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Economie

les entreprises aussi s’engagent pour défendre de grandes causes


FIGARO DEMAIN – Dirigeants et salariés prennent de plus en plus d’initiatives d’intérêt général et développent de nouveaux moyens d’action sur le terrain.

Les entreprises engagées pour de bonnes causes ont-elles aussi des salariés plus motivés et plus soudés? C’est en tout cas l’espoir que certaines caressent. «Les entreprises choisissent la philanthropie, avant tout, parce qu’elles ont envie d’aider. Mais, leur deuxième motivation, c’est l’impact que cela peut avoir pour les ressources humaines», remarque Jean-Marc Pautras, délégué général du Centre français des fonds et fondations. Le premier avantage? Un sentiment de fierté, chez les collaborateurs des groupes dont l’engagement est reconnu. «Cela renforce leur adhésion au projet d’entreprise», insiste Sylvaine Parriaux, déléguée générale d’Admical. On voit même parfois des entreprises s’engager dans des actions de générosité à point nommé pour faire oublier en interne un pénible plan de licenciements ou un scandale sur les rémunérations du management.

De nombreuses entreprises remarquent aussi dans la philanthropie un atout pour attirer les talents, en particulier les jeunes générations, en quête de sens au travail. Certains groupes en profitent même pour fédérer les salariés aux quatre coins du monde, «par exemple en décidant que toutes les filiales, le même jour, s’investiront dans une action caritative», note Jean-Marc Pautras.

Pour profiter de ces bienfaits, les entreprises réfléchissent soigneusement à leurs engagements. Le mécénat social a toujours été leur premier domaine d’intervention, avant la culture et l’éducation. «Mais le mécénat culturel attire plus les projecteurs sur le plan médiatique», observe Sylvaine Parriaux.

Raison d’être

D’où la tentation de jouer sur les différents registres. «Par exemple, une entreprise soutient financièrement un festival de musique. Elle propose aussi aux jeunes de quartiers défavorisés de gagner des places gratuites s’ils se rendent à une réunion d’information sur l’emploi organisée par les services sociaux», détaille Jean-Marc Pautras. C’est tout l’art de démultiplier l’efficacité de ses actions et de leur donner encore plus de sens.

«Il est aussi préférable que les actions soutenues soient le prolongement de la raison d’être de l’entreprise, qu’elles aient un lien avec ses produits, son histoire…» rappelle Élisabeth Laville, la fondatrice du cabinet de conseil Utopies.

Mieux vaut également se démarquer des autres, par l’efficacité ou l’importance de son engagement. «L’entreprise la plus généreuse, ou qui est le premier soutien financier d’une cause, suscite plus de fierté chez ses salariés ou ses clients que celle qui donne comme les autres», pointe Élisabeth Laville. Par exemple, les entreprises qui adhérent au 1 % pour la planète (elles donnent 1 % de leur chiffre d’affaires pour l’environnement) ont une certaine aura car elles ne sont que 700 dans le monde. Peu importe qu’il s’agisse en grande partie de petites entreprises dont le chiffre d’affaires n’a pas encore pris trop d’ampleur. Intégré au modèle économique, l’engagement peut même devenir structurant pour l’entreprise… et les collaborateurs. «C’est le cas dans les entreprises qui appliquent le concept un produit acheté = un produit donné à des personnes démunies, par exemple», poursuit la présidente d’Utopie.

Loin des bureaux

Un nombre croissant d’entreprises cherchent aussi à impliquer davantage leurs salariés dans leur politique de mécénat. «Certaines par exemple leur demandent de voter pour les associations ou les projets qu’ils aimeraient soutenir ou bien de présenter ceux qu’ils connaissent et qu’ils aimeraient voir choisis: les collaborateurs s’investissent alors davantage, puisqu’ils ont participé aux décisions», indique Jean-Marc Pautras. Certains d’entre eux peuvent même parfois être chargés de suivre le déroulé les opérations engagées par la fondation d’entreprise.

C’est l’occasion pour les salariés de rencontrer des personnes qu’ils n’auraient sans doute jamais côtoyées autrement

Manuel Pomar, directeur général d’Unis-Cités Solidarité Entreprise

Mais le plus en vogue aujourd’hui est d’inciter les salariés à aller sur le terrain, pour épauler les associations. Les entreprises n’hésitent plus à organiser ainsi une ou plusieurs journées de bénévolat en équipes. Une opération de team building plus motivante qu’un séminaire et qui s’intègre bien aux objectifs RSE. «Les salariés peuvent par exemple collecter des denrées dans les magasins pour une banque alimentaire ou remettre en état un local qui servira de centre d’hébergement ou d’épicerie sociale», explique Manuel Pomar, directeur général d’Unis-Cités Solidarité Entreprise.

Créée par Unis-Cités, association pour le service civique des jeunes, cette structure organise pour les entreprises des missions de mécénat de compétences et de bénévolat dans les associations. L’an dernier, une quarantaine d’entreprises ont fait appel à ses services et plus de 10.000 salariés ont ainsi mis les mains à la pâte. «C’est l’occasion pour eux de rencontrer des personnes qu’ils n’auraient sans doute jamais côtoyées autrement», souligne Manuel Pomar. Pour les opérations les plus réussies, c’est jusqu’à 50 % des effectifs qui se retrouvent ainsi engagés loin des bureaux.

«Le mécénat de compétences aussi se développe, même s’il ne concerne aujourd’hui qu’environ 20 % des entreprises», relève Sylvaine Parriaux. Là encore, même si ces missions se déroulent sur le temps de travail (avec un dédommagement fiscal), les entreprises y voient d’autres avantages que la seule aide apportée aux associations. «Ces expériences donnent aux collaborateurs un regard différent, remarque la déléguée générale d’Admical. L’entreprise se donne ainsi des antennes à l’écoute des problématiques de la société et peut être plus créative.»



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