Image default
Finance

Les commerçants en première ligne après la faillite de Wirecard



Après la sidération, les questions. Tous les acteurs de la chaîne des paiements tentent d’évaluer les conséquences de la faillite de Wirecard aussi soudaine que retentissante. En premier lieu, les commerçants, principaux clients du groupe allemand, qui est chargé de collecter le produit de leurs ventes.

La question concerne notamment des clients français dont Leroy Merlin ou Air France. En effet, un établissement de paiement comme Wirecard fonctionne avec un compte de « cantonnement », sur lequel le produit de la vente du commerçant est placé dans l’attente du virement effectif dans un délai d’un à dix jours. A l’échelle de Wirecard, ces comptes peuvent s’élever à quelques centaines de millions d’euros.

Restitution des comptes cantonnés

Les commerçants auront donc à coeur de récupérer ces fonds cantonnés, tout comme leur garantie financière (rolling reserve), prélevée par le fournisseur de services de paiement (PSP) pour se garantir des impayés. Mais cette garantie risque de n’être jamais remboursée. Pour mémoire, et toutes proportions gardées, la néobanque Morning a vu son agrément retiré en France en 2016 pour avoir puisé dans des comptes cantonnés.

Surtout les commerçants auront pour priorité de changer de prestataires de services, aiguillonnés par l’idée que leurs fonds pourraient ne pas leur être restitués. « Les commerçants peuvent se retourner d’autant plus facilement vers d’autres prestataires de paiement que Wirecard évolue dans l’univers du online, qui est plus aisé pour effectuer une bascule que celui des terminaux physiques », explique un spécialiste de la monétique.

En clair, les déboires de Wirecard devraient profiter aux concurrents, surtout à ceux qui bénéficient d’un historique, comme Worldline Ingenico ou l’italien Nexi. L’écosystème du paiement ne devrait pas trop souffrir en lui-même. En effet, Wirecard était en bout de chaîne, dans l’acceptation du commerçant, et au non au coeur des infrastructures ou de l’interbancarité.

Orange Bank se montre rassurant

En revanche, « la question de la rupture de service pour le consommateur peut se poser pour certaines néobanques ou fintechs », souligne un responsable monétique. Wirecard est de fait très engagé comme émetteur de cartes en marque blanche, auprès des néobanques ou d’opérateurs télécoms, comme O2 en Grande-Bretagne ou Orange en France. Pour ces acteurs, il est plus difficile de changer du jour au lendemain de fournisseur.

Orange Bank, qui travaille notamment sur le paiement mobile sans contact avec Wirecard, se veut cependant rassurant. « Nous ne sommes pas inquiets en ce qui concerne la continuité des opérations. Les solutions techniques continuent de fonctionner, affirme Paul de Leusse, le directeur général de la banque.

La filiale bancaire de l’opérateur, qui compte 550.000 clients, avait prévu de changer de fournisseur dans les paiements mobiles. « La réflexion était déjà engagée depuis plusieurs mois sur un changement d’architecture monétique », confirme Paul de Leusse.

Mais ce scandale risque de porter un coup à la réputation des fintechs et à leur culture de la croissance sans limite. Au plus grand profit des acteurs historiques déjà bien installés dans le paysage et… des banques , qui peuvent trouver une opportunité pour reprendre une partie du terrain perdu ces dernières années dans les paiements.



Source link

Autres articles

Le gendarme boursier déplore l’absence de coordination européenne

administrateur

Coronavirus : craignant désormais une récession, la banque centrale sud-coréenne fait chuter ses taux

administrateur

BNP Paribas pousse les feux dans le capital investissement

administrateur

Délits d’initiés: la Cour Suprême limite les pénalités du gendarme boursier américain

administrateur

La Banque de France plaide pour plus de mariages entre banques

administrateur

Wirecard : des banques prises au piège des obligations convertibles

administrateur