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Economie

les entreprises avancent en ordre dispersé


Les employeurs salariés de revenir deux à trois jours par semaine. Pour la rentrée, elles peaufinent des règles plus pérennes.

Pour les salariés qui télétravaillent aujourd’hui à plein temps ou presque, le 9 juin marque le début d’un retour progressif à la vie «normale» de bureau. «Avec les jauges moins strictes, la plupart des entreprises demandent à leurs salariés de revenir au moins deux jours par semaine sur site avant les vacances d’été» relève Benoît Serre, vice-président de l’ANDRH (Association nationale des directeurs de ressources humaines).

Elles veulent revoir tout le monde à tour de rôle, pour recréer des liens entre les salariés et préparer les esprits pour la rentrée. Elle sonnera, espèrent-elles, l’heure de la véritable reprise. Pour respecter la jauge de 50%, elles doivent organiser des rotations. Le plus souvent, ce sont aux managers de synchroniser les allées et venues.

Rattrapage….

«Mais certaines entreprises qui font face à une forte reprise, un net rattrapage d’activité, ont demandé à leurs équipes de revenir au bureau à plein temps et repoussé la mise en place pérenne du télétravail à plus tard», remarque Vincent Barouet, fondateur du cabinet de conseil Maîtrises des crises.

La plupart des entreprises prévoient en effet, même quand la crise sanitaire sera terminée, de continuer à fonctionner en partie en télétravail. «Il y a une forte appétence des salariés : 36% souhaitent trois jours à distance, 56% entre un et deux jours, selon une consultation nationale conduite auprès de 2800 répondants», souligne Cindy Lemettre, chargée de mission à l’Aract (Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail).

Une forte pression pour le télétravail

Pour une entreprise, bouder ce mode d’organisation devenu usuel pourrait «ringardiser» son image. «Elle perdrait aussi un atout pour s’attacher des talents qui risquent d’être le nerf de la guerre si la reprise économique est forte», pointe Benoît Serre.

Dans de nombreuses sociétés, les négociations sont donc ouvertes avec les partenaires sociaux. Des accords ont même parfois déjà été finalisés. Les grandes entreprises ne sont pas les seules concernées. «Dans les PME, la perspective d’un retour prochain à la normale est une bonne raison de faire le bilan de ce qui a marché pendant la crise sanitaire et de réfléchir aux modalités futures du télétravail», souligne Cindy Lemettre.

Aider les PME à trouver le bon rythme

Les PME peuvent même bénéficier d’une aide financière pour faire appel à un consultant qui les conseillera pour trouver les bonnes solutions de travail à distance. «La bonne dose, la bonne organisation dépendent largement de l’activité» souligne la spécialiste de l’Aract.

Mais tous les chefs d’entreprise n’envisagent pas le télétravail avec le même enthousiasme. «Certains sont convaincus de ses avantages, et réfléchissent à une organisation qui permette au plus grand nombre -et pas seulement aux cols blancs- d’y avoir accès», constate Benoît Serre. D’autres, plus sceptiques, font contre mauvaise fortune bon cœur. D’autres encore, de plus en plus minoritaires, s’y refusent toujours.

Des modes d’organisation très disparates

Les entreprises qui ont déjà posé le cadre du télétravail «après Covid» sont loin d’avoir toutes choisi les mêmes modes d’organisation. Si le plus souvent, un certain nombre de jours de télétravail par semaine sont accordés, certains employeurs ont préféré définir un volume mensuel ou même annuel.

Certains employeurs imposent à chaque télétravailleur de choisir des jours fixes dans la semaine pour simplifier les roulements au bureau. D’autres interdisent simplement certains jours. «Par exemple il est possible de télétravailler le lundi ou le vendredi, mais pas ces deux jours-là à la fois», relève Benoît Serre.

Plus souvent, les managers recueillent au fil de l’eau les désidératas des uns et des autres pour essayer de coordonner les venues. Ils se débrouillent pour organiser en conséquence les réunions. C’est dans les entreprises où le management repose davantage sur la confiance, les collaborateurs sont plus libres. «Chacun revient au bureau quand cela fait sens avec ce qu’il a à faire, indique Vincent Barouet. C’est le modèle du télétravail à la carte qui aura sans doute le plus de succès à l’avenir».



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