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Finance

Les Bourses européennes partagées entre doute et optimisme



Publié le 24 avr. 2021 à 10:20

Trop haut, trop vite ? Les Bourses européennes ont repris leur souffle ces derniers jours après avoir grimpé à de nouveaux sommets. Le retour violent de l’épidémie dans les pays émergents , la lenteur des campagnes de vaccination et la perspective d’une hausse de la fiscalité sur le capital aux Etats-Unis ont pesé sur le sentiment des investisseurs. L’indice paneuropéen STOXX 600 a subi sa première baisse hebdomadaire (-0,8 %) en deux mois, tandis que le CAC 40 reculait de 0,47 %, mettant un terme à trois semaines consécutives de hausse.

« Les valorisations des actions mondiales semblent en effet tendues, les multiples atteignant les niveaux les plus élevés depuis le boom des dot com », souligne Emmanuel Cau de Barclays. Il faut dire que la vitesse à laquelle les marchés européens ont retrouvé des couleurs a surpris les professionnels. Le STOXX 600 demeure proche de son record historique, inscrit il y a une semaine à peine, et le CAC 40 évolue toujours à ses plus hauts niveaux depuis l’an 2000. La plupart des indices européens sont en hausse de plus de 10 % depuis le début de l’année et ont déjà atteint les objectifs des analystes pour l’année.

Le luxe moteur du CAC 40

Pour autant, « les craintes concernant un krach des marchés ne sont pas justifiées », estime Patrick Guérin de Bordier et Cie. « Des corrections temporaires sont normales et ne remettent pas en cause la dynamique haussière », ajoute-t-il. « Tant que les résultats d’entreprises sont au rendez-vous, il n’y a pas de raison que les marchés ne continuent pas de grimper », insiste-t-il. Les attentes sont élevées : les analystes comptent sur une hausse de 53 % des bénéfices des entreprises européennes cette année. Mais les premières publications ont rassuré les investisseurs, en particulier dans le secteur du luxe.

LVMH (propriétaire du groupe Les Echos-Le Parisien), Kering ou Hermès : les poids lourds du CAC 40 ont démontré leur capacité à rebondir avec des ventes dépassant déjà le niveau d’avant-crise au premier trimestre. Les consommateurs asiatiques et américains se sont jetés sur les produits de luxe, à défaut de pouvoir dépenser leur argent à l’étranger. Les ventes en Asie ont tiré l’ensemble du secteur : +94 % sur un an pour Hermès, +86 % pour LVMH et + 83 % pour Kering. Les grands groupes du luxe ont également su tirer parti de l’essor de l’e-commerce, qui représente désormais une part significative de leurs revenus.

De quoi porter le secteur à des plus hauts historiques. Kering, L’Oréal, Hermès et LVMH ont tous ont inscrit de nouveaux records au cours des derniers jours. LVMH s’est vu conforté en tant que première capitalisation européenne, avec une valorisation proche des 320 milliards d’euros. Hermès est pour sa part passé devant Sanofi au sein du CAC 40, avec une valorisation de plus de 110 milliards d’euros. Le trio de tête de l’indice parisien, LVMH, L’Oréal et Hermès, est désormais entièrement issu du secteur du luxe, véritable moteur de la Bourse de Paris. Kering n’est pas très loin, sixième capitalisation de l’indice derrière Sanofi et Total, à 80 milliards d’euros.

Les rachats d’actions en soutien

L’amélioration de la profitabilité des entreprises européennes leur permet par ailleurs de rendre davantage de capitaux aux actionnaires. Les rachats d’action sont ainsi repartis à la hausse depuis le début de l’année, une tendance qui devrait s’accélérer au cours des mois à venir. Déjà, plusieurs grands groupes cotés à Paris ont annoncé le lancement de nouveaux programmes, dont Atos, Vinci, ArcelorMittal ou encore Legrand.

Dernièrement, Carrefour a annoncé le rachat de 500 millions d’euros de ses propres actions après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes, son premier programme en dix ans . L’Oréal pourrait pour sa part dépenser jusqu’à 1,2 milliard d’euros entre mai et juin pour acquérir jusqu’à 3 millions de titres (0,5 % de son capital). La palme revient toutefois à LVMH. Le groupe de luxe va proposer à ses actionnaires de l’autoriser à racheter jusqu’à 10 % de son capital à un prix maximum de 950 euros par actions, soit un engagement pouvant atteindre près de 50 milliards d’euros.

Autant d’opérations qui devraient entretenir la dynamique positive des marchés européens au cours des mois à venir. D’une part, les achats d’actions par les entreprises constituent un facteur de soutien significatif pour les cours. D’autre part, en réduisant le nombre d’actions en circulation, ces opérations permettent d’augmenter mathématiquement les bénéfices par action, une métrique suivie de près par les professionnels.

Les marchés actions du Vieux Continent peuvent encore surprendre, selon Jeanne Asseraf-Bitton de Lyxor : « nous vivons un rebond inédit, il n’y a pas de repères historiques auxquels se référer ». Les actions européennes peuvent rapporter jusqu’à 9 % d’ici un an, dividendes inclus, avance-t-elle. « Tout a beaucoup monté, mais il y a encore de la marge de progression avec deux ou trois trimestres de forte activité devant nous sans que les Banques centrales ne réduisent leur soutien », insiste-t-elle.



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