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Economie

les larges promesses économiques des nouveaux maires verts


Les grandes métropoles de France vont-elles se verdir? Après leur victoire au second tour des élections municipales, les candidats écologistes ou à la tête de coalitions rose-vert dans un certain nombre de villes vont pouvoir mettre en œuvre les engagements pris durant la campagne. À Lyon, Bordeaux, Strasbourg ou encore Marseille, les changements promis sont importants. Certains axes des programmes, comme la défense des commerçants ou la promotion de mutations dans l’appareil productif, sont partagés par plusieurs nouveaux élus. La question du coût des mesures et de leur financement devra toutefois être précisée. Tour d’horizon des principales mesures économiques des programmes des nouveaux maires écologistes.

Lyon : la «proximité» comme moteur de la croissance

À Lyon, la transition écologique sera une condition sine qua non pour profiter des aides publiques : «les entreprises seront choisies selon leur trajectoire climat», écrit l’équipe de Grégory Doucet qui compte relancer «les grands chantiers» de la ville comme de la métropole pour redémarrer l’activité avec l’appui de la commande publique. La municipalité entend aussi aider les commerçants du centre-ville, par exemple en rendant les «terrasses gratuites», en renégociant les baux commerciaux ou en dévoilant une «stratégie commerciale ambitieuse pour développer l’identité des rues commerçantes». Des «responsables de revitalisation» seront chargés de «redynamiser l’emploi et de soutenir les commerçants de proximité». De belles promesses, à concrétiser dans les actes.

La mairie souhaite également développer le secteur agricole, en lien avec la mise en place de repas bios et produits localement pour la moitié des aliments et compte définir une «stratégie industrielle visant la relocalisation» d’activités et d’industries, par exemple dans la filière vélo, textile ou santé.

Les logements feront aussi l’objet de plusieurs mesures : rénovation thermique des bâtiments, mise en place «dès les premiers mois du mandat» d’un encadrement des loyers dans la métropole, consultations sur une «diminution du nombre de jours maximum de location Airbnb»… «Lyon ne doit pas suivre le modèle parisien», dénonce la nouvelle équipe.

Pour apporter de l’oxygène aux transports, la mairie écologiste propose la création d’un «réseau express vélo» reliant toutes les communes environnantes entre elles et avec le centre-ville. Un «plan d’investissement de 3 milliards d’euros» dans le réseau TCL est également avancé. Le programme écologiste pousse par ailleurs au maintien d’un télétravail «régulier» – un à deux jours par semaine – pour décongestionner les réseaux. La ville va concentrer ses efforts pour attirer des touristes proches, issus de villes accessibles en train, plutôt que des visiteurs étrangers venus de l’autre bout du globe.

Enfin, contre la précarité, la ville va mettre en place «un RSA jeune», aider ses bénéficiaires à se former ainsi qu’à trouver un emploi, lutter contre les discriminations et «renforcer la lutte contre le non-recours au droit» pour les plus précaires.

Bordeaux : créer des «emplois d’avenir» dans de nouveaux secteurs

Fraîchement élu au siège occupé par Alain Juppé et Jacques Chaban-Delmas, Pierre Hurmic entend accompagner la «mutation écologique» de l’économie locale. La ville promet de soutenir les entreprises de l’économie sociale et solidaire, accompagner les TPE dans leur transition écologique – notamment en les exonérant de contribution économique territoriale (CET) et valoriser les friches industrielles. Là encore, l’appui aux commerçants du centre-ville fait partie du programme, alors que la construction de nouveaux ensembles commerciaux doit être «évitée». Comme à Lyon, Bordeaux veut développer le tourisme local et l’étendre au-delà des quartiers connus de tous, afin que ses externalités positives soient palpables dans l’ensemble de la ville.

La mairie veut capitaliser sur des «métiers d’avenir» et des secteurs en expansion, notamment grâce à des «chantiers-écoles de formation et d’insertion» vers la rénovation thermique, la protection de l’environnement ou l’agriculture urbaine. À l’instar de Lyon, elle entend ainsi créer des emplois «non-délocalisables» dans des domaines porteurs… sur le papier, du moins.

La «Belle endormie», dont les loyers ont explosé ces dernières années, entend expérimenter elle aussi l’encadrement des loyers. La municipalité souhaite aussi utiliser les logements et bureaux vides pour «loger les plus vulnérables» et de plus amples moyens ont été promis aux associations.

Pierre Hurmic entend financer ces changements grâce à une gestion «qui visera à en finir avec les grands projets inutiles pour se consacrer à l’essentiel». Un audit financier sera commandé et la «cession du stade Matmut Atlantique aux propriétaires du FCGB» sera étudiée. L’équipe souhaite aussi mettre en place un «budget climatique», sans préciser sa teneur.

Strasbourg : des «mesures d’urgence» et une transformation profonde

La capitale de la région Grand Est reprend peu ou prou les mêmes orientations que ses homologues écologistes ailleurs. Appui aux commerçants, soutien des agriculteurs locaux, accompagnement de la transition écologique des entreprises, «plan de formation ambitieux» pour soutenir le développement de métiers et filières porteurs… La ville propose en plus de créer un «fonds d’urgence de 2 millions d’euros» pour venir en aide aux artisans et commerçants frappés par la crise. À l’instar de Lyon, Strasbourg entend mettre l’accent sur le tourisme de proximité.

