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Economie

Les mesures anti-Covid sont une «catastrophe» pour le tourisme aux Antilles


Sauf motif impérieux, les visiteurs ne peuvent plus se rendre en Guadeloupe et en Martinique, qui accueillent d’ordinaire 160.000 métropolitains en février.

Les restrictions sanitaires anti-Covid pèsent lourd sur les Antilles françaises. Destination phare de l’hiver, avec les stations de sports d’hiver, la Guadeloupe et la Martinique vivent actuellement «une situation catastrophique» au niveau touristique. Ce secteur représente 10% du PIB local dans ces départements d’Outre-mer.

Depuis deux semaines, les hôtels se sont vidés. Agences de voyages, tour-opérateurs, doivent gérer une avalanche d’annulations de réservations de voyages. «Dans le secteur des agences de voyages ont enregistré 10.000 à 15.000 annulations depuis 15 jours», indique Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, organisation professionnelle qui représente les agences de voyage. En cause : les dernières restrictions sanitaires qui imposent depuis le 1er février 2021 aux voyageurs de l’Hexagone de justifier d’un déplacement pour motif impérieux pour venir en Guadeloupe, en Martinique ou à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Si tel est le cas, les visiteurs doivent présenter un test PCR négatif à l’entrée et au retour, et respecter sept jours d’isolement.

Incompréhension

Ces mesures ont été décidées pour protéger ces territoires d’Outre-mer des variants du Covid. Elles sont cependant incomprises des professionnels du tourisme, qui les ressentent comme une forme d’injustice. «La semaine prochaine les Franciliens qui commencent leurs vacances pourront partir en Bretagne ou sur la Côte d’Azur. Y louer un AirBNB… Alors que l’on confine complètement des départements d’Outre-mer où il n’y a quasiment pas de cas positifs. Il y a deux poids, deux mesures, on a du mal à comprendre», témoigne Gilbert Cisneros, patron d’Exotismes, tour-opérateur spécialiste du voyage dans les îles.

La haute saison touristique – de novembre à début avril – avait pourtant bien démarré dans les Antilles françaises. «La période du 15 décembre au 15 janvier en Guadeloupe et en Martinique, la saison était repartie pratiquement au niveau de 2019. Une vraie lumière après des mois compliqués», poursuit Gilbert Cisneros. D’après le cabinet Protourisme, durant la semaine du Nouvel an, les hôtels avaient un taux d’occupation de 100% et ensuite tournaient à 90% d’occupation. Avant l’instauration des mesures anti-Covid, la ligne aérienne Pointe-à-Pitre/Paris était la quatrième la plus fréquentée au monde en termes d’offre de sièges. La compagnie Air Caraïbes avait en effet multiplié ses vols depuis le mois de décembre, juste avant les vacances de Noël. Air France avait aussi renforcé sa desserte avec des départs d’Orly, mais aussi depuis l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. «Là, on assiste à un écroulement», se désole Didier Arino, directeur associé de Protourisme. Depuis le 2 février, les vols à destination de la Martinique sont passés de 7 vols quotidiens quasiment pleins, à 3 vols à moitié vides.

« C’est catastrophique d’interdire l’accès aux Antilles »

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage

«C’est catastrophique d’interdire l’accès aux Antilles, s’alarme aussi Jean-Pierre Mas, des Entreprises du Voyage, d’autant qu’en décembre les vacances se sont très bien passées. En Guadeloupe, 40.000 métropolitains sont venus et il n’y a pas eu un cas de Covid !», glisse-t-il. D’ordinaire, en février, 100.000 métropolitains viennent passer des vacances en Guadeloupe et 60.000 en Martinique. «Cette année il y aura personne. Il faut que le gouvernement revienne à la raison», presse-t-il. En Martinique, le directeur du CMT, le Comité martiniquais du tourisme, s’attend à une saison blanche au moins jusqu’à l’été. «La fin des restrictions pour motifs impérieux est corrélée au taux de vaccination des Martiniquais. Maintenant on mise tout sur le deuxième semestre», indique François Baltus Languedoc.

Ces acteurs du tourisme mettent en garde contre les risques d’explosion d’une colère sociale dans ces départements qui avaient été le théâtre d’un conflit social en 2009. «Ces restrictions risquent d’enfoncer dans la précarité tout un pan de la société qui vit de petits boulots liés au tourisme», avertit Jean-Pierre Mas. En Guadeloupe, 20.000 personnes vivent du tourisme et plus de 10.000 en Martinique.



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