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Finance

Les interrogations montent sur la poursuite des achats d’actifs aux Etats-Unis



Publié le 27 avr. 2021 à 13:23

C’est une question que la Fed ne pourra plus éluder très longtemps. Et qui pourrait même se poser dès la réunion qui se tient ce mardi et mercredi. Jusqu’à quand va-t-elle maintenir son vaste programme d’achat d’actifs (QE), alors que les perspectives économiques sont au beau fixe outre-Atlantique ? Depuis le début de la crise du Covid, la banque centrale américaine a inondé le marché de liquidités faisant exploser son bilan. Celui-ci a doublé depuis mars 2020 pour avoisiner les 8.000 milliards de dollars.

Une réaction qui se justifiait alors que l’activité avait été quasiment réduite à zéro par la pandémie. Mais aujourd’hui, la combinaison de la levée des restrictions, de l’avancée du programme de vaccination et des plans de relances budgétaires a donné un sacré coup d’accélérateur à l’emploi et à l’activité économiques, au risque d’une surchauffe . Les indices ISM américains ont éteint des niveaux inédits ou pas observés depuis près de 20 ans. « L’économie américaine est probablement en train de surpasser ses niveaux d’avant crise », écrit Daniel Vernazza, chef économiste d’Unicredit.

Précédent canadien

La semaine dernière, constatant le fort rebond de sa propre économie, la Banque du Canada a annoncé qu’elle allait entamer son « tapering » – l’extinction progressive de son programme d’achats. Cette décision, la première en ce sens prise par une grande banque centrale, pourrait bien faire école. Lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale , son président, Jerome Powell, avait précisé que le sujet n’était pas à l’ordre du jour.

La Fed continuera à acheter pour 80 milliards d’obligations d’Etat américaines et 40 milliards d’actifs adossés à de prêts immobiliers par mois, tant que « de nouveaux progrès conséquents » – un terme volontairement flou- ne seront pas constatés, tant sur le front de l’emploi que sur celui de l’inflation . Mais ces progrès pourraient intervenir dans les prochaines semaines.

Nouvelles anticipations

Les économistes, pour leur part, commencent à s’y préparer. Selon un sondage réalisé par Bloomberg, ils sont 45 % à envisager que la Fed commencera à réduire ses acquisitions au cours du dernier trimestre. En mars, la majorité penchait plutôt pour 2022. De quoi mettre maintenant une certaine pression sur Jerome Powell. Ce dernier a en effet promis de prévenir les marchés très à l’avance avant de débuter le resserrement de sa politique monétaire.

L’exercice est délicat. Pas question de renouveler l’épisode désastreux du taper tantrum de mai 2013. Le président de la Fed de l’époque, Ben Bernanke, avait laissé entendre que si la banque centrale « constatait de nouvelles améliorations de la situation économique, et que celles-ci semblaient durables, alors elle pourrait, lors d’une de ses prochaines réunions, commencer à réduire le rythme de ses achats. » S’en était ensuivi un mouvement de panique sur le marché obligataire, même si la Fed n’avait commencé à diminuer son intervention qu’en décembre. Et que l’extinction complète des achats avait pris un an.

Prudence

On comprend donc que le président de la Réserve fédérale marche sur des oeufs. A priori, il devrait rester sur une ligne prudente cette semaine. D’autant que cette réunion de la Fed ne sera a priori pas suivie d’une conférence de presse. Mais chaque mot de sa déclaration devrait être pesé. « La marge de manoeuvre est étroite entre un discours trop accommodant, qui pourrait induire des anticipations que la banque centrale sera en retard et un discours trop dur, avertit Aurel bgc. Il n’est donc pas impossible que Jerome Powell prévienne : si nécessaire, les membres du Fed sont prêts à agir et à débuter un tapering. »



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