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Economie

les professionnels du tourisme se préparent à une saison morose


Les professionnels du tourisme dans l’Hexagone ne se font pas beaucoup d’illusions. À l’approche des vacances de la Toussaint, qui débuteront le 17 octobre prochain, les réservations sont en bernes.

Selon les dernières données du cabinet spécialisé ProTourisme, les réservations de nuitées dans les hébergements marchands (hôtels, campings, locations de meublé ou encore villages de vacances) sont en baisse de 50% en France, par rapport à l’an passé, et de 80% pour les destinations à l’étranger. «La baisse des réservations est conséquente pour les hébergements français haut de gamme. Tandis que les gîtes et les campings de certaines régions tirent leur épingle du jeu», explique Didier Arino, directeur associé de Protourisme

L’évolution de la situation sanitaire et les nombreuses incertitudes qui en découlent rendent difficile l’organisation des vacances de la Toussaint. «Entre la reprise de l’épidémie et le climat anxiogène, rien n’est réuni pour que les réservations puissent rebondir cet automne», analyse Véronique Brizon, directrice générale de ADN Tourisme. Les vacances ne représentent par ailleurs pas la priorité pour une catégorie de Français qui manquent de visibilité sur la reprise économique.

Jeudi, le porte-parole de la SNCF expliquait que «les prévisions pour les prochains mois sont pessimistes » et les réservations pour les fêtes de fin d’année s’annoncent «décevantes». Pour adapter l’offre à la demande, la SNCF va notamment supprimer des TGV.

Les grandes métropoles très impactées

Malgré la pandémie du Covid-19, le secteur du tourisme a connu un été moins catastrophique que prévu. «À la sortie de l’été, il y avait un espoir que l’automne se passe plutôt bien. Mais il semble désormais que les vacances de la Toussaint ne devraient pas être salvatrices», estime Véronique Brizon. Cette année, les Français «hésitent à aller voir leurs familles de peur de contaminer les parents et grands-parents», note également Didier Arino.

De mi-mars à fin septembre, le secteur du tourisme français a subi une perte de chiffres d’affaires de 42 milliards d’euros par rapport à l’an passé

Données du cabinet ProTourisme

Les vacances de la Toussaint, qui connaissaient ces dernières années un essor grâce à leur allongement à deux semaines, aux voyages low-cost et au dézonage vont connaître un effondrement des réservations pour 2020. L’année passée, 7,4 millions de Français avaient voyagé durant la période.

Pour Paris et sa petite couronne, les intentions actuelles de départs sont en chute de 80% par rapport à l’an passé. Dans les autres grandes métropoles françaises, la baisse est évaluée entre 40 et 50% . «Les grandes villes, en zone d’alerte maximale et renforcée, dans lesquelles les restrictions sanitaires sont resserrées, les établissements ferment et le port du masque est obligatoire, n’attirent pas les touristes domestiques», explique la patronne de ADN Tourisme. Les destinations situées en zone rurale et le littoral devraient connaître une meilleure fréquentation, comme ce fut le cas durant l’été où les Français ont plutôt fui les villes.

Certains palaces et hôtels n’ont pas rouvert depuis la fin du confinement. Pour les vacances de la Toussaint, d’autres établissements attendent encore de voir si les réservations grimperont dans les prochains jours avant de prendre une décision. Certains estiment en outre qu’ils perdront plus d’argent en restant ouverts, si la fréquentation de leur établissement est faible.

Néanmoins, certains territoires, tels que la Bretagne, le pays basque et le sud des Landes, semblent tirer leur épingle du jeu. Les professionnels constatent une augmentation des réservations dans les gîtes et les campings.

Réservations de dernière minute

Les professionnels du secteur espèrent désormais voir grimper les réservations de dernière minute, comme ce fut le cas durant la période estivale. Les établissements vont à nouveau proposer des prix cassés, ce qui risque d’impacter un peu plus encore leur chiffre d’affaires.

«Avec les nouvelles annonces gouvernementales tous les 15 jours, le client va attendre le dernier moment pour se décider», explique Véronique Brizon. Dans la soirée de jeudi, le ministre de la santé Olivier Véran a écarté la possibilité d’une limitation prochaine des déplacements sur le territoire. Une bonne nouvelle pour les Français, qui souhaitent s’assurer qu’ils ne resteront pas bloqués dans une région s’ils décident de partir en vacances. Les professionnels espèrent également que la météo sera au rendez-vous dans les prochaines semaines.

Pour rassurer les clients, nombre d’établissements continuent de proposer des annulations de dernières minutes sans frais. Cet automne, certaines destinations, comme Les Landes, ont par ailleurs décidé de pérenniser les dispositifs de chèque-vacances.

42 milliards de pertes de chiffre d’affaires pour le tourisme français

De mi-mars à fin septembre, le secteur du tourisme français a déjà subi une perte de chiffres d’affaires de 42 milliards d’euros par rapport à l’an passé, selon le cabinet ProTourisme. En 2019, le secteur avait réalisé un chiffre d’affaires de 175 milliards d’euros.

Dans le détail, la restauration commerciale, cafés, débits de boissons, a encaissé une perte de CA de 12 milliards d’euros. La perte atteint 10 milliards pour les hébergements marchants. La filière transport (trains, compagnies aériennes, transporteurs) a, elle, déjà perdu près de 10 milliards d’euros de CA. Les agences de voyages et tours opérateurs ont enregistré une perte de CA de 3 milliards d’euros, tandis que le tourisme l’événementiel, conférence et rencontres professionnels ont perdu 4 milliards. Enfin, les pertes de CA atteignent 2 milliards d’euros pour le secteur des sites de visites et prestataires d’activités (tels que les guides, excursions) et celui des parcs de loisirs et à thème. Les professionnels s’attendent à une perte additionnelle d’ici à la fin de l’année a minima de 15 milliards d’euros, dans le cadre du comité de filière qui s’est tenu fin septembre.

Entre l’écroulement du tourisme d’affaires, l’absence des touristes internationaux et la défiance des Français à voyager en cette période, le tourisme urbain continue de subir une triple peine. Le secteur s’attend à des faillites en cascade d’ici la fin de l’année, particulièrement pour les indépendants. À Paris notamment, le comité de la filière tourisme avait estimé en septembre que 25 à 30% des établissements d’hôtellerie familiale feront faillite d’ici la fin de l’année.

À voir aussi – Covid-19: le tourisme et l’événementiel pourront bénéficier du chômage partiel «à 100% jusqu’à la fin de l’année»



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