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Economie

Les couacs de la distribution de masques gratuits par la Ville de Paris


Paris peine à fournir des masques à ses habitants. Après le fiasco des masques promis aux personnes âgées, jugés peu pratiques, qui avait contraint la mairie à faire marche arrière et à stopper leur diffusion, c’est le dispositif de distribution à tous qui connaît un démarrage compliqué.

Un masque gratuit pour tous, lavable et en tissu. C’est la promesse de la Ville de Paris depuis le début du déconfinement pour enrayer la propagation du coronavirus. «Vous êtes invités à venir retirer gratuitement dans les pharmacies volontaires votre masque, et ceux de tous les membres de votre foyer âgés de plus de 11 ans», explique la mairie de Paris. Pour cela, il suffit de s’inscrire en ligne, sur le site paris.fr, et faire une demande ou, sans possibilité de connexion à internet, en faire la demande par téléphone au 3975.

Le site de la mairie de Paris prévient : afin que chacun ait son masque, «nous comptons sur vous pour n’en commander qu’un seul par personne». En tout, ce sont 2,2 millions de masques qui doivent être distribués, ou plutôt récupérés, par chacun, en pharmacie. Selon la mairie de Paris, plus de 60.000 masques ont été donnés à date d’hier, mercredi, au soir. À ce rythme, il faudrait plus d’un mois pour fournir les 2,2 millions de masques attendus.

En effet, tous les masques ne peuvent pas être distribués en quelques jours. D’une part, l’approvisionnement a été assez laborieux, d’autre part, la ville ne souhaite pas délivrer une quantité trop importante de bons de retrait pour éviter le brassage en pharmacie. Pour ces raisons, si vous faites une demande aujourd’hui, il vous faudra être patient : la file d’attente pour y accéder est très longue. À ce jour, il est impossible d’obtenir un créneau pour aller en récupérer un avant le 29 mai. Une date qui recule de plus en plus.

La plateforme n’offre actuellement aucun créneau avant le 29 mai, dans plus de deux semaines. Capture d’écran paris.fr

Mais la mairie de Paris ne s’affole pas. Pour cause, un léger imprévu est venu perturber le dispositif. «Nous avons eu 24 heures de rodage mardi, certaines pharmacies n’ont pas été livrées en raison d’un problème de coordination sur les dates», admet Jean-François Martins, l’adjoint à la mairie de Paris qui pilote cette distribution. Désormais, rassure-t-il, la distribution de masques a atteint son rythme de croisière, 75% des bons de retrait émis sont utilisés et plus de deux tiers des pharmacies partenaires, 638 au dernier comptage, ont commencé leur distribution. «Plus de 360.000 parisiens ont déjà réservé un masque», se réjouit Jean-François Martins au Figaro. Voilà qui s’ajoute aux dons d’un demi-million de masques de la Ville aux secteurs associatif et médico-social.

Mercredi soir, toutes les pharmacies n’avaient donc pas de masques. Dans cette pharmacie du XVIIIe arrondissement, une centaine de masques ont été livrés et distribués mercredi, dans la matinée. «J’en ai plus et je ne sais pas quand j’en recevrai d’autres», assure-t-on. Même son de cloche dans une pharmacie de la place d’Italie. Pas de stock et pas d’information sur les livraisons à venir. Une autre officine de ce même arrondissement loue quant à elle les qualités de cette initiative et de son fonctionnement et assure avoir déjà constitué un stock. Dans une quatrième, autour de Châtelet, il reste pourtant «quelques masques». En bref, muni d’un bon, d’un créneau et de sa pièce d’identité, c’est un véritable parcours du combattant téléphonique, ou physique, qu’il faut faire pour être assuré de repartir avec un masque.

Là encore, la mairie de Paris met ces approximations sur le compte du lancement de l’opération. «Le premier jour, toutes les pharmacies n’étaient pas approvisionnées et c’était plus compliqué de trouver un masque, alors on a décidé, à titre exceptionnel, d’envoyer un mail à tous les détenteurs d’un bon avec la carte des pharmacies partenaires et approvisionnée». En temps normal, cette mesure froisserait l’ordre des pharmaciens, qui juge que cela se rapporte à de la promotion publicitaire. Désormais, assure Jean-François Martins, la quasi-totalité des pharmacies parisiennes peuvent donner ces masques. Il n’écarte pas pour autant la possibilité pour un Parisien de devoir visiter deux pharmacies avant de trouver un masque.

Risée des réseaux

«C’est le vrai dispositif sanitaire à mettre en place, même si ce choix n’est pas facile d’un point de vue logistique», défend Jean-François Martins, louant le geste des pharmaciens de la ville, bénévole sur cette action. Pour mener à bien l’opération, environ cinq millions d’euros de masques ont été déboursés. Somme à laquelle s’ajoute le coût de toute la chaîne logistique réquisitionnée.

Ces quelques couacs qui entourent le lancement de cette initiative n’ont pas manqué de faire réagir. Depuis lundi, sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes partagent des clichés de leur masque, pour en critiquer l’aspect et la résistance au lavage, la plupart du temps. Mais la mairie reste confiante. Tout le monde aura un masque aux normes et gratuit avant la mi-juin. Face au lancement poussif du dispositif, le pari semble tout de même difficile à tenir.



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