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Finance

Les Français ont placé 5 milliards d’euros sur leur Livret A en mai



La collecte sur les livrets reste toujours aussi soutenue même si elle marque un ralentissement par rapport au pic historique du mois d’avril. Selon les chiffres de la Caisse des dépôts (CDC), le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ont enregistré en mai une collecte nette de 5,14 milliards d’euros, un montant multiplié par trois par rapport à l’année précédente.

Depuis janvier, la collecte cumulée atteint 22,44 milliards d’euros et l’encours sur les deux produits dépasse 433 milliards d’euros à la fin mai. Sur le seul livret A, elle flirte avec les 4 milliards d’euros, pour un montant cumulé depuis le début de l’année de 17,5 milliards.

Epargne plus consentie que forcée

En dépit du déconfinement amorcé le 11 mai, les ménages font preuve d’un certain attentisme, privilégiant toujours l’épargne à la consommation. Et, depuis le début de la crise sanitaire, la quasi-totalité des flux d’épargne se sont orientés sur les comptes à vue et les livrets, au détriment notamment de l’assurance-vie , qui ne semble plus bénéficier de son statut de produit rémunérateur et garanti. Paradoxalement, les actions ont également profité de cette période, malgré l’aversion traditionnelle au risque des Français.

« C’est une épargne plus consentie que forcée face à des perspectives incertaines et il ne faut pas s’attendre à ce que ce surcroît d’épargne soit largement dépensé par les ménages », souligne Alain Tourdjman, directeur des études et de la prospective de BPCE, la maison-mère des Banques Populaires et des Caisses d’épargne. En clair, le taux d’épargne, qui pourrait atteindre les 30 % au second trimestre (20 % au premier trimestre), devrait certes se tasser dans les mois à venir mais demeurer à des niveaux bien supérieurs à ce qu’il était avant la crise. La Banque de France anticipe ainsi un « excédent » d’épargne de plus de 100 milliards d’euros d’ici la fin de l’année.

Un mouvement d’épargne contrasté

Toutefois, observe Alain Tourdjman, ce mouvement n’est pas généralisé. Selon le dernier baromètre de l’épargne et des placements de BPCE, réalisé fin avril, un gros tiers des épargnants interrogés ont en effet déclaré avoir augmenté leur épargne alors qu’une proportion équivalente a reconnu avoir puisé dans leur épargne pour effectuer des dépenses.

Finalement, ce sont ceux qui ont été les moins touchés par la crise, c’est-à-dire les plus aisés ou ceux qui ont pu travailler à domicile, qui ont le plus épargné. Toutefois, une écrasante majorité des Français (89 %) souhaitent épargner davantage à l’avenir, quel que soit leur profil. Mieux, alors que l’épargne de précaution domine largement les flux, près de 40 % des Français estiment qu’elle n’est pas suffisante pour faire face à la crise ou aux difficultés à venir.

« Il y aura probablement une moindre proportion des ménages qui vont épargner, mais cette proportion devrait épargner encore plus », avance Alain Tourdjman. Car loin d’être perçue comme un comportement peu rationnel, cette épargne liquide (comptes à vue compris) et faiblement ou pas rémunérée reste, pour les Français, la meilleure façon de se prémunir face à un avenir incertain. Ceci risque de compliquer la tâche des pouvoirs publics, qui souhaitent réorienter cette épargne vers la consommation.



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