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Economie

les nouvelles exigences des banques


Certains établissements poussent à souscrire à une garantie perte d’emploi. Un produit pourtant peu efficace.

Jamais le crédit immobilier n’a été aussi peu cher. Et pourtant, obtenir un prêt est loin d’être une sinécure. Même si les conditions d’octroi ont été assouplies en fin d’année dernière par les autorités financières. Avec la crise du Covid-19, les banques ont fait évoluer leurs exigences. Pas de quoi gripper le marché mais bloquer des profils fragiles.

Les établissements financiers scrutent avec attention votre secteur d’activité. Car des risques de licenciement pèsent sur certains d’entre eux (tourisme, événementiel, aéronautique…).

Par ailleurs, des établissements financiers, comme le Crédit agricole ou la Caisse d’épargne, proposent aussi à leurs clients une garantie contre la perte d’emploi, avec l’assurance. « Disons que ces banques conseillent vivement – pour ne pas dire imposent – aux profils les plus fragiles d’y souscrire », affirme Sandrine Allonier, de Vousfinancer, courtier en crédit immobilier.

Concrètement, si vous refusez l’offre, votre demande de crédit a de fortes chances d’être refusée. C’est ce qui est arrivé à un jeune couple de trentenaires qui a dû souscrire à la garantie perte d’emploi. Et pourtant, elle est cadre dans une grande entreprise du CAC 40 et lui est commercial pour une entreprise de textile. Pourtant, comme le rappelle la Fédération bancaire française, «deux garanties sont indispensables, en cas de décès et d’invalidité. La question de souscrire à des protections supplémentaires peut se poser. Mais la décision finale appartient au client».

Garantie onéreuse

Sur le principe, cette garantie contre la perte d’emploi semble utile mais, dans les faits, elle se révèle chère, contraignante et inefficace aux yeux des experts de l’assurance.

Chère ? Les prix varient ainsi entre 0,3% et 1% du montant emprunté, selon l’âge ou la profession du client. Pour 1000 euros à assurer, il vous en coûtera environ 50 euros, selon une offre proposée par la Caisse d’Épargne. Inefficace ? L’indemnisation ne se déclenche qu’après un délai de carence de plusieurs mois. Au Crédit agricole, la prestation est versée à l’issue d’une période de 90 jours.

Contraignante ? Les conditions pour bénéficier de cette garantie sont drastiques. Vous devez ainsi avoir perdu votre emploi à la suite d’un licenciement économique – les démissions, ruptures conventionnelles ou le chômage partiel sont exclus – et être en CDI depuis au moins un an. Enfin, la garantie ne couvre l’assuré que pendant six mois à un an seulement, selon les contrats.

Protéger les marges

Et si vous changez d’assurance, vous ne pourrez pas retirer la garantie de perte d’emploi. « En réalité, c’est une manière déguisée, pour la banque, d’obliger son client à garder son assurance emprunteur », analyse Astrid Cousin, de Magnolia.fr, courtier en assurances de prêt. « Les taux sont tellement bas que des banques tentent de rentabiliser les crédits immobiliers pour protéger leurs marges », décrypte Sandrine Allonier.

Peu nombreuses sont pour l’heure les banques proposant cette garantie. Même le Crédit agricole recommande à ses clients d’être « vigilants » et d’étudier les modalités de couverture, le coût et l’éligibilité de la profession de l’emprunteur. Reste à savoir ce qu’il en sera du comportement des banques si la crise se durcit et si le chômage grimpe.



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