Le dossier du logement avance là aussi des propositions vues ailleurs, comme une incitation «à la remise en location des logements vides et Airbnb » ou un plan de rénovation énergétique devant toucher 8000 bâtiments et logements chaque année. La nouvelle maire, Jeanne Barseghian, suggère également un «moratoire sur les expulsions locatives» dans le privé et social ainsi qu’une aide renforcée pour les locataires en difficulté.

Sans surprise, le développement du vélo, une place plus centrale accordée aux piétons et la gratuité des transports en commun pour les plus jeunes sont proposés pour limiter le développement de la voiture. Défendant une «politique énergétique ambitieuse», la ville souhaite atteindre 100% d’énergies renouvelables d’ici 30 ans, sans préciser les moyens de réaliser cet objectif, sinon en réduisant la consommation énergétique des services municipaux en dix ans.

Le programme de la candidate élue ne précise pas la manière dont ses projets seront financés. Elle souhaite simplement que le budget de la ville soit «débattu chaque année avec les habitant·e·s de Strasbourg».

Tours : le local et la transition comme credo

À Tours, remportée par Emmanuel Denis, on retrouve la même volonté d’appuyer des commerçants locaux rudement éprouvés ces derniers mois. Le tourisme se veut aussi responsable et l’équipe nouvellement arrivée à la mairie entend elle aussi renforcer des filières d’avenir, sur le long terme, en favorisant «la formation des jeunes aux métiers de la transition écologique et à l’artisanat» ou en accompagnant les changements au sein des entreprises.

Les transports publics seront développés et le vélo doit devenir le «mode de déplacement du quotidien», avec la mise en place d’un réseau express vélo, comme à Lyon. La municipalité souhaite aussi lancer un plan de rénovation énergétique des bâtiments, «lutter contre l’habitat insalubre, les marchands de sommeil et le sans-abrisme», sans donner plus de détail. Elle énumère d’autres promesses floues voire étonnantes, comme «promouvoir l’architecture bio climatique», «créer des logements protégés pour les personnes électro-sensibles» et «adapter les logements au vieillissement».

La nouvelle direction compte cependant mettre en œuvre son projet sans faire exploser le budget de la ville. Sa recette : supprimer «les gaspillages d’argent public» et demander «des nouveaux financements» régionaux ou européens. Elle déclare aussi souhaiter transformer Tours «sans augmenter les impôts».

Marseille : le Printemps marseillais promet «l’espoir»

Dans la cité phocéenne, la liste conduite par Michèle Rubirola, arrivée en tête au second tour mais qui devra transformer l’essai lors de l’élection du maire au conseil municipal, samedi, promet de rompre avec le bilan et la méthode Jean-Claude Gaudin. Cette nouvelle voie passerait notamment par des investissements importants prévus dans les prochaines années : «plusieurs centaines de millions d’euros» sont sur la table, en profitant des taux d’intérêt bas pour que la ville «rattrape son retard actuel». L’équipe s’engage parallèlement à maîtriser les comptes, en respectant «la règle plafonnant à 12 ans la capacité de désendettement», en faisant la «chasse aux gaspillages», le tout sans augmenter la pression fiscale. Elle explique également qu’une «restructuration de la dette (…) permettrait de réduire les charges financières très lourdes». Pour arriver à ses fins, «la Ville doit trouver tous les partenaires, à commencer par l’État et par la Métropole, pour partager et soutenir son ambition. L’ensemble des grandes institutions financières internationales, du FMI à la Banque européenne, invitent les États à relancer l’économie mondiale», rappelle le programme, en guise de justification. Reste à convaincre les partenaires financiers.

L’équipe de Michèle Rubirola promet notamment d’agir pour le logement des Marseillais. 30.000 logements doivent être construits en six ans et un «observatoire local des loyers» pourra suggérer un «encadrement éventuel des loyers sur certains secteurs» en fonction de ses découvertes. Les logements sociaux seront renforcés, en mettant en œuvre le seuil obligatoire de 25% à l’échelle des arrondissements et non de la ville, et en abaissant le seuil de 120 à 20 logements. La municipalité compte également s’occuper des logements vacants pour qu’ils soient loués «aux plus précaires». Les nouveaux projets immobiliers ne pourront être validés qu’à condition que des écoles soient bâties pour les nouveaux arrivants et celles-ci seront rénovées, dans la ville, grâce à un «plan pluriannuel d’investissement de 1 milliard d’euros […] en tenant compte de la hausse démographique par secteur et en utilisant systématiquement la maîtrise d’ouvrage publique sans faire appel au financement privé», avance le programme.

L’équipe compte aussi transformer les transports de la ville, en doublant «l’offre de transports publics». Pour faciliter leur circulation, les bus devraient profiter de couloirs réservés «sur toutes les rues, avenues, boulevards» où cela sera possible, dès l’année prochaine.

Celle qui pourrait devenir la nouvelle maire samedi souhaite également appuyer certains secteurs économiques pour dynamiser l’activité, avec un «plan de relance de l’économie urbaine productive durable», des relocalisations «d’activités ou de fonctions» et grâce à des investissements dans le «foncier économique», tel que les friches industrielles. Un pari incertain. Comme à Lyon, Michèle Rubirola entend également soutenir l’expansion de «l’agriculture urbaine» et veut protéger les terres agricoles.



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