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Finance

Les industriels appellent à relier les marchés du carbone britannique et européen



Publié le 25 avr. 2021 à 11:00

« Pourquoi nous séparer ? » Un certain nombre d’associations de différents secteurs industriels et de traders du Royaume-Uni et d’Europe ont appelé le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à relier le futur marché du carbone britannique au marché des quotas d’émissions européen.

Le marché européen du carbone, créé en 2005, est aujourd’hui le plus grand au monde et l’outil principal de l’Union européenne pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ce marché des « droits à polluer » permet aux industriels de certains secteurs (électricité, sidérurgie, cimenterie, chimie, transport aérien) d’acheter des quotas d’émission de CO2 afin de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre.

« Les avantages de lier les deux systèmes sont clairs »

Jusqu’en décembre 2020, les industriels britanniques étaient couverts par le système européen. Mais en sortant de l’Union européenne, le Royaume-Uni a décidé de lancer son propre marché, dont les toutes premières enchères doivent avoir lieu le 19 mai prochain. Et, pour l’instant, les industriels britanniques n’ont pas le droit d’utiliser les quotas européens pour justifier leurs émissions auprès du régulateur britannique.

« Les avantages de lier les deux systèmes sont clairs en termes de liquidité, de détermination du prix et de capacité à attirer des réductions dans toute l’Europe plutôt qu’au Royaume-Uni », expliquent les intéressés dans une lettre adressée à Boris Johnson. « Cela créerait également des conditions de concurrence équitable en termes de tarification du carbone, en évitant les distorsions », ajoutent-ils.

L’Europe a officialisé le relèvement de ses objectifs climatiques pour viser une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 55 % d’ici à 2030, par rapport à 1990, ce qui a contribué à une hausse rapide du prix du carbone ces derniers mois. De son côté, le Royaume-Uni s’est engagé à réduire ses émissions de pas moins de 78 % d’ici à 2035.

Le nombre de quotas disponibles devrait donc être relativement réduit et le marché britannique devrait s’avérer nettement moins liquide comparé à son homologue européen. Les industriels s’inquiètent que le prix des quotas britanniques explose très rapidement. Côté européen, c’est l’inverse. Les Britanniques étaient les plus gros acheteurs de quotas européens fin 2020. Non seulement, ils ont conservé leurs quotas mais ils restent actifs sur le marché afin de couvrir leurs émissions futures. S’ils devaient les revendre, les prix risqueraient de chuter. Si l’hypothèse d’un lien entre les deux marchés n’est pas écartée des deux côtés de la Manche, aucun engagement politique clair n’a pour autant été pris pour l’instant.



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