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Finance

Les députés allemands se heurtent au silence du patron de Wirecard



Publié le 19 nov. 2020 à 18:28Mis à jour le 19 nov. 2020 à 18:43

Démarré à distance il y a quelques jours, le bras de fer s’est poursuivi jeudi entre les neuf députés allemands de la commission d’enquête parlementaire et l’ancien directeur général de Wirecard. Markus Braun avait été contre son gré transféré la veille sous protection judiciaire à Berlin depuis la prison d’Augsbourg, à 70 kilomètres à l’ouest de Munich.

Entré par l’arrière de la salle pour éviter les caméras, il devait répondre aux questions des élus chargés de faire la lumière sur les failles politiques et de supervision ayant provoqué le plus grand scandale financier du pays. Les députés souhaitaient l’affronter directement afin de se faire une idée personnelle, en fonction des réactions et de la gestuelle de la pièce maîtresse de l’ancien géant allemand des paiements électroniques.

L’élu d’extrême-gauche Fabio De Masi, lui a d’ailleurs demandé de déplacer son micro lui barrant le visage afin de mieux le voir. Face à l’engouement médiatique de cette première apparition depuis son incarcération en juillet , deux salles avaient été réservées et raccordées par vidéo pour accueillir la presse dans le respect des règles d’hygiène liées au coronavirus.

Victime autoproclamée

Las ! Col roulé et veste noire habituels, visage impassible, Markus Braun s’est présenté comme un « spécialiste des systèmes d’information des entreprises ». Il a ensuite lu un texte de quelques pages pour expliquer son refus de répondre aux questions. Selon lui, une enquête est menée par la cour de justice de Munich qu’il a assurée de sa coopération. « Des juges indépendants décideront qui porte la responsabilité légale de l’effondrement de la société Wirecard AG », conclut la victime autoproclamée.

« En attendant, je ne ferai pas de commentaires en dehors de ma déclaration », conclut-il, revendiquant le droit au silence des témoins pour se protéger d’éventuelles poursuites. Concernant le rôle du gouvernement d’Angela Merkel et des autorités de contrôle dans le scandale, il ferme la porte : « à aucun moment je n’ai pris de décision ni reçu d’indications selon lesquelles les autorités, les organes de contrôle ou les responsables politiques ne se seraient pas comportés dans le respect de leurs devoirs ou sous quelque forme que ce soit inéquitablement. Cela vaut également pour le conseil de surveillance et pour les auditeurs ».

Une nouvelle convocation est évoquée

Le ping-pong a cependant bien eu lieu, les députés bombardant Markus Braun de questions. Mais celui-ci a invariablement répondu, mains croisées, « je ne m’écarterai pas de ma déclaration ». En poussant l’exercice jusqu’à l’absurde au point de lui demander, comme Fabio De Masi, quel est le titre de son doctorat, ou comme le député vert Danial Bayaz, s’il avait un abonnement au « Financial Times », à l’origine de la révélation de l’affaire, les députés ont accumulé les preuves de la mauvaise volonté de leur témoin afin de pouvoir le menacer d’une peine de prison additionnelle.

Mais « ce n’est pas le dernier acte », a anticipé l’élu du FDP, Florian Toncar après l’audition. Markus Braun pourrait être à nouveau convoqué après son témoignage devant le procureur de Munich. Dans sa déclaration liminaire, le patron de Wirecard a de fait évoqué la possibilité de « compléter » ses futures déclarations à la justice.



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