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Finance

Les banques reprennent les versements de dividendes



Promesse tenue. Depuis la fin du mois de mai, les grandes banques françaises ont, comme annoncé lors des résultats annuels, recommencé à verser des dividendes à leurs actionnaires, une première depuis 2019, qui n’est pas pour rien dans le redressement des valeurs bancaires depuis le début de l’année.

« Un aspect attractif du secteur, c’est sa capacité à verser des dividendes régulièrement. On attend tous que les restrictions sur la distribution soient levées cet été », indique Flora Bocahut, analyste chez Jefferies. De fait, les banques sont devenues des valeurs de rendement, pour lesquelles le dividende joue un rôle clef.

Totalement interrompus en 2020 – en raison des recommandations de la Banque centrale européenne (BCE) sur fond de crise économique et sanitaire – les versements restent encore très contraints. Et cela au moins jusqu’en septembre prochain.

La règle pourrait évoluer

Mercredi, Crédit Agricole SA (CASA) procédera ainsi au paiement de son dividende 2021 (au titre de 2020) – selon le choix des actionnaires en cash ou sous forme d’actions nouvelles – en vertu d’un dispositif complexe permettant de remercier les investisseurs pour leur patience, tout en restant dans les clous de la BCE.

Mission accomplie également pour Natixis, qui a versé un dernier dividende à ses actionnaires le 4 juin (0,06 euro) avant son probable retrait de la cote , tout comme BNP Paribas qui a renoué avec la distribution le 26 mai dernier. Société Générale a réglé le sien le 27 mai.

La règle européenne en vigueur veut que le dividende versé en 2021 corresponde soit à 15 % des bénéfices cumulés de 2019 et 2020, soit à 0,2 % des fonds propres durs (CET1), le plus petit montant devant être retenu.

Mais il se peut qu’elle évolue prochainement, comme l’a suggéré fin mai le gouverneur de la Banque de France . « Les restrictions sur les dividendes pourraient et devraient être levées dès septembre prochain », a expliqué François Villeroy de Galhau estimant qu’il en va « de l’attractivité de nos institutions financières dans un contexte de concurrence internationale exacerbée ».

Scepticisme persistant

« Nous ne voyons aucune raison logique de maintenir ces garde-fous, compte tenu de l’amélioration des perspectives macroéconomiques », abonde Stuart Graham, chez Autonomous Research, qui remarque toutefois un « scepticisme » persistant chez les investisseurs « quant au moment et à l’ampleur » de la reprise des paiements.

En attendant, les banques rusent. Pour compenser la création d’actions nouvelles servant à payer en partie son dividende, notamment aux 39 caisses régionales et les salariés actionnaires, Crédit Agricole a annoncé un programme de rachat d’actions de 560 millions d’euros.

Pour BNP Paribas, l’objectif est de parvenir à un versement de 50 % de son résultat 2020 (son taux de distribution habituel) : le groupe a ainsi versé 21 % du résultat de l’an dernier, et envisage 29 % supplémentaires en cas de levée des restrictions, en numéraire ou sous forme de rachat d’actions.

Autre exemple : Société Générale, qui a pourtant affiché des pertes nettes au titre de 2020 , s’est basé sur son résultat « sous-jacent » pour justifier des versements cette année.

Ruser pour distribuer

La priorité des banques est de fidéliser les actionnaires. « La politique de distribution du groupe sera revue dans le cadre du prochain plan stratégique 2025 », a déjà indiqué BNP Paribas lors de son assemblée générale. Les banques de la zone euro distribuent en moyenne la moitié de leurs résultats.

Avec d’importantes réserves de fonds propres, certains banquiers imaginent déjà des taux de distribution futurs bien au-delà de 50 %. Reste à voir si les superviseurs partageront cette analyse, et ne préféreront pas voir les banques conserver leurs réserves, pour anticiper de nouvelles crises.



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