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Economie

Les compagnies aériennes effrayées par un projet d’écotaxe


Samedi matin studieux en perspective pour les acteurs du transport aérien : Air France, Easyjet, ADP, les fédérations professionnelles qui regroupent les compagnies aériennes et les aéroports français… tout ce petit monde est convoqué à une visioconférence dès 9h où il sera confronté notamment à des membres de la convention citoyenne sur le climat.

Le débat portera sur un projet de cette convention citoyenne pour le climat qui met le feu aux poudres dans le secteur aérien : l’augmentation dans d’énormes proportions de l’écotaxe sur les billets d’avion. « L’environnement fiscal est anxyogène, soupire Reginald Otten, directeur adjoint d’Easyjet France. On nous parle de passer l’écotaxe d’1,50 euro à 30 euros pour un vol intra-européen. »

Même inflation spectaculaire pour ceux qui se déplacent en classe affaires hors d’Europe : aujourd’hui, l’écotaxe se monte à 18 euros. Demain, elle pourrait être fixée à 180 euros pour les vols de moins de 2000 km et 400 euros pour les voyages de plus de 2000 km. En tout, cette taxe générerait plus de quatre milliards contre un peu plus de 400 millions aujourd’hui.

Menace sérieuse

« Notre objectif n’est pas de tuer le transport arien mais de réduire son activité car ce secteur est très émetteur de gaz à effet de serre », explique Pascal Beulque, un des 150 membres de la convention citoyenne pour le climat

La menace est prise très au sérieux par les transporteurs aériens. Cette proposition fait partie des 146 propositions de la convention citoyenne pour le climat sur 149 que le président de la République a dit fin juin qu’il reprendrait.

Les avions publicitaires vont-ils disparaître des plages comme le veut la Convention citoyenne ?

« L’échange de samedi a pour vocation de préciser les impacts de cette proposition, explique-t-on dans l’entourage de Barbara Pompili, ministre de la transition écologique. Mais l’objectif est de se conformer à la volonté présidentielle.» Un projet de loi reprenant une mesure de ce type devrait être présenté fin septembre-début octobre. Et inscrit au menu du Conseil des ministres avant la fin de l’année. Avec un examen au Parlement début 2021.

Mais le secteur aérien ne désarme pas . Déjà à terre avec la crise sanitaire, il considère que ce coup supplémentaire serait quasi mortel. Si cette mesure était appliquée telle quelle, Air France, par exemple, qui payait 60 millions d’euros annuels d’écotaxe verrait sa note multipliée par vingt.

Du coup, la profession va faire valoir ses arguments pour éviter une telle catastrophe. « Cette proposition est une provocation, estime Georges Daher, délégué général de la Fnam (Fédération nationale de l’aviation marchande. L’appliquer voudrait dire qu’on estime nuisible le transport aérien. Dans ces cas-là, pourquoi avoir aidé Air France à hauteur de sept milliards d’euros ? ». «C’est stupide et contre-productif», renchérit Jean-François Dominiak, président du Scara (Syndicats des compagnies aériennes autonomes)

« Avec une telle mesure, beaucoup de low cost arrêteraient de desservir des villes moyennes, affirme Thomas Juin, président de l’UAF (Union des aéroports français). Cela diminuerait la connectivité de beaucoup de territoires.» La profession estime que cela ferait baisser le trafic de 14% à 19% en entraînant la disparition de 120 000 à 150 000 emplois.

À l’heure où le gouvernement a fait un plan de relance à 100 milliards pour éviter la montée en flèche du chômage, le transport aérien espère bien que cette menace sur l’emploi dans le secteur fera réfléchir l’exécutif avant d’appliquer une telle mesure.

À VOIR AUSSI – Coronavirus: ces compagnies aériennes que vous ne reverrez plus



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