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Economie

Les patrons des Gafa face aux élus américains


C’est une grande première. Mercredi, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, Jeff Bezos d’Amazon, Sundar Pichai de Google et Tim Cook d’Apple vont être auditionnés en même temps par la commission judiciaire du Congrès américain. À cause de la pandémie de Covid-19, cette spectaculaire convocation de quatre des plus grands patrons de la Silicon Valley aura lieu en visioconférence. Les questions tourneront autour des soupçons d’abus de position dominante de ces géants de l’économie numérique.

Cela fait désormais un an que les 15 membres du comité judiciaire enquêtent sur le sujet. Ils ont amassé plus d’un million de documents et mené des centaines d’heures d’entretiens. La convocation des grands patrons de la tech en est le point d’orgue, et va nourrir un rapport qui pourrait appeler à une réforme des lois «antitrust» aux États-Unis. Ces dernières ne condamnent que les agissements qui causent un tort direct au portefeuille des consommateurs.

Les Gafa posent un autre challenge. Google, Amazon, Facebook et Apple sont des titans dont les valorisations cumulées frôlent les 5 000 milliards de dollars. Leurs activités se sont étendues bien au-delà de leur cœur de métier. Ils sont bien souvent en position dominante sur leurs marchés. Et ils n’ont pas toujours su protéger les données personnelles de leurs utilisateurs. «Tout cela pose de sérieux problèmes, et il est clair que ces entreprises ne vont pas s’autoréguler», déclare au Washington Post le député démocrate David Cicilline, président de la commission judiciaire. «Il est de la responsabilité du Congrès de s’emparer de cette question.» Début août, le même député confiait au New York Times: «Plus j’en ai appris durant cette enquête, plus il est apparu clairement que le pouvoir de ces plateformes est terrifiant, avec un impact sur l’innovation et le secteur des start-up.» Au vu des contraintes de calendrier, une éventuelle réforme des lois «antitrust» devrait revenir au prochain Congrès, qui sera élu en novembre.

D’après la presse américaine, chacun de ces grands patrons se prépare depuis des semaines à cette audition. Mark Zuckerberg devrait dérouler un argumentaire bien rodé, selon lequel affaiblir l’américain Facebook ferait les affaires des géants chinois de la tech, qui ne sont pas régulés par Pékin. Les lobbyistes de la Silicon Valley tentent, eux, d’adoucir la teneur des débats et de démontrer que leurs clients n’ont pas de pratiques anticoncurrentielles.

L’audition devrait durer une demi-journée. Un temps court tant Google, Apple, Facebook et Amazon sont des entreprises différentes, à qui il est reproché des pratiques bien distinctes

D’après les données du Center for Responsive Politics, les quatre entreprises ont dépensé en 2019 plus de 60 millions de dollars en lobbying à Washington, une somme qui devrait grossir en 2020. Les questions des députés donneront le ton de l’audience, qui pourrait très bien devenir une promenade de santé si les interventions sont peu incisives. Il n’est pas impossible que l’audition vire vers un thème cher au camp républicain: le supposé biais pro-démocrate de la Silicon Valley, qui tenterait d’étouffer les voix des partisans de Donald Trump sur les réseaux sociaux afin de favoriser l’élection de Joe Biden.

Autres enquêtes en cours

L’audition devrait durer une demi-journée. Un temps court tant Google, Apple, Facebook et Amazon sont des entreprises différentes, à qui il est reproché des pratiques bien distinctes. Facebook cherche-t-il à étouffer la concurrence en copiant leurs fonctionnalités ou en rachetant ces entreprises avant qu’elles ne soient une menace? Amazon utilise-t-il les données des vendeurs de sa marketplace pour copier leurs produits à succès et les vendre sous sa propre marque? Apple avantage-t-il ses propres services sur l’AppStore? Google oriente-t-il les utilisateurs de téléphones Android vers son navigateur, son moteur de recherche et ses services dans les résultats affichés par ce dernier? Il n’est pas dit que les députés auront le temps de creuser tous ces sujets.

Mais les réponses des grands patrons de la tech seront écoutées avec attention par les autres instances américaines, qui mènent depuis plus d’un an leurs propres enquêtes. La Commission fédérale du commerce (FTC), qui a déjà infligé une amende de 5 milliards de dollars à Facebook à la suite du scandale Cambridge Analytica, continue ses investigations sur les pratiques anticoncurrentielles du réseau social. Elles ne devraient pas aboutir avant 2021. Le ministère de la Justice devrait, lui, déposer au cours de l’été une plainte formelle contre Google. En septembre dernier, 49 États américains ont lancé leurs propres investigations sur son monopole supposé dans le secteur de la publicité en ligne. La pression sur les Gafa n’est pas près de retomber.



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