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Economie

les commerces pourraient rouvrir le 27 novembre


Le ciel s’éclaircit un peu pour les petits commerçants : la réouverture des magasins jugés non-essentiels pourrait intervenir plus tôt que prévu. Interrogé sur Cnews, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré qu’il travaillait, avec les représentants des fédérations, sur un «protocole sanitaire pour l’ensemble des commerces et l’ensemble de la grande distribution». Ce dernier doit être conclu dès vendredi, opérationnel «lundi prochain» et pourrait permettre une reprise de l’activité dans les prochains jours.

«La réouverture est plus une affaire de jours que de semaines», a affirmé le ministre, ajoutant que «le pic épidémique est derrière nous». Cette évolution positive de la situation sanitaire pourrait donc permettre d’«ouvrir le plus tôt possible». «Une fois qu’on aura ce protocole sanitaire sur la table, les conditions de réouverture seront réunies, à supposer que l’épidémie continue de refluer», a-t-il nuancé.

La réouverture pourrait ainsi intervenir d’ici la fin du mois de novembre, «au 1er décembre au plus tard». Les commerces pourraient alors accueillir des clients pour le week-end du 27 novembre, crucial pour les professionnels. À l’approche des fêtes de Noël, «ce week-end compte triple, cela ne m’a pas échappé», concède le ministre de l’Économie. D’autant que ce 27 novembre se tiendra également le Black Friday, cette vaste opération promotionnelle importée des États-Unis.

À VOIR AUSSI – Réouverture des commerces pour le Black Friday? Laurent Pietraszewski répond

Le ministre répond ainsi à une demande formulée par les commerçants dès jeudi soir, comme l’avait annoncé le président du Conseil du commerce de France, William Koeberlé, au Figaro. «Nous demandons une réouverture le 27 novembre. Les pure player sont en train de se gaver alors que nous sommes fermés», rappelait un peu plus tôt ce matin sur RFI Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France. Les commerces souhaitent en effet être ouverts pour la vaste opération promotionnelle du Black friday. «On ne peut pas voir des grandes enseignes qui pratiquent le black friday pendant que nous attendrons patiemment alors que nous sommes fermés depuis des semaines. Nous pourrions descendre dans la rue si nous ne sommes pas entendus», s’agaçait le représentant des petits commerçants. Une ouverture le 27 novembre permettrait en outre d’étaler les achats de Noël sur deux week-ends au lieu d’un, ajoute-t-il.

D’autres voix se sont aussi prononcées pour une reprise plus tôt de l’activité. C’est notamment le cas de Valérie Pécresse. Invitée de BFMTV-RMC, la présidente de la région Île-de-France a indiqué que les commerçants «veulent des aides, […] mais ce qu’ils veulent surtout, c’est retravailler». Elle réclame ainsi la réouverture des commerces dès le 27 novembre. La patronne de la région capitale a aussi appelé à autoriser des «amplitudes horaires supplémentaires» pour les commerces : «si ces commerçants veulent travailler jusqu’à 22 heures – l’heure du couvre-feu à Paris -, s’ils veulent travailler le dimanche, il faut les laisser faire. Il faut arrêter cet État bureaucratique qui veut tout contrôler», a-t-elle insisté. Elle a également plaidé pour la mise en place d’un «protocole [sanitaire] renforcé, assorti de dérogations territorialisées».

Côté Amazon, le directeur général approuve cette solution. «Je souhaite que les commerces de proximité rouvrent le plus vite possible. Je serais ravi qu’ils puissent le faire dès le 27 novembre. Je soutiens les petits commerces. D’ailleurs, de nombreux entrepreneurs et commerçants vendent par l’intermédiaire d’Amazon», se défend Frédéric Duval, directeur général d’Amazon France. Le géant du e-commerce est, en effet, directement visé par les petits commerçants qui l’accusent de profiter de la situation et l’appelle à reporter le Black Friday s’ils ne peuvent pas rouvrir. «J’attends de voir comment les choses évoluent», répond le dirigeant. «Les Français attendent cette date pour préparer Noël. Les industriels ont préparé des stocks en prévision», affirme-t-il par ailleurs.

Incertitude pour les restaurants

Bruno Le Maire a également défendu la batterie d’aides mises en place pour soutenir les établissements souffrant de la crise et du confinement. «Je souhaite que tous les loyers du mois de novembre soient annulés, avec un crédit d’impôt de 50%», a-t-il notamment déclaré, citant le dispositif dévoilé jeudi dernier qui encourage les bailleurs à abandonner les loyers des commerçants. Bruno Le Maire a également redit que les professionnels ayant un contentieux fiscal avec l’administration avaient quand même le droit aux aides, «tant que le contentieux n’est pas tranché par la justice», au nom du «principe de présomption d’innocence».

Le ministre de l’Economie s’est aussi élevé contre les critiques portant sur l’augmentation exceptionnelle de la dette de l’État depuis le début de la crise. «Le choix, c’était de laisser crever les salariés, avoir quasiment tous les commerces qui font faillite […] et on ne dépensait pas un euro d’argent public, ou le choix qui a été fait : nous paierons ce qu’il faudra pour sauver nos salariés», s’est-il emporté. Il a défendu un «bon choix», estimant que le gouvernement avait «bien agi, au bon moment». La croissance, une gestion rigoureuse des comptes publics et la «transformation» du pays via des réformes – dont la réforme des retraites – permettra de rembourser la dette, a répété Bruno Le Maire. «Dès qu’on déconfine et qu’on laisse les Français consommer à nouveau, immédiatement, la croissance bondit, c’est le geyser», s’est-il réjoui.

Reste que les restaurateurs et gérants de bars, eux, voient l’espoir d’une reprise rapide fondre comme neige au soleil. «Il faut leur donner de la visibilité rapidement», a déclaré le patron de Bercy, avant de préciser qu’il leur apporterait des précisions «dans les jours qui viennent» sur la date de réouverture de leurs établissements. Il n’a pas souhaité s’avancer quant à une potentielle date de reprise, expliquant qu’il n’avait «pas la réponse» sur leur ouverture ou non pour les fêtes de Noël. Une réflexion doit être menée d’ici la fin de l’année, mais le ministre a dit «souhaiter» que les restaurants soient ouverts d’ici début février. L’horizon reste donc bien flou pour ces professionnels, pour qui une reprise le 1er décembre n’est «pas concevable». Il faudra donc ronger son frein avant d’aller de nouveau boire un verre en terrasse.

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