Image default
Economie

Les Français condamnent les entreprises qui proposent à leur personnel de baisser leur salaire pour sauver leur emploi


Au moins, ça a le mérite d’être clair. À en croire les résultats du sondage Odoxa realisé* avec Dentsu consulting pour Le Figaro et France info, l’activité reprend bel et bien un peu en France. Mais très lentement et le retour à la «normale» n’est pas pour demain.

1/ La France n’a pas encore repris une activité normale

Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (53% précisément) indique se rendre désormais tous les jours ou presque sur son lieu de travail, un niveau qui grimpe à plus de 6 sur 10 (62% exactement, soit 10 points de plus qu’il y a un mois) en intégrant ceux qui alternent déplacement et télétravail. Idem pour les Français qui pratiquent toujours le télétravail, dont la part a chuté en un mois à 15%, ou encore pour ceux qui sont toujours au chômage partiel une partie du temps et dont la proportion s’est réduite à 8%. «De nos jours, les cadres sont souvent des personnes qui ne managent plus vraiment mais exercent des fonctions dans l’univers des services. Assez logiquement, ils sont ceux qui utilisent le plus le télétravail, observe Gaël Sliman, le président d’Odoxa. 55% des cadres sont actuellement en télétravail total ou partiel, soit 4 fois plus que les employés et ouvriers (12%). Les Parisiens sont aussi plus adeptes du télétravail que les provinciaux: 30% contre 23%».

2/ La crainte de perdre son emploi reste forte

Il y a également du mieux du côté des craintes sur l’emploi. Plus de 4 Français sur 10 (41% précisément) se disent en effet plus inquiets pour leur emploi depuis quelques semaines, contre les deux tiers (66% exactement) il y a deux mois. «Le déconfinement et la perspective de sortie de la crise sanitaire qui se dessine à présent a donc permis de diminuer sensiblement le niveau d’inquiétude des Français, mais il reste très élevé», observe Gaël Sliman. Surtout, cette moyenne masque de grandes disparités selon l’âge et la catégorie sociale des actifs interrogés. «Tout d’abord, une corrélation étroite existe entre l’âge des actifs interrogés et leur propension à craindre de perdre leur emploi, ajoute-t-il. Un continuum se dessine avec l’âge: seulement 29% d’inquiétude auprès des 18-24 ans, puis 39% auprès des 25-34 ans, 42% chez les 35-49 ans, et enfin 43% auprès des 50-64 ans».

De très forts clivages existent ensuite sociologiquement sur le sujet. «Alors que les cadres ne sont «que» 36% à se dire «plus inquiets», les ouvriers sont 49% et les indépendants (artisans, agriculteurs, petits-commerçants et petits «patrons») sont 58% à penser que leur petite entreprise, c’est-à-dire leur emploi, pourrait mourir du Covid-19, complète le patron d’Odoxa. Trouver des solutions pour sauver la vie de ces petites entreprises et petits commerces apparaît donc comme quelque chose de vital aux yeux des Français».

3/ Les Français refusent le chantage salaire contre emploi

Reste que les Français, s’ils craignent pour leur emploi, ne sont pas prêts à accepter n’importe quoi pour le conserver. Ainsi, près de 7 sur 10 jugent inacceptables les baisses de salaire proposées par certaines entreprises en difficulté économique à leur personnel pour éviter les licenciements. Là encore, les disparités sont grandes selon les catégories interrogées. «Logiquement, les travailleurs indépendants (artisans et petit-commerçants particulièrement touchés et inquiets pour l’avenir de leur emploi et de leur entreprise) sont les plus nombreux à approuver ce principe… mais même eux, sont très partagés sur son bien-fondé: «seulement» 49% des indépendants l’approuvent contre autant (51%) qui le désapprouvent, note ainsi Gaël Sliman. Les cadres, plus proches des directions des grandes entreprises, sont eux aussi plus nombreux que la moyenne à approuver ce principe (43%), mais sont tout de même une nette majorité à y être opposés. En fait, sur le principe, cette idée est majoritairement désapprouvée quels que soient l’origine sociale, le territoire, l’âge, ou même l’orientation partisane (de 52% de rejet à LR à 86% auprès de LFI) des personnes interrogées». On note une seule exception: les sympathisants de la majorité LREM qui sont une majorité (53% contre 47%) à l’approuver. «Sur ce point, ils sont donc «plus à droite» que les sympathisants LR (une proportion inverse désapprouve ce principe)», remarque le patron d’Odoxa.

4/ Le Made in France, en guise de réponse, a de l’avenir

A contrario, les Français sont favorables à 82% à une relocalisation sur le territoire national de la production de certaines industries, et ce même si cela augmente au final le prix final pour le consommateur. «Politiquement, le sujet fait même consensus: plus des trois quarts des sympathisants de tous les partis politiques s’y déclarent favorables (de 73% auprès du RN à 94% auprès des LR, 92% auprès des LaREM et 91% auprès des Insoumis)», note Gaël Sliman. Le Made in France progresse donc bel et bien dans les consciences. Reste à le traduire dans les faits. Tout dépendra en fait du niveau d’augmentation des prix…

* Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1004 Français représentatifs de la population de plus de 18 ans et interrogés par internet les 3 et 4 juin.



Source link

Autres articles

vers un retour en force de la voiture ?

administrateur

la SNCF détaille son plan pour le déconfinement

administrateur

Des discussions engagées pour repousser les soldes d’été à mi-juillet

administrateur

une année déjà noire pour les recettes publiques

administrateur

Espoir pour le commerce, les bars et la restauration

administrateur

la Suisse va transmettre l’identité de clients d’UBS au fisc français

administrateur