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Economie

Les étudiants, vivier de main-d’œuvre pour la réouverture des bars et restaurants


Les syndicats professionnels craignaient une pénurie de main-d’œuvre de 100.000 salariés. Elle s’annonce moins forte que prévu grâce aux étudiants à la recherche d’un travail pour l’été.

Job d’été, petits boulots… Les étudiants représentent un vivier de main-d’œuvre indispensable pour la réouverture des bars et des restaurants. Le 19 mai, les terrasses vont rouvrir avec une ouverture de l’intérieur prévue pour le 9 juin. Après 6 mois de fermeture, le retour de l’ensemble des équipes n’est pas assuré. Les étudiants et les saisonniers ont un rôle à jouer.

Mi-avril, l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), le GNC, (Groupement national des chaînes hôtelières), le GNI (Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration) et le SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale) avaient dévoilé une étude pointant le fait que près de 100.000 salariés pourraient manquer à l’appel au moment de la reprise de l’activité, annoncée pour la mi-mai.

Avec une date de réouverture fixée et qui approche, la pénurie de main-d’œuvre s’annonce moins forte que prévu. « Nous sommes moins pessimistes. Avec une date précise, les salariés en chômage partiel depuis 6 mois retrouvent l’envie de revenir. Avec cette perspective fixée, les salariés sont remotivés pour venir travailler », se réjouit Hervé Becam, vice-président confédéral de l’Umih.

Mais l’ensemble des salariés ne reviendront quand même pas à la réouverture. En cause, des reconversions, des personnes proches de la retraite qui ont choisi d’écourter leur vie professionnelle en raison de la crise… Les explications sont diverses.

Un tiers des étudiants rencontrent des difficultés financières

Pour compenser ces départs, les étudiants seront indispensables. «Nous avions sous-évalué le potentiel des étudiants qui sont pressés de retrouver des emplois d’été », reconnaît Hervé Becam, vice-président confédéral de l’Umih. La crise a en effet interrompu pendant l’année la quasi-totalité des activités rémunérées des étudiants. D’après une étude de l’Observatoire national de la vie étudiante, un tiers des étudiants français déclarent rencontrer des difficultés financières depuis le début de la pandémie.

La réouverture des bars et des restaurants représentent pour eux une nouvelle opportunité de gagner de l’argent. Le restaurant Sababa à Bordeaux retrouve la même équipe qu’avant sa fermeture en octobre, avec le recrutement supplémentaire de trois personnes dont une étudiante. « Sa sœur avait travaillé pour nous l’été dernier, aujourd’hui c’est elle qui a besoin d’argent. Des recrutements étaient nécessaires parce qu’avec le couvre-feu, la fréquentation sera plus concentrée. Les journées vont être courtes mais intenses », explique Thomas Labarrede, gérant du Sababa.

Mais le recrutement des étudiants n’est pas forcément facile à mettre en place tant que les établissements sont portes closes. « D’habitude, les étudiants passent au restaurant pour déposer leur CV. Là, ce n’est pas le cas. Je ne sais pas comment m’y prendre pour trouver quelqu’un. Je vais faire l’ouverture tout seul et j’espère trouver un étudiant dans les 15 premiers jours d’ouverture », raconte Dominique Silva, gérant du pub Le Foch à Montpellier.

Un recours aux saisonniers facilité

Le recours aux saisonniers est également indispensable. Le gouvernement a permis, depuis mi-avril, aux employeurs de les embaucher et de les placer en activité partielle le temps que la saison démarre. « Cette mesure a permis aux restaurants de commencer à stabiliser leurs équipes et avoir des confirmations de la présence de leurs saisonniers pour cet été », explique Hervé Becam.

Mais l’ensemble de ces problématiques de recrutement sont pour le moment réservées aux établissements qui s’attendent à une forte fréquentation, ce qui n’est pas le cas de la majorité des bars et restaurants parisiens.

«Nous ferons revenir entre 30 et 50% de nos équipes à partir du 19 mai et 60% à partir du 9 juin. Avec le recours massif au télétravail, le manque de touristes, le couvre-feu et les jauges à respecter, la forte saison ne commencera qu’en octobre », met en avant Pascal Mousset, président du Groupement National des Indépendants Hôtellerie & Restauration en Île-de-France. Certains collaborateurs de l’Île-de-France qui resteront en chômage partiel cet été pourront même envisager de réaliser des missions de 15 jours à 1 mois dans des établissements de stations balnéaires.

Les salariés du secteur sont en effet protégés par le chômage partiel, qui leur permet de toucher une grande partie de leur salaire : l’indemnité est égale à 84 % du salaire net jusqu’à fin mai. Pour la suite, la ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé que la prise en charge par l’État diminuerait en plusieurs étapes, sans dévoiler plus de détails.

Pour certains secteurs comme celui de l’hôtellerie-restauration, elle a évoqué l’hypothèse d’un reste à charge de 15% dans un premier temps. « On attend plus de visibilité sur cette question, on demande le maintien du chômage partiel sans reste à charge pour l’entreprise jusqu’à la fin de l’été pour l’Île-de-France vu les difficultés de fréquentation qui nous attendent », revendique Pascal Mousset. Des discussions avec la ministre du Travail sont en cours.



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