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Finance

Les banques françaises très exposées au pétrole et gaz de schiste américain



Certes, elles font mieux que leurs homologues américaines. Mais les banques françaises sont loin d’être alignées sur les objectifs fixés par l’accord de Paris visant à limiter à 1,5°C la hausse des températures mondiales d’ici la fin du siècle. Selon une étude publiée ce mercredi par les ONG les Amis de la terre et Reclaim Finance, quatre d’entre elles sont en effet fortement impliquées dans le financement du pétrole et du gaz de schiste nord-américain.

« La croissance prévue de l’industrie du schiste menace à elle seule le respect des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, c’est une bombe climatique », rappelle Lucie Pinson, fondatrice et directrice de Reclaim Finance, qui a scruté les financements et les investissements des banques françaises. Alors que les cours du pétrole sont au plus bas, c’est aussi une bombe financière.

24 milliards de financement

Selon les ONG, Société Générale, Crédit Agricole, BPCE et BNP Paribas ont ainsi financé à hauteur de 24 milliards de dollars la production (5,8 milliards de dollars), le transport (6,5 milliards) et les exportations (11,6 milliards) de pétrole et gaz de schiste américain et canadien depuis 2016. Et ce alors que certaines banques, comme BNP Paribas, ont promis de cesser leurs collaborations avec les entreprises principalement actives dans ces énergies fossiles délétères pour la planète. Une ambition saluée à l’époque par ces mêmes ONG. 

Société Générale se place en tête avec, à elle seule, 10,9 milliards de dollars de financement aux pétrole et gaz de schiste nord-américain. Soit presque le double de Crédit Agricole (6 milliards de dollars), le second du classement. La grande spécialité de la banque de la Défense est le financement de projet, notamment dans le domaine des infrastructures de transport et d’exportations.

Forte exposition à la chute du pétrole

Plus inquiétant encore, selon les ONG : le secteur financier français dans sa globalité (banques mais aussi gérants d’actifs et investisseurs) détenait en mars 12 milliards de dollars d’investissements dans les 75 entreprises cotées en Bourse et prévoyant la plus forte production de gaz et de pétrole de schiste d’ici 2050 à partir de puits aujourd’hui non ouverts.

« Au moment où cette industrie paraît au bord de la faillite et où l’urgence climatique exige une action immédiate, il serait complètement irresponsable que la finance française continue à miser sur son sauvetage et la reprise de son développement sauvage », souligne Lorette Philippot, chargée de campagne finance privée aux Amis de la terre.

Mardi, le baril américain de WTI pour juin cotait 25,78 dollars à New York. Selon une étude publiée fin mars par la Réserve fédérale de Dallas, les producteurs de pétrole de schiste ont besoin, selon les régions, d’un cours entre 23 et 30 dollars le baril de WTI pour couvrir leurs dépenses d’exploitation. Voire de 50 dollars pour forer de nouveaux puits.

L’avenir du pétrole pourrait être, au moins encore pour un temps, peu reluisant : le patron du géant pétrolier BP, Bernard Looney, a lui même affirmé qu’il ne fallait pas exclure une chute de la demande sur une durée prolongée.



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