Image default
Economie

Les Journées de l’architecture célèbrent l’architecture du quotidien


EN IMAGES – Pour cette édition particulière, entre covid et couvre-feu, les Journées nationales de l’architecture mettent notamment à l’honneur des équipements publics et des logements collectifs.

Alors qu’avec la crise sanitaire et désormais le couvre-feu nous sommes appelés à passer plus de temps qu’auparavant entre nos quatre murs, les Journées nationales de l’architecture ont voulu rendre hommage aux bâtiments du quotidien. L’occasion de montrer ou de rappeler que la beauté ou l’intelligence peut se nicher dans des bâtiments discrets sans effet tapageur mais qui rendent meilleur le quotidien de ceux qui les occupent, s’en servent ou y travaille.

» LIRE AUSSI – Découvrez les luxueux locaux feutrés d’une banque d’affaires parisienne

Puisque l’accès public à bon nombre de ces bâtiments sera plus compliqué pour les curieux que d’habitude (retrouvez ici et également ici le programme national de ce week-end), le Figaro immobilier vous permet de découvrir trois de ces lieux discrètement remarquables, situés dans le nord-est de Paris, entre 19e et 20e arrondissements. Première étape de la visite, la Ferme du rail, premier projet lauréat du concours Réinventer Paris à être livré (il a été inauguré le 17 décembre 2019). Adossé à la Petite ceinture, à deux pas de la Cité de la musique, l’endroit se présente comme un «espace agri-urbain ouvert à tous».

Ferme urbaine

Ferme de polyculture et d’insertion, l’endroit mêle espaces de maraîchage et de compostage gérés par l’association de réinsertion Travail & Vie, centre d’hébergement et de réinsertion sociale ainsi qu’un restaurant ouvert à tous. «Le site était auparavant une friche faisant office de garage sauvage avec des sols pollués, rappelle Julia Turpin, du cabinet Grand Huit, l’une des architectes du projet. Avant même le début du chantier, il y a eu un gros travail sur les sols et le compostage. L’idée était de créer ici un lieu ouvert sur le quartier qui rende service autour de lui.»

Forcément écologiques, les bâtiments bénéficient d’une structure bois, d’une isolation en botte de paille et sont recouverts d’un bardage de châtaignier. Suivant les préceptes bioclimatiques, l’espace le plus ensoleillé de la parcelle a été réservé pour le grand potager. L’eau de pluie est récupérée pour l’arrosage et des bassins d’hydroponie seront bientôt opérationnels. Côté habitations, la structure du centre d’hébergement est très simple: chacun des quatre niveaux comporte cinq chambres et une tisanerie où les 15 locataires en réinsertion ou les cinq étudiants peuvent se retrouver ou grignoter. Ils disposent par ailleurs d’une terrasse et d’une salle commune dans l’autre bâtiment du site et sont nourris par le restaurant tous les soirs. Ce deuxième bâtiment, celui du restaurant, abrite également un atelier et une champignonnière dans sa partie la plus sombre et est coiffé d’une serre qui permet de couvrir 20% des besoins du restaurant. Partout le réemploi a été poussé à son maximum, depuis le grand garde-corps métallique prélevé sur d’autre bâtiment en passant par les pierres issues de bordures de trottoirs ou de cimetière ou certains meubles.

Ode au béton

Autre ambiance, à quelques centaines de mètres de là avec la résidence Mouzaïa. Autant la Ferme du rail célèbre la verdure, autant l’immeuble du 58, rue de Mouzaïa est une ode au béton. En attendant la réhabilitation de l’immeuble voisin qui accueille notamment l’Armée du Salut, ce bâtiment de bureaux des années 70 conçu par les architectes Claude Parent et André Remondet est l’un des rares bâtiments parisiens de type «brutaliste» encore visibles dans la capitale. Le bailleur social RIVP qui gère désormais les lieux a souhaité que la transformation de l’endroit en résidence étudiante, résidence d’artiste, foyer de jeunes travailleurs et espace de coworking se fasse en respectant l’héritage architectural du site.

Un principe qui coulait de source pour l’architecte Patrick Rubin qui a suivi le chantier, lui qui loue «l’intelligence structurelle» du bâtiment avec son plan libre et ses circulations optimisée. Au rez-de-chaussée, il a ainsi conservé une vraie «rue intérieure» qui après une entrée unique distribue par des accès différents chacune des différentes résidences du lieu. Tout l’aspect béton rugueux et rainuré, caractéristique de l’époque, a été conservé, seules les fenêtres ont été intégralement changées avec d’élégant cadre carré en bois. Une opération permettant de disposer de double vitrage et fenêtre que chaque occupant peut ouvrir. Au final, les lieux disposent de 123 logements étudiants, 65 logements destinés à de jeunes travailleurs ainsi que 14 ateliers d’artistes et 90 places dans un espace de co-working. Et bientôt suivront les 106 logements rénovés de l’immeuble voisin ainsi que le restaurant de 120 couverts géré par l’Armée du Salut.

Équilibres économiques

Dernière étape: la MJC des hauts de Belleville, un immeuble quasiment de la même époque qui a subi une restructuration plus importante. Cet équipement des années 60 mêlant maison des jeunes et foyer de jeunes travailleurs était devenu obsolète aussi bien du point de vue pratique que réglementaire. La restructuration lourde de ces équipements menée par Bruno Dupouy du cabinet CODA architectes a été particulièrement acrobatique sachant qu’il fallait dégager de délicats équilibres économiques.

L’immeuble a ainsi été surélevé d’un demi-niveau pour créer toute une série de logements supplémentaires (voir notre diaporama) et les équipements sportifs et culturels ont également été repensés. Se séparer du grand gymnase a été un crève-cœur mais il a été remplacé par une salle multisport plus petite accueillant une grande tribune rétractable pour installer du public pour des spectacles. Les lieux continuent ainsi à pouvoir accueillir un terrain de futsal, équipement «historique» particulièrement apprécié. Et le découpage du gymnase a permis d’installer des salles d’activités sportives et de danse supplémentaire ainsi que des salles d’activité en étage. Des créations qui permettent d’augmenter l’activité des lieux et ses recettes.





Source link

Autres articles

le Congrès américain adopte un nouveau plan d’aide de 483 milliards de dollars

administrateur

Les bars et restaurants de Marseille et d’Aix-en-Provence sont fermés depuis dimanche soir

administrateur

Olivier Véran lance en urgence un «Ségur de la santé»

administrateur

l’UFC-Que Choisir assigne 20 compagnies pour manquement à leurs obligations

administrateur

la Cnil clôture la mise en demeure du ministère de la Santé

administrateur

«La charge de la dette publique française ne baissera plus»

administrateur