette souveraine, en 2011 et 2012, certaines banques ayant été soupçonnées d’emprunter à peu de frais des liquidités auprès de la BCE pour ensuite investir dans des actifs financiers, dans une technique dite de «carry trade».

Reste que ce calcul – que les banques ne communiquent pas – reste complexe à réaliser. L’assiette sur laquelle s’applique ce taux de -1 % est mouvante. L’encours à fin 2020 s’est constitué progressivement depuis juin 2020 et ne va pas forcément rester stable.

Autre subtilité : si, par exemple, la banque n’utilise que 80 % de cette ressource pour accorder des prêts, les 20 % non employés sont replacés par l’établissement sur le « compte courant » qu’elle détient à la banque centrale. Or, les excédents de liquidité des banques auprès de la BCE subissent un taux négatif de 0,5 %, partiellement compensés par un mécanisme dit de « tiering » .

Gagnants et perdants

Pour identifier les gagnants et les perdants, il faudrait au moins calculer «en net», explique Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

Selon ses calculs, l’Italie est la grande bénéficiaire de ces politiques (avec 2,77 milliards d’euros de gains net pour les banques), la France n’arrivant qu’en sixième position (avec 243 millions). Le système, en revanche, pénalise les banques allemandes à hauteur de 755 millions d’euros.



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