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Economie

les professionnels du tourisme prennent leur mal en patience


Résigné, le secteur espère que cette nouvelle mise à l’arrêt permettra d’assurer une forte activité cet été.

C’est un coup dur pour les vacances de Pâques. Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi soir l’élargissement du confinement à tout l’hexagone. Les mesures qui s’appliquaient jusqu’à présent à dix-neuf départements concernent désormais tous les Français qui voient leurs projets de vacances s’envoler.

Si le gouvernement permet d’effectuer jusqu’à lundi des déplacements interrégion laissant la possibilité de se confiner ailleurs qu’à son domicile, il sera impossible de partir le 10 avril, date du début des vacances pour la première zone et qui devaient se terminer le 26 avril pour la troisième zone. Elles seront d’ailleurs unifiées du 12 au 26 avril pour tout le territoire.

Cette annonce laisse un goût amer aux professionnels du tourisme français. Pour beaucoup, les vacances de Pâques sonnent le début de la saison. Selon Didier Arino, directeur de Protourisme, un cabinet de conseil spécialisé dans le tourisme, l’annonce du confinement va engendrer un manque à gagner de 3 à 4 milliards d’euros pour le secteur qui a déjà perdu 90 milliards d’euros en un an. «C’est un coup dur, d’autant que le nombre de réservations n’était pas si mauvais», pointe-t-il.

«Les Français en quête d’espace et de nature ont en effet été nombreux à réserver un séjour pour le mois d’avril», constate Solange Escure, directrice des gîtes de France. Fait inhabituel, le taux d’occupation était même en hausse les trois premiers mois de l’année, période plutôt calme pour le secteur. «On espérait également une augmentation de la fréquentation en avril. Sur les quatre semaines du mois, on était déjà à un taux d’occupation de 30% qui allait fortement augmenter avec les réservations de dernière minute», explique-t-elle, dépitée. Dès ce mercredi soir, les demandes d’annulation affluent et occuperont l’essentiel de sa journée de demain.

Dans les campings aussi, les annulations commencent à pleuvoir. Au total, 50% d’entre eux devaient être ouverts pour Pâques. «Malgré des réservations en baisse par rapport à l’année précédente, les chiffres n’étaient pas si mauvais», regrette Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). «Les gens veulent des espaces ouverts où le risque de propagation du virus est faible et c’est notre cas», indique-t-il, assurant que le protocole mis en œuvre «a fait ses preuves». Même s’il sait que la majorité des clients remettront à plus tard leur séjour, il espère néanmoins que les retraités maintiendront le leur. Le président de la fédération ne s’attend pas non plus à de nombreuses arrivées ce week-end de Français qui auraient décidé d’avancer leurs vacances.

«Sauver l’été»

Malgré ce nouveau coup dur, Nicolas Dayot veut rester positif. D’abord parce que le mois d’avril n’est pas une période cruciale pour son secteur par rapport à juillet et août qui concentrent 80% de l’activité. Mais surtout parce qu’il espère que ce nouveau coup d’arrêt permettra d’assurer la pérennité de la saison. «Pour nous, l’objectif c’est de sauver le cœur de l’été et de mettre toutes les chances de notre côté pour que la circulation du virus soit la plus réduite possible dans les prochaines semaines», explique celui qui fonde tous ses espoirs sur la vaccination. «On est tendus, mais je pense que la décision prise par le gouvernement d’impacter le court terme pour sauver le moyen terme est la bonne. Nous avons toutes les raisons d’espérer faire une saison estivale aussi bonne que l’année dernière. Elle sera peut-être même meilleure car les gens ont besoin de prendre des vacances et l’épargne est plus importante, donc les gens auront les moyens de partir en vacances», glisse-t-il.

Moins optimiste, Didier Arino rappelle que l’impact de ce nouveau confinement varie d’une activité à l’autre au sein du secteur du tourisme et préfère rester prudent quant aux perspectives évoquées ce mercredi par le chef de l’État. Ce dernier a en effet exprimé son souhait de «rouvrir progressivement le pays» à partir de la «mi-mai» grâce aux «efforts d’avril» et au «déploiement de la vaccination». «Nous allons bâtir, entre la mi-mai et le début de l’été, un calendrier de réouverture progressive», assorti de «règles strictes», a-t-il promis. Rien n’est moins sûr, rétorque le directeur de Protourisme. «C’est un début de perspective mais les professionnels n’ont aucune garantie». Il faudra en effet encore attendre pour avoir une visibilité ne serait-ce que pour l’été. Pour autant, les acteurs du tourisme sont prêts à accueillir dès ce week-end les quelques Français en quête d’un confinement à la nature.



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