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Economie

Les camemberts portant l’étiquette «fabriqué en Normandie» n’auront plus leur place dans les rayons


Depuis le 1er janvier, seule la mention camembert «de Normandie» répondant à une appellation d’origine protégée est autorisée, mettant fin à un conflit de deux ans entre industriels et producteurs.

Des camemberts «fabriqué en Normandie» ou «de Normandie», le doute n’est plus permis. Une décision de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) interdit depuis le 1er janvier d’écrire «fabriqué en Normandie» sur les étiquettes de ce fromage le plus consommé en France.

L’objectif : éviter toute confusion avec les camemberts dits «de Normandie» qui bénéficient eux de l’appellation d’origine protégée (AOP) depuis 1996 et qui répondent donc à un cahier des charges avec notamment l’utilisation de «lait cru moulé à la louche» et non pasteurisé comme c’est le cas pour les camemberts «fabriqués en Normandie» des industriels. «L’étiquetage des produits ne doit pas être de nature à induire en erreur le consommateur et de nature à usurper des appellations d’origine protégées et des indications géographiques protégées», explique la DGCCRF dans un avis publié dans son bulletin officiel en juillet dernier. Elle a ainsi laissé aux industriels jusqu’au 31 décembre pour «mettre en conformité leurs étiquetages». Elle rappelle également que la dénomination géographique «camembert de Normandie» est protégée «au niveau européen et au niveau national».

Seules les étiquettes portant la mention : camemberts «de Normandie» AOP seront donc autorisées, signant la victoire des petits producteurs. «Le mot Normandie est un argument de vente qui parle aux consommateurs qui recherchent un camembert fabriqué dans cette région. Or, celui dit ‘fabriqué en Normandie’ ne respectait pas le cahier de charge si ce n’est qu’il était fabriqué dans des usines situées en Normandie, contrairement au camembert AOP», explique l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao). Rattaché au ministère de l’Agriculture, il assure la gestion des signes officiels de l’origine et de la qualité en France (AOP, IGP, STG, label rouge, agriculture biologique). Début 2020, 9 camemberts sur 10 étaient commercialisés sous la mention «fabriqué en Normandie» soit 60.000 tonnes par an, contre 6000 tonnes pour ceux dits «de Normandie». L’institut se réjouit de cette décision qui va permettre aux «producteurs de valoriser leurs camemberts sans souffrir de cette concurrence déloyale». «Il était important de faire respecter ce produit, ce nom et de faire cesser cette usurpation pour que l’AOP puisse se développer et être défendue», explique-t-il au Figaro.

Echec de l’entente entre industriels et producteurs

Une concertation lancée en 2018 s’était soldée par un échec en janvier dernier. Producteurs et industriels, dont ceux appartenant au Syndicat normand des fabricants de camemberts (SNFC) n’étaient pas parvenus à s’accorder sur la création d’une grande appellation d’origine protégée (AOP) régionale qui devait faire cohabiter sous le même label les deux types de camemberts malgré leurs processus de fabrication très différents. «L’Inao avait rassemblé autour de la table l’ensemble des acteurs de l’appellation AOP du camembert de Normandie et ceux portant la mention ‘fabriqué en Normandie’ pour trouver terrain d’entente. Mais les industriels n’ont pas voulu de cette évolution du cahier des charges ce qui nous a conduits à cet ultimatum afin de faire cesser cette mention», regrette l’institut. Du côté des producteurs également, ces nouvelles règlent étaient mal perçues. Défendant le savoir-faire du camembert «de Normandie», le député MoDem du Loiret Richard Ramos et la présidente de l’association Fromages de Terroirs, Véronique Richez-Lerouge avaient distribué, le 13 mars 2019, 577 camemberts aux députés, sur lesquels on pouvait lire : «Non au camembert pasteurisé. Oui au lait cru pour tous». « En ouvrant la porte au volume, à la standardisation et donc à la médiocrité, nous dévoyons l’esprit de nos appellations d’origine», avait fustigé Véronique Richez-Lerouge auprès de Ouest-France .

Dernière tentative pour espérer contrer la décision de la DGCCRF, le SNFC a tenté un recours devant le Conseil d’État. En vain, ce dernier l’a rejeté le 24 décembre dernier. Reste à savoir si cette décision finale sera finalement appliquée sans résistance ou si ce n’est là qu’un nouvel épisode de la guerre du camembert.

» VOIR AUSSI – Bonnes manières #2 : comment bien déguster le foie gras et le fromage



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