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Economie

les commerçants impuissants à l’approche d’un éventuel prochain confinement


Déjà dans une situation exsangue après plusieurs mois de crise, les commerçants du 9ème arrondissement de Paris envisagent le troisième confinement avec dépit.

«C’est simple, en temps normal j’ai dix clients par jour. Depuis la mise en place du couvre-feu c’est tombé à trois ou quatre et s’il y a confinement, je ferme», lance Johnny. Coiffeur depuis quatre ans dans le 9ème arrondissement de Paris, il ne se fait pas d’illusion. Dans ce quartier composé de nombreux bureaux, un confinement strict signifie la fin du passage et donc de la clientèle. Pour lui, cependant, obliger les Français à rester chez eux semble la meilleure option. «S’ils mettent en place un confinement comme en mars, pendant une courte période, et qu’ensuite ils libèrent les gens, ça ira. En revanche s’il ne sert à rien comme le second, on est cuit».

Ce qui inquiète le plus ce gérant, ce sont les difficultés rencontrées pour toucher des aides de l’État. «Au moindre problème elles ne viennent pas, peste-t-il, on a l’impression qu’ils aident plus les grandes entreprises». Même constat pour Georges, propriétaire d’un bistrot, «je n’ai reçu les aides ni en novembre, ni en décembre et quand je vais sur le site il y a marqué en cours de traitement et aucune explication». Or, ces aides sont vitales pour faire face aux charges qui pèsent sur son établissement. Lui qui s’est lancé en juillet n’a presque pas de trésorerie. «On a fait trois mois d’activité et depuis on tourne au ralenti». Et quel ralentissement , «en un mois je fais le chiffre d’affaires d’une journée»!

Les charges, elles, ne bougent presque pas, à commencer par le loyer, qui l’inquiète particulièrement, «j’ai le droit à dix mille euros d’aide, mais mon loyer m’en coûte six mille à lui seul» soupire-t-il. Fermeture ou pas, il devra le payer. Découragé, il n’anticipe même plus, «je ne peux pas me verser de revenus, je ne pourrai pas faire face à mes échéances et à 56 ans je ne peux pas me relancer dans un autre métier».

Le confinement : une difficulté de plus pour les commerçants

Même constat pour Christian, 64 ans, gérant d’une librairie, pour lequel les problèmes viennent de loin, «j’étais déjà dans une situation difficile avec des hausses de loyers, maintenant je ne fais que 20% de mon chiffre d’affaires». Il voit la crise comme un accélérateur, qui pourra précipiter la fin de son établissement, «en cas de confinement dur, je ferme définitivement et je quitte Paris». Le sort du magasin de vêtements de Sabrina est aussi en question. Les soldes ne lui sont d’aucun secours «notre chiffre d’affaires a baissé de 80%, on a peur de faire faillite» souffle-t-elle. Avec le risque de fermeture administrative elle tente le tout pour le tout, «on va faire des soldes sur les soldes», mais elle doute de pouvoir écouler ses stocks, «s’il y a confinement on va se retrouver au printemps avec les vêtements d’hiver qui seront invendables». Dépitée, elle ne sait pas si elle commandera la nouvelle collection, «on ne sait même pas si on sera encore là».

Hocine 72 ans lui sera là, «parce qu’il n’a plus rien d’autre». Son magasin, c’est toute sa vie. «Je suis seul, je vis ici, je dors dans l’arrière-boutique». Mais le confinement vient saper un peu plus le moral de ce cordonnier installé depuis dix ans. Il énumère «depuis 4 ans, il y a des travaux devant chez moi, et ils ne sont toujours pas finis. En plus un nouveau propriétaire vient d’acheter tout l’immeuble et a augmenté le loyer». Pour lui le confinement «ce n’est plus qu’une galère parmi d’autres».

Cependant certains arrivent à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de Paul qui gère une entreprise de livraison. «Notre business model est influencé par le confinement» dit le jeune homme, qui s’est installé en juin. «Tous nos livreurs ont des attestations, donc tant qu’on peut livrer, ça ira».



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