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Economie

les jeunes à la peine face à la pandémie


Qui a dit que la génération montante n’a peur de rien au moment de se lancer dans la vie professionnelle ? Le groupe Kardham, spécialisé dans l’immobilier d’entreprise, publie une étude très fouillée sur l’impact du coronavirus dans l’entreprise, avec plus de 3 000 professionnels de différents secteurs interrogés. Il en ressort que la tranche des 18-30 ans est celle qui vit le moins bien la crise sanitaire et ses multiples implications sur le travail.

Les Parisiens les plus touchés

« Nous avons été d’autant plus impressionnés par cette situation que les tout premiers résultats de l’enquête pouvaient laisser penser que chez certains jeunes, parisiens en particulier, cette période de confinement était très pénible, confie Nicolas Cochard, responsable recherche et développement chez Kardham, avec l’augmentation de la taille de l’échantillon statistique – élargi à toute la France -, les données sont apparues un peu moins brutales. » Sur cette appréhension démultipliée des jeunes professionnels, Jean-François Couëc, le président de Kardham, veut livrer une appréciation néanmoins nuancée : « Oui, en termes de confiance dans leur potentiel et de performances opérationnelles, les jeunes contraints au télétravail sont en retrait par rapport aux autres tranches d’âge mais ils ne sont pas non plus à des années-lumière puisque les indicateurs restent proches. »

Le dirigeant de Kardham se veut même positif quand il affirme que cette fragilité des jeunes témoigne aussi de leur attachement à l’entreprise : « On a tellement entendu dire qu’ils étaient déconnectés du bureau qu’on ne peut que se réjouir de les voir en quête d’un lien quotidien avec l’entreprise. » De son côté, Nicolas Cochard relève des attitudes similaires entre la tranche des 18-30 ans et celle des plus de 51 ans. « Souvent, ces deux catégories ne sont pas concernées par la parentalité : les premiers parce qu’ils ne sont pas encore parents, les seconds parce que leurs enfants ont quitté ou sont en train de quitter le nid familial. »

En quête de ressort

« Pour une fois que les clichés sont retournés, on ne va pas s’en plaindre, souligne la psychiatre Fanny Jacq, directrice de la santé mentale chez le spécialiste de la téléconsultation Qare, généralement, on entend dire que les jeunes sont capables d’affronter toutes les situations tandis que leurs aînés manquent à la fois de ressort et de dynamisme. » Et l’intéressée de citer l’exemple des outils digitaux, que les seniors seraient incapables de manier efficacement.

Pour Fanny Jacq, cette dualité jeunes-moins jeunes face à la crise sanitaire et ses dérivés fait émerger un duel entre rapidité et expérience. « Où l’on s’aperçoit que le climat actuel valorise l’expérience : dans la tourmente qui sévit aujourd’hui, qui peut avoir des répercussions aussi bien personnelles que professionnelles, le capital réflexion des personnes un peu expérimentées est une grande force. »

Transfert de compétences

Est-ce à dire que les jeunes vont manger longtemps leur pain noir ? Pour Fanny Jacq, il faut leur laisser le temps de faire leur apprentissage. « Dans quelques années, ce seront des personnalités incroyablement riches et résilientes, tant ils auront vécu des choses fortes. » La psychiatre rappelle au passage qu’on ne peut pas demander un jeune d’évoluer dans une entreprise avec la même autonomie qu’un profil plus expérimenté, qui n’est pas déstabilisé par les obstacles et qui n’a pas besoin sans arrêt de conseils pour se débrouiller au quotidien. Fanny Jacq parle encore de l’importance du transfert de compétences : «S’il y a une vertu que peut posséder cette crise, c’est la nécessité admise que les jeunes ont besoin de s’appuyer sur leurs aînés. Des liens forts peuvent ainsi se tisser. »

Philippe G., frais émoulu d’une école de commerce, a rejoint un cabinet d’audit juste avant le début du confinement : « À peine le temps de dire bonjour-bonsoir, j’étais déjà en télétravail, sans avoir eu la moindre seconde pour m’imprégner de la culture de la boîte. » Après quelques semaines, il commence enfin à sortir la tête de l’eau : « Au début, je ne maîtrisais pas la plupart des procédures de travail. De telle façon que je ne décollais pas de mon écran. Heureusement, avec quelques collègues, nouveaux comme moi, on s’est serré les coudes. » Bref, la solidarité a joué, comme dans beaucoup d’autres entreprises où elle est encore amenée à jouer un rôle prépondérant.



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