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Finance

Les places financières européennes ne profitent pas réellement du Brexit



Publié le 9 avr. 2021 à 6:16Mis à jour le 9 avr. 2021 à 6:29

Dans sa dernière enquête sur l’attractivité des places financières mondiale, Kroll (nouveau nom de Duff & Phelps) dresse un constat inquiétant pour le Vieux continent. Aux yeux des professionnels de la finance, l’Europe est en très nette perte de vitesse. Le sondage a été mené auprès de 250 cadres de banque, d’intermédiaires de marché, de hedge funds, de gestionnaires d’actifs ou encore de fonds d’investissement.

Comme attendu, après sa sortie de l’Union européenne, Londres a vu son éclat pâlir. Quelque 31 % des sondés considèrent la City comme le premier centre financier mondial en 2021, contre 34 % l’an dernier et surtout, 53 % il y a trois ans. Plus de la moitié (51 %) des professionnels estime que le Brexit va affaiblir la position du Royaume Uni. Seulement 12 % d’entre eux pensent que la place londonienne en sortira renforcée. « Même parmi les répondants basés au Royaume-Uni, seul un tiers juge que Londres sera le centre financier dominant à un horizon de cinq ans », souligne Kroll.

Un effet Brexit très limité

Les autres places financières du Vieux contient ne profiteront pas de ce déclin, estiment les professionnels de marchés. Paris et Francfort ne sont pas perçus comme étant au centre de la finance mondiale et cela ne devrait pas changer à moyen terme. « Le transfert des services financiers de Londres vers le continent n’a jamais été réaliste à court terme, compte tenu de l’établissement de longue date de la finance à Londres, de l’existence d’un écosystème de services et d’expertise, et de l’environnement réglementaire », commente Kroll, pour qui « Londres sera un centre financier de premier plan pendant un certain temps encore, avec le potentiel de forger un avenir plus indépendant. » Pour 31 % des personnes interrogées, le Royaume-Uni présente l’environnement réglementaire le plus attrayant, devant les Etats-Unis et Singapour (25 % pour chacun).

Loin de l’exode redouté ou espéré, au premier semestre 2020, le Brexit a entraîné la création d’environ 3.000 emplois à Francfort selon le Frankfurt Main Finance Lobby Group. « A Paris il existe une véritable dynamique même s’il est encore trop tôt pour en ressentir des effets en termes d’emplois », veut croire Hannah Rossiter, directrice réglementation financière de Kroll en France.

« Prime brokerage »

Elle y note en particulier « un développement par les banques d’affaires de leurs activités de prime brokerage, depuis quelque temps. » En comparaison, le seul secteur bancaire emploie plus d’un demi-million de personnes au Royaume-Uni, selon la British Bankers Association.

Quelque 60 % des professionnels interrogés considèrent que New York est aujourd’hui le premier centre financier de la planète. C’est 4 points de plus que l’année dernière. Mais Wall Street est de plus en plus concurrencée par les places asiatiques. A la question « quels seront les principaux centres financiers dans 5 ans ? », 50 % d’entre eux répondent New York, 18 % Londres (contre 31 % aujourd’hui), 11 % Shanghai (contre 0,5 % aujourd’hui), 7 % Hong Kong (contre 2 %) et 5,5 % Singapour (contre 2 %).



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