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Economie

Les producteurs de sapins de Noël dénoncent les propos du maire de Bordeaux


Moqués et critiqués, y compris au sein de son propre camp, les propos du maire de Bordeaux sur les sapins de Noël n’ont pas été au goût de tout le monde et ont suscité l’ire des producteurs du fameux arbre. Vendredi soir 11 septembre, l’Association française du sapin de Noël naturel a publié un communiqué dans lequel elle s’indigne de déclarations relevant d’une «vision dogmatique, sans aucun fondement, qui vise clairement à nier une tradition familiale appréciée et largement suivie».

La polémique est partie d’une intervention du maire (EELV) de Bordeaux, Pierre Hurmic, jeudi. Durant sa conférence de presse de rentrée, l’édile a annoncé la suppression des sapins de Noël sur les places de la ville, les décrivant comme des «arbres morts de Noël». «Nous ne mettrons pas des arbres morts sur les places de la ville», a-t-il déclaré, ajoutant que cela n’était «pas du tout [sa] conception de la végétalisation». En outre, Bordeaux veut adopter, d’ici la fin de l’année, une «charte des droits de l’arbre».

«Méconnaissance du monde agricole»

Regroupant 130 adhérents, l’Association française du sapin de Noël naturel sanctionne des propos qui permettent au maire de «s’offrir une couverture médiatique à bon marché, tout en jetant l’opprobre sur toute une profession et porte atteinte à notre production et à nos emplois». Pierre Hurmic s’exprime sans «aucune caution scientifique», par des «propos excessifs» ajoute l’organisation, qui critique sa «réelle méconnaissance du monde agricole». L’association exprime son «vif mécontentement» et dénonce un «bien mauvais procès fait au sapin de Noël».

Les sapins cultivés par ses membres sont produits «dans le plus strict respect des normes et réglementations en vigueur», rappelle-t-elle, et ils n’ont aucun lien avec la déforestation : «l’arbre de Noël n’est pas un sapin sauvage déraciné en forêt mais bien une plante cultivée». En outre, un arbre est planté en forêt pour chaque sapin «proposé pour les fêtes de Noël». Sur Facebook, l’organisation martèle qu’il «n’y a pas de déboisement de forêts» pour produire les arbres. «Je plains nos collègues viticulteurs du Bordelais, à partir de maintenant pour préserver les chênes, le tonneau en bois sera interdit. Ce serait stupide ? Oui bien sûr, pourtant c’est la même logique», écrit-elle.

L’organisation défend enfin le statut culturel du sapin de Noël : «symbole des fêtes de fin d’année», l’arbre fait «le plaisir des enfants qui le décorent et des familles qui se regroupent chaque année autour de lui». Il représente aussi un «lien social intergénérationnel particulièrement indispensable en ces temps difficiles». «Les Français plébiscitent le sapin naturel», rappelle-t-elle en conclusion.

Constituée en 1998 pour fédérer les producteurs de sapins de Noël et promouvoir le sapin naturel, l’Association française du sapin de Noël naturel a pour but de défendre la production des sapins et d’assurer la promotion de sa culture.

À voir aussi – «On a une logique économique qu’il faut changer», estime David Belliard sur le sapin de Noël

«Buzz médiatique»

Interrogé sur Europe 1, samedi, le maire a dénoncé un «buzz médiatique» sans intérêt. «J’ai fait une conférence de presse dans laquelle j’ai annoncé 30 mesures d’ici la fin de l’année. 30 mesures concrètes, précises, avec des dates de réalisation sur le terrain […] Tout s’est très bien passé, aucun journaliste présent n’a considéré qu’une proposition pouvait faire polémique». À présent, «cette histoire fait le buzz, j’ai encore du mal à comprendre pourquoi. C’est du buzz médiatique, demain, on parlera d’autre chose», a-t-il lâché.

L’an dernier, s’est-il justifié, l’arbre de la place Pey-Berland, en face de la mairie, faisait 17 mètres et avait «chuté, à l’occasion de la tempête Fabien, endommageant la place». L’argument financier a aussi été avancé : l’arbre installé jusqu’à présent devant la mairie «coûtait une petite fortune, il était gardienné jour et nuit, car vandalisé. Il coûtait cher et ce budget sera réaffecté au profit de nouvelles manifestations pour les Bordelais» afin de «respecter la féerie de Noël», a-t-il expliqué. Cette année, la mairie compte donc «privilégier des arbres vivants, [qu’elle va] décorer». En d’autres termes, il y aura bien «plusieurs arbres» sur la place, mais pas de sapin.

L’élu écolo s’en est aussi pris à ses opposants. «On a des gens totalement incultes : le sapin n’est pas un symbole chrétien de Noël ! On a le droit de modifier un certain nombre de traditions… Le pouvoir des conservateurs et réactionnaires, dans cette ville comme ailleurs, est hallucinant», s’est-il emporté. Sa décision représente seulement un «changement à la marge. C’est peanuts», a estimé Pierre Hurmic, appelant à «passer rapidement à des sujets un peu plus sérieux que la suppression d’un arbre mort sur une place de Bordeaux à l’occasion des fêtes de Noël».



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