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Finance

Les réassureurs refusent de couvrir le risque de pandémie



Publié le 13 sept. 2020 à 12:24

Touchés par la crise du covid-19, les acteurs de la réassurance prennent le maximum de précautions pour éviter de revivre le même épisode. « Les nouveaux contrats de réassurance vont comporter des modalités et conditions plus strictes avec des exclusions spécifiques pour les virus et les pandémies, prévient ainsi l’agence de notation Moody’s dans une note sur ces acteurs assurant les assureurs. Nous nous attendons à ce que cet effort de nettoyage des termes contenus dans les contrats soit largement terminé à l’issue des prochains renouvellements de janvier ».

Une décision de justice attendue au Royaume-Uni

Munich Re fait ainsi partie de ceux qui ont renoncé à offrir des couvertures protégeant les entreprises contre des pertes en cas de pandémie. « Pour le moment, cela a été suspendu, par exemple en ce qui concerne les annulations d’événements », a ainsi déclaré Torsten Jeworrek, le patron de la réassurance du groupe à l’agence Bloomberg. Nous sommes en train de voir dans quelle mesure nous allons offrir à l’avenir de nouveaux contrats incluant une protection en cas de pandémie, pour l’assurance dommages ». Interrogé sur la possibilité de couvrir le risque de pandémie sur ce segment, le réassureur SCOR a également fermement exclu cette possibilité.

Les réassureurs ont payé un lourd tribut à la crise. Cependant, la facture finale du coronavirus pour le secteur reste difficile à déterminer compte tenu d’incertitudes persistantes. Notamment sur la façon dont les compagnies d’assurances pourraient couvrir les pertes subies par les entreprises forcées de tourner au ralenti ou de s’arrêter lors des confinements. Et ce, sachant que certains contrats peuvent apparaître ambigus. Au Royaume-Uni, un tribunal doit ainsi se prononcer mardi sur plusieurs d’entre eux. Cette décision devrait être surveillée de près.

Les assureurs précisent aussi leurs contrats

La décision des réassureurs fait logiquement boule de neige auprès des assureurs, souvent accusés de s’être défaussés de leurs obligations durant la crise . « La situation que nous traversons conduit déjà des réassureurs – sans qui les assureurs ne peuvent pas gérer les risques majeurs – à exclure la pandémie explicitement de tous leurs contrats et dans le monde entier », a souligné dans une tribune Florence Lustman, la patronne de la Fédération française de l’assurance (FFA). Résultat : « Les assureurs sont en train de préciser, pour les contrats qui le justifient, l’exclusion de la pandémie ».

« Il doit désormais être clair que nous, assureurs et réassureurs privés, ne pouvons pas porter seuls un tel risque », poursuit la porte-parole du secteur. La balle est renvoyée dans le camp de l’Etat, où en France, comme dans d’autres pays, des réflexions ont été lancées pour tenter d’échafauder des partenariats public-privé susceptibles d’offrir des solutions de couverture aux entreprises touchées par une pandémie ou d’autres risques exceptionnels. En dépit de la volonté affichée par le gouvernement français, les travaux peinent à aboutir.



